Publié dans Littérature

Son amour est sucré comme du miel

A propos de 3066 Lamia de Jean-Baptiste Messier
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Messier

Lamia vit en 3066 dans une ère où ce sont les femmes qui ont pris le pouvoir. Son monde a acquis certaines libertés effectives et s’est débarrassé des tares de l’assignation identitaire. Lamia a un prénom qui était connoté « maghrébin » à la fin du XXème, avec parfois tout un ensemble de stigmatisations. Mais dans la société futuriste qui est la sienne, il n’a plus aucune particularisation assignée. Le passage où Jean-Baptiste Messier évoque le plat que prépare la grand-mère de Lamia montre cet aspect : « Sa grand-mère préparait un ragoût de mouton. C’était un plat qu’anciennement on aurait dit arabe mais bien sûr maintenant que n’existaient plus les divisions ce mot était censé ne plus avoir grand sens. N’existaient plus aucune nation, clan, ethnie, pays ». Toutefois, la tradition, notamment au niveau d’un certain puritanisme sexuel, est encore aliénante. De plus, la planète est menacée par les Reptiliens, créatures puissantes et féroces qui pourraient exterminer tous les humains. De quelle façon Lamia et son amant Valérian, éclaireur, vont, chacun de leur côté, se battre pour sauver le monde dans lequel ils vivent ? L’une est téléportée dans divers univers et remonte le temps. L’autre se rend sur la planète des Reptiliens avec la ravissante Nexa, elle aussi militaire, pour une mission périlleuse.

Messier

L’un des points attachants de ce beau roman erotico-fantastique a trait aux personnages. Lamia a un charme indéfinissable. Elle est pleine de vie, de dynamisme et de sensualité. Elle aime faire l’amour tout autant qu’aimer les autres, quels qu’ils soient. De multiples expériences sexuelles jalonnent sa quête mystique dans l’espace temps pour sauver le monde. Elle aime se mélanger, se métisser. Les passages où elle fait l’amour avec la belle indienne Tabata sont de toute beauté. Elle aime explorer, être en émoi. Lors de sa première téléportation, elle découvre les joies du triolisme avec Stéphane et Cynthia, une jolie métisse. Elle n’a que faire d’une tradition incompatible avec l’énergie passionnée qui coule dans la vie. Puisque Valérian, son amoureux, reste attaché à l’idée qu’il ne faille pas faire l’amour avant d’être mariés, Lamia perd sa virginité avec le beau Paul, juste pour le remercier de la désirer autant. Elle ne s’embarrasse pas des conventions et sa liberté est plus précieuse que tout, comme le montre sa réponse à sa grand-mère : « Qu’est ce que ça change de baiser maintenant ou dans trois mois ? Qu’est ce que ça change pour toi que ce soit avec Paul ou Valérian ? Ça me regarde ! ». Le plaisir lui est viscéral. Et il a trait au sexe tout autant qu’aux arts : « Lamia déposa le stylet sur le microsillon du phonographe, s’assit sur la chaise rembourrée et tourna la manivelle. Les premières notes d’une valse de Strauss s’élevèrent dans le salon. Lamia ferma les yeux, elle écoutait religieusement. La magie ne réside certes pas dans l’extraordinaire, dans le surnaturel, mais bel et bien dans l’esprit humain capable d’inventer de telles ingéniosités, songeait-elle ». Lorsqu’elle se retrouve projetée dans le passé, dans une société où ce sont les hommes qui sont dominants, Lamia est amenée à être l’assistante du grand savant Nikolai Tesla. Elle se sent inférieure à lui mais ravale sa fierté afin de pénétrer ses pensées et sauver le monde. Ce sera l’absence de sexe qui la fera souffrir le plus. D’ailleurs, elle n’y tient plus et offre sa croupe à une fessée magistrale, profitant de l’ambivalence du rapport de domination institué par cet homme afin de mieux tirer la situation à son avantage. Les passages où celle-ci est initiée à l’amour par Mme Tabelsi, une enseignante surnommée du doux nom d’Aphrodite, sont aussi de toute beauté : « La séduction, ce n’est pas ce que vous croyez jeunes femmes, ce n’est pas arborer des tenues qui laissent entrevoir vos charmes, ce n’est pas vous maquiller de façon à vous faire ressembler à des déesses… La séduction en fait mes chéries passe par la présence à l’instant, par le jeu, par l’attention accordée à chacun des gestes, à l’interaction avec votre partenaire ; alors l’espace entre deux personnes devient un jeu troublant, passionnant ». A l’image de ces prêtresses antiques, elle enseigne la spiritualité et l’érotisme, et montre encore une fois, dans nos temps si sombres, que seul l’amour et la sensualité peuvent nous sauver de la barbarie.
Jean Zaga

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2 commentaires sur « Son amour est sucré comme du miel »

  1. raallaaalla qu’elle est belle ta chronique. 🙂 Et les phrases fin…
    On peut retrouver dans mon roman l’idée de tantrisme, où la sensualité s’étend à toute chose, sexe mais aussi les moindres sensations, la présence à l’instant, une sorte de bouddhisme sensual si l’on veut.
    Je recommande ce livre pour qui s’intéresse à la question : « Désir, passion et spiritualité »
    http://www.amazon.fr/D%C3%A9sirs-passions-spiritualit%C3%A9-LUnit%C3%A9-l%C3%AAtre/dp/2266100750

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