Publié dans Littérature

Une belle journée

A propos de « Douce rencontre » (2015) de Sergio Prito

http://www.atramenta.net/books/douce-rencontre/328

prito

         Le réveil sonne avec la musique de Gingko Belova, un groupe de reggae champenois. Lydia se réveille tranquillement dans son appartement place de Clichy. Dans les lumières du crépuscule, elle regarde les gens commencer leur journée : « De son cinquième étage, elle pouvait voir les toits, mais aussi apercevoir l’avenue Clichy avec tous ses petits commerces dédiés aux plaisirs charnels. Elle affectionnait beaucoup ce quartier si mystérieux et en même temps si prévisible ». Les queues devant les boulangeries. Les magasins qui commencent à ouvrir. Il y a quelque chose très proche des descriptions balzaciennes dans la nouvelle de Sergio Prito. Le décor de l’appartement tout comme l’atmosphère de la rue sont relatés avec une élégante précision.  Il en est de même des ambiances érotiques, auxquelles ce sympathique écrivain rend ses lettres de noblesse.

Lydia se lève de son lit. Elle retire lascivement son kimono, regarde son corps dans le miroir et file sous la douche. Les contacts de l’éponge naturelle avec ses seins, son sexe, suscitent certains émois. Lydia commence à se caresser et à fondre sous le plaisir. Une belle journée peut commencer… En descendant prendre le petit déjeuner dans  son salon de thé favori, elle se rend compte qu’il est fermé. Elle se rabat sur un petit bistrot fréquenté par les danseuses et danseurs des spectacles érotiques de Pigalle. Et là, elle tombe sous le charme d’un joli serveur italien nommé Luciano. Lui aussi n’est pas insensible à sa beauté et ils conviennent de se retrouver à 19h, dans le magasin de lingerie tenu par Lydia.

Arrivant dix minutes avant l’heure du rendez-vous, Lydia profite de la présence de Luciano pour lui faire essayer un string. Il se prête au jeu. Avec beaucoup de finesse, Sergio Prito dresse le portrait d’une femme et d’un homme qui sont autant sujet qu’objet de désir. Lydia contemple les fesses du serveur et, en ajustant le string, elle provoque involontairement une érection, qu’elle s’efforce de calmer au plus vite en prenant le sexe du joli garçon dans sa bouche. Après l’orgasme qu’elle lui offre, celui-ci promet de lui donner « le plaisir suprême ». Cela sera chose faite mais dans un lieu atypique qu’ils découvriront ensemble, dans une ambiance annonçant les prémices d’une ardente passion. En se couchant le soir, satisfaite affectivement et sexuellement par un amant hors pair, Lydia se dit qu’elle a vraiment passé une belle journée.

 

Jean Zaga

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s