Publié dans Littérature

La vie est toujours pleine de surprises

A propos de Jess Swann, La dame aux papillons, Editions Artalys, 2014.

http://editions-artalys.com/hors-reel/la-dame-aux-papillons/

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Violet Sorrow vit dans les colonies britanniques de Port Royal, au cours du XIXe siècle. Elle est née d’une mère créole et d’un père anglais. Lorsque celui-ci décède brutalement, les deux femmes se retrouvent rapidement dans une situation financière délicate. C’est là qu’elles sont contactées par William, l’oncle de Violet, qui l’invite dans sa demeure en Angleterre afin de faire connaissance avec sa famille. Après quelques réticences, Violet accepte. Lors de la traversée en bateau, elle rencontre Edward, un jeune vicomte qui n’est pas insensible à ses charmes mais aussi à sa méconnaissance des codes sociaux de la société britannique. Lorsqu’il arrive devant les côtes anglaises et que Violet est impressionnée par ce « sauvage paysage »,  le vicomte l’invite à ne pas rendre public ce genre de propos. L’un des points forts du roman de Jess Swann est de porter un regard sans concession sur le racisme des colonisateurs et leur mépris à l’égard des formes métissées de l’amour. Même si son père est d’une famille noble, Violet est perçue par son oncle comme une indigène : « Pourquoi réagissent-ils ainsi ? Ils n’ont même pas essayé de nous rencontrer, comment peuvent-ils nous condamner sans savoir qui nous sommes ? » Amara caressa sa joue avec tendresse et expliqua avec une pointe d’amertume : « Parce qu’à leurs yeux, je ne suis qu’une indigène, une exotique que l’on prend comme maîtresse, pas pour femme » « Mais père s’en moquait lui ! Il vous aimait ! ». Le roman montre de quelle façon la société que découvre la jeune fille chez son oncle est structurée autour de convenances et de symboles auxquels chacun doit se conformer : « ce que l’on appelait ici bonne société reposait pour l’essentiel sur des mensonges et des faux-semblants destinés à entretenir les apparences ». De ce point de vue, Jess Swann s’inscrit bien dans l’héritage de la littérature britannique, notamment de Jane Austen ou des sœurs Brontë. La façon dont son oncle essaie de la convaincre d’épouser son fils, un individu tourmenté, alcoolique et raciste, alors qu’elle est amoureuse du vicomte, nous plonge dans une intrigue dont on attend impatiemment le dénouement. Celui-ci sera inattendu et montre que Jess Swann maîtrise également le registre du fantastique, puisque la magie noire et le vaudou se glissent subrepticement dans le récit lorsque Violet découvre la serre de la défunte mère de son étrange cousine, juste derrière le cimetière. Au final, l’auteure nous montre que la vie n’est jamais telle qu’on l’imagine. Et les êtres non plus.

JZ

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