Publié dans Littérature

Fin de partie

A propos de Daniel Nguyen, Le réceptionniste

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Martin a 25 ans. Il vient d’être embauché dans l’hôtel D-Lys en tant que réceptionniste. Le personnel, majoritairement féminin, l’initie très vite aux jeux qui se trament dans les coulisses. Isabelle, l’une des femmes qui s’occupent de faire les chambres, lui fait découvrir les glaces sans teint qui permettent d’espionner les couples qui font l’amour de manière clandestine en début d’après-midi. L’autre réceptionniste, Marion, une jolie blonde dont il admire les jambes lorsqu’elle dévale les escaliers, lui explique les rudiments du métier. Mais la véritable initiatrice de départ est Mademoiselle Jacquemin, qu’il rencontre au jardin du Luxembourg parmi les joueurs d’échecs. Ils entament une partie serrée et sont tellement pris par l’excitation du jeu qu’ils décident de se revoir. Le hasard fera que l’énigmatique Mademoiselle Jacquemin est une cliente de l’hôtel D-Lys. A 23 heures, elle lui donne rendez-vous dans sa chambre pour continuer la partie d’échecs. Le vainqueur pourra disposer du corps de l’autre comme il veut et à chaque pièce capturée le perdant enlève un de ses vêtements. Ce passage est l’un des plus beaux de ce magnifique roman. Daniel Ngyen sait décrire la sensualité des chambres d’hôtel. On a en tête ces belles nouvelles que nous avons chroniquées précédemment  https://pluralismes.wordpress.com/2014/09/06/soleil-cherche-future/

Là encore, on sent cette intimité du lieu se mélanger à la violence du désir qui habite les personnages. Ils vont jouer à se troubler mutuellement et au final, Mademoiselle Jacquemin prend Martin sur le lit comme sa Reine a pris son Roi l’échiquier. Mais la partie est loin d’être terminée. En fait, Mme Jacquemin est la propriétaire de l’hôtel qui organise les orgies d’une confrérie secrète. Lorsqu’il découvre les plaisirs auxquelles se livrent les convives, Martin est très excité : « D’habitude, je savais pourquoi j’étais excité, quel geste, quelle stimulation de quelle partie de mon corps, quelle odeur avaient provoqué l’émoi et l’excitation ». Là, il est submergé par des sensations multiples, perverses, sur lesquelles il n’a aucun contrôle. Très vite, il devient l’objet des pratiques BDSM de la soirée, en étant  marqué dans son corps et dans sa chair. La lettre J sera tatouée sur la poitrine. Martin fait l’objet de possession multiple pendant la soirée, au cours de laquelle chacune des personnes a pu jouir de son corps. Le lendemain, c’est Marion qui vient le réconforter et faire l’amour avec lui, de manière douce, affective. Ils tombent amoureux mais la confrérie interdit ce type de relation. Marion est enlevée par Mme Jacquemin et ses molosses. Comment Martin parviendra-t-il à la récupérer ? Une nouvelle partie d’échecs s’engage, dans un univers où les lignes de démarcation entre les dominants et les dominés sont troublées de l’intérieur.

Jean Zaga

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