Publié dans Littérature

Des femmes qui s’abandonnent

A propos de deux écrits de Jon Blackfox

Fréquence frénésie, éditions du 38, collection paulette 2015.

– Les incendiaires, SKA, 2015.

Dans « Fréquence frénésie », Jon Blackfox (avec qui nous avons eu le plaisir de publier dans le même recueil de nouvelles « Fantastiques amours » aux éditions Artalys) dresse le portrait d’une femme qui s’abandonne aux plaisirs. La nouvelle commence par une torride étreinte dans les WC, pendant la projection d’un film : « Débuter par le seul conseil valable à retenir : privilégier les toilettes des femmes à celles des hommes pour ce genre d’affaires ; le reste de ce livre n’étant qu’une suite de décisions radicales prises sans jamais savoir si j’étais dans la justesse ou dans l’erreur ». La narratrice vient de rencontrer son petit ami. Ils se sentent comme des adolescents, timides et fleur bleue. Et puis ils passent à la vitesse supérieure. Ils font l’amour, empreints d’un désir violent de prendre possession de l’autre. Pris dans le jeu des sociabilités, ils doivent rejoindre leurs amis dans la salle de cinéma. Mais toute la soirée, ils sentent délicieusement le sexe qu’il y a entre eux.

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Et puis le temps passe… La passion se fait moins ardente : « Les événements se superposent. Les hommes aussi. Je ne saurais dire à quel moment le ressort s’est cassé. Il y eut cette soirée où mon mec me pelota pendant un concert. Il chercha à mettre sa main dans ma culotte. Je repoussai ses avances ». Il y a des moments où une femme s’abandonne au sexe, en étant sur la même longueur d’onde que son compagnon au niveau de la recherche du plaisir, et des moments où elle ne veut pas se livrer à l’homme rempli de désir, qui porte sa main sur son corps. Jon Blackfox montre très bien cet aspect. La femme ressent la frustration de ne pas être en symbiose avec son petit ami, qui se masturbe sur des films pornos en cachette mais est incapable de la satisfaire lorsqu’elle vient vers vous en jouant le rôle de l’actrice torride de films X. Le travail psychologique sur les personnages est profond. On sent les frustrations de cette femme, qui du coup se met également à se masturber en solitaire devant les sites pornos, avec la spécificité de son regard féminin. Il y a une fragilité dans cette femme que la nouvelle rend bien.

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Dans Les incendiaires,  Jon Blackfox raconte également une fuite. Celle d’un coupe pris sur une route kérouakienne, entre virée en bagnole, joints et partie de jambes en l’air dans les motels climatisés. Candice est avec Ayden, même si elle peut batifoler avec d’autres hommes, notamment avec Luc. Toutefois, le grand voyage se fera avec son amoureux : «   Luc dormait encore lorsqu’elle quitta les lieux. Le claquement de ses talons répondait aux ronflements de l’ours. Au sortir de la résidence, elle fut accueillie sur le trottoir par un panache de fumée âcre. Une cigarette vola dans les airs avant de s’écraser sur le bitume échauffé par les premiers rayons du Soleil. Ayden se détacha du poteau de signalisation sur lequel il reposait, croisa enfin le regard de Candice, pour de bon, et lui demanda jusqu’où elle aimait jouer avec le feu. L’étincelle les lança dans l’aventure ».

Le désir est encore au rendez-vous. Candice s’abandonne à Ayden, allant toujours plus loin dans l’assouvissement de ses désirs, y compris dans les lieux publics. Le soleil donne une couleur particulière à leurs ébats. Et les conduits à philosopher sur la nature de leur amour. Pour le meilleur comme pour le pire.

Yannis Z.

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