Publié dans Littérature

Les voluptés orientales

 

A propos de GASPARD DE LA NOCHE, AYYAM AU CAIRE

 

http://www.lamusardine.com/P29946-ayyam-tome-1-de-la-noche-gaspard.html

ayyam

Ayyam ressemble un peu à une Emma Bovary égyptienne. Lovée dans un fauteuil face à un magnifique couché de soleil parisien, elle se masturbe langoureusement en pensant à son après-midi torride avec Monsieur Max. Mariée à Camille, un homme d’affaire débordé, Ayyam s’ennuie. Elle trouve une certaine échappatoire dans le sexe, dans la soumission, dans les caresses qu’elle se prodigue en regardant le ciel aux couleurs translucides. C’est lors de ces plaisirs solitaires que les souvenirs ressurgissent du passé, tels des caresses : « Les souvenirs affluèrent. Madame Farah… L’Égypte… Sa jeunesse… Longtemps enfouis, ils surgissaient, désordonnés, honteux et excitants, depuis qu’elle était devenue la soumise de Monsieur Max. Ayyam rêvassait, allongée sur la chilienne. Sa main s’égarait… Elle serait seule ce soir encore : Camille travaillerait une partie de la nuit sur son ordinateur ». La première réminiscence se passe durant la scolarité d’Ayyam, où elle était corrigée violemment par un proviseur lubrique et son assistante. Et puis d’autres moments intenses lui viennent à l’esprit alors qu’elle doit se rendre en avion au Caire. Le sexe est omniprésent dans tout le récit. Durant le vol nocturne, elle surprend une hôtesse de l’air faisant jouir l’un de ses collègues : « Ayyam découvrit la chef de cabine, penchée sur l’homme qui agrippait le chignon défait en poussant la bouche sur son membre, jusqu’au fond de la gorge avant de l’en retirer jusqu’à frôler les lèvres épaisses de la femme. Puis il recommençait, maniant la tête blonde comme une pompe docile. Le chibre était brillant de salive ».

Les ambiances torrides se succèdent les unes après les autres, rythmant le périple d’Ayyam. Lorsqu’elle arrive au Caire, elle est enveloppée dans une atmosphère torride, suintant le sexe : « Son corps lui échappait, comme autrefois, ses chairs ardentes dans le collant hâtivement remonté, et même son anus. Était-ce la chaleur moite du Caire qui pénétrait jusque dans les toilettes de l’hôtel Amenothep ? Ou les souvenirs de jadis vaporisés dans la brume sale de la mégalopole ? ». Ayyam aime ne plus s’appartenir, être soumise à des amants inconnus sous les ordres de Marx qui mène le bal de ses fantasmes. Deux femmes existent en elle. L’épouse conventionnelle, sage, qui reste à la maison. La femme lubrique qui aime se livrer à toutes les dépravations. Dans l’hôtel Amenothep, l’abandon aux plaisirs est à son paroxysme. Le mari d’Ayyam découvre le pot aux roses et se surprend à céder aux avances d’un inconnu, qui prend possession de son corps. Le passage où il éjacule, au moment même où ses yeux croisent ceux de son épouse est d’une forte intensité ; tout comme la scène où il se fait prendre par Ayyam. Le lecteur s’enfonce agréablement dans ce texte voluptueux et sensuel. On a hâte de lire la suite.

Yannis Z.

Publicités

Un commentaire sur « Les voluptés orientales »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s