Publié dans Littérature

Toutes des anges

Pour une fois, l’article sur mon blog ne sera pas une de mes chroniques mais plutôt un hommage à toutes les lectrices qui ont lu, chroniqué et ont eu des retours amicaux sur « Tu as les yeux d’un ange » (en effet, jusqu’à présent (22/11/14), je n’ai eu aucun retour masculin; le premier a été la chronique de Jean Baptiste Messier le 08 décembre, accompagné de celle de Thomas Galley du 20/12/14). Merci pour tout !!!

La nouvelle « Tu as le sexe d’un ange » paraîtra le vendredi 7 novembre 2014. C’est le premier récit érotique non fantastique publié par les éditions Artalys. Ce récit est également une histoire d’amour fulgurante entre deux êtres issus d’univers différents, la rencontre d’un jeune homme sensible avec une femme entreprenante et secrète.
http://editions-artalys.com/erotique/tu-as-le-sexe-dun-ange/
Ce texte sera disponible au prix de 1,49 € aux formats epub, mobi et pdf.

La présentation de l’éditeur :

Un jeune homme de dix-neuf ans, entouré d’amis machistes et cyniques, rêve de connaître une première aventure sexuelle. En boîte de nuit, il remarque une superbe brune, Leïla, une déesse qu’il croit être hors de portée. Mais un miracle se produit : elle se tourne vers lui. Entraînés par le rythme des chansons, ces deux personnages vont perdre le contrôle d’eux-mêmes et laisser libre cours à leurs désirs. Ils vont vivre une longue nuit d’amour qui les marquera à jamais. Leurs ébats seront l’occasion de découvrir qui est l’autre, par-delà les différences entre les cultures et les sexes… Dans les première lueurs de l’aube, ils sauront vraiment – pour reprendre l’expression de Mathieu Lindon – « ce qu’aimer veut dire.

couverture yannis Z

4 novembre 2014

POSTED BYCHOCOLATCANNELLE

Tu as le sexe d’un ange de Yannis Z

http://litterature-erotique.chocolatcannelle.fr/2014/11/04/tu-as-sexe-dun-ange-yannis-z/

L’auteur m’envoie, à ma demande, sa nouvelle, et m’écrit : « tu ne vas pas aimer ». J’avais lu précédemment le texte.. Je n’avais pas aimé certains aspects, alors. J’en avais aimé d’autres, par contre, mais il est vrai que je souligne plus souvent ce que je n’aime pas que ce que j’aime, lorsque je rends un avis sur un texte que l’on m’adresse. Si cela me semble bon, il n’y a rien à en dire ; seuls les passages qui me semblent coincer seraient à retravailler…

Il me fallait à présent savoir comment le texte avait évolué depuis cette ancienne lecture…

Tu as le sexe d’un ange de Yannis Z. sort dans trois jours exactement aux éditions Artalys. Les éditions Artalys sont spécialisées dans l’érotisme, mais avec une orientation différente de la collection e-ros. Artalys associe en effet érotisme et littérature de l’imaginaire. Tout récemment, cette maison a publié une nouvelle d’une auteure dont j’aime beaucoup la plume (vous la retrouverez d’ailleurs au printemps dans la collection e-ros) : Frédérique Gabert. Avec Yannis Z., c’est le deuxième auteur que je « connais ». Connaître est bien sûr un grand mot. Disons, pour Yannis Z., avec lequel j’ai échangé des courriels que, aussi invraisemblable que cela puisse paraître, je le tutoie (parfois). Son texte sort légèrement du cadre fixé par les éditions Artalys : pas de fantastique, pas de fantasy,… Pas de mélange de genres.

« La vie n’est pas toujours taillée à nos mesures. » Cette phrase, je l’avais déjà remarquée dans la précédente version du texte. Elle me semble porter l’histoire.

Parmi les points que je n’aime pas, car il en reste, je dirais l’usage assez étrange faite des temps verbaux en début de récit. J’estime que l’imparfait accroche et qu’il aurait mieux valu passer par un présent. Je n’aime pas non plus ce que l’auteur appelle des clins d’œil, c’est à dire des références à des textes d’auteurs qu’il connaît, parce que je trouve cela assez lourd dans la narration. Je n’aime pas les répétitions de « mais », surtout en début de phrase. Je n’aime pas non plus les adresses au lecteur et les réflexions a posteriori, tel « je ne le savais pas encore ». Et je n’aime pas non plus le terme vicieux. « Des yeux vicieux », ce n’est pas excitant, ce n’est pas signe de désir. Idem pour les « yeux pervers ». Où est la perversion lorsqu’il s’agit de désir et d’amour entre deux êtres ?

A présent que j’ai listé ce que je n’aime pas, parlons du texte dans son ensemble :

Le narrateur vient d’obtenir son bac. Les vacances amènent avec elles des désirs exacerbés par la vision des corps nus sur une plage naturiste. Et, pour dire aussi ce que j’aime, quelques lignes d’exemple :

« Ces corps gémissants, ces chairs orgasmiques étaient comme des mondes inconnus, des cimes inaccessibles. Nous les regardions avec les yeux de ces gosses fascinés par les gâteaux savoureux posés dans la vitrine des boulangeries mais qui n’ont pas un centime dans le porte- monnaie. »

Seulement, le narrateur ne se reconnaît pas dans l’attitude sexiste des autres garçons : « Avec les gars de la bande, je jouais un rôle. »

Ce texte est une quête d’identité. Quel homme est-il ? Quel homme va-t-il devenir grâce à Leïla ? « Il y a des moments très courts où votre vie peut basculer. Être différente à tout jamais. »

Le narrateur rencontre dans une boîte une femme qui danse langoureusement. C’est le coup de foudre. Elle s’échappe. Ils se recroisent. C’est le destin. L’amour, c’est aussi simple que ça, aussi simple que d’accepter les différences. Tu as le sexe d’un ange est une nouvelle érotique. C’est aussi une belle histoire d’amour qui commence entre les deux protagonistes.

A plusieurs reprises, l’auteur a évoqué avec moi le fait que la littérature érotique française écartait les personnages maghrébins. Dans combien de textes peut-on en trouver ? Très peu, c’est exact. Il m’a fait prendre conscience que tous les personnages que je plaçais dans mes textes étaient français, jamais aucun personnage au prénom de consonance étrangère, jamais d’autre culture,… C’est frappant.

Pour en revenir à la nouvelle Tu as le sexe d’un ange : l’histoire se déroule dans le sud de la France (Cap d’Agde et Montpellier). Leïla est marocaine. Elle insiste sur ce qu’implique sa culture et sa religion, sur ce qu’elles ne sont pas aussi :

« On croit qu’être musulman, c’est ne pas avoir de désir, ne pas flirter, ne pas baiser… On nous voit uniquement comme des personnes rétrogrades qui passent leur vie à faire la prière et le djihad. »

La révélation finale, que je tais pour ne pas défeuiller le plaisir de la lecture, ne peut éloigner le narrateur. L’amour est ancré. « Parce que c’est toi, Leïla. »

« L’avenir appartient à ceux qui aiment le sexe juste pour le plaisir et savent se sentir désarmés lorsqu’ils sont dans les bras de l’être aimé. »

4 novembre 2014

J’ai pu suivre la genèse de ce texte quasiment depuis le début, l’auteur m’avait envoyé sa première version, ainsi qu’une suivante, puis la version finale qui va être publiée cette semaine. J’ai apprécié le travail de remise en forme, ainsi que la manière dont l’auteur a mis ses doutes à profit pour faire évoluer son texte. Il a été complètement refondu, pas une seule ligne, ou très peu, n’a résisté au peigne fin de son créateur. Le résultat est estimable, la nouvelle ainsi revue possède une justesse de ton dont le premier jet était dépourvu, et pas mal de scories de langage ont été nettoyées. Le résultat final est agréable à lire, l’écriture est fluide, on entre dans la peau du personnage principal, qui est aussi le narrateur, sans encombre, dès les premières lignes. L’auteur exploite admirablement bien les troubles de jeunes gens face à la nature féminine, si ombrageuse. Dans ce groupe d’amis, certains font les matamores devant les femmes qu’ils croisent. Le narrateur lui, plus sage, en apparence du moins, cherche à les écouter et à les comprendre. Et de fait, il y parvient. Il croit y parvenir. L’on suit ses errements de pensée de près, et l’on chemine avec lui dans la quête du Saint Graal : la fille jolie, envoutante… Et surtout, pas farouche, ou juste ce qu’il faut – eh oui nous sommes dans un texte érotique, tout de même. Mes griefs se portent sur des points de détail. J’ai achoppé sur certains effets de style… «  Son sexe battait aussi fort que mon cœur. Son cœur battait aussi fort que mon sexe.. » J’ai relevé aussi certaines « erreurs » au niveau de la construction : l’histoire se passe dans les années 70 ou 80, par là, mais des auteurs qui n’étaient pas encore nés sont cités par le narrateur. Je note aussi une tendance à passer du point de vue du narrateur à la première personne au narrateur omniscient ; tout à coup, il sait ce que pense la fille qu’il est en train de rencontrer, ce qu’elle va faire, ce qui va se passer.

L’ensemble reste bien agréable et parlera à la majorité des lecteurs, masculins en particulier, qui se retrouveront dans le personnage principal, reconnaitront leurs propres difficultés quand il s’agissait de séduire, à l’adolescence, et même après, longtemps après. S’agissant de cœur, rien n’est jamais simple…

Article publié par Noann

clochette black milk

7 novembre 2014 (FB)

Bonjour ; « Tu as le sexe d’un ange » sort officiellement aujourd’hui…Pour bien commencer la journée, voilà une chanson qui rappellera des souvenirs à certains ou bien inspirera de belles expériences à venir aux autres…Cette chanson apparaît à un moment clé de l’histoire entre les deux protagonistes…C’est à ce moment que tout bascule, que l’on passe de l’autre côté du miroir, que plus rien n’est sous contrôle… Ca a du bon, parfois, de ne rien contrôler de soi dans le rapport charnel à l’autre et de se laisser entraîner dans la passion amoureuse, dans « l’ivresse des sens » …

https://www.youtube.com/watch?v=JsJHXIpZrZE

Lil’ Louis – French Kiss (The Original Underground Mix)

Old Acid House tune Visit my site for more stuff :http://pzar.sitelive.co.cc

7 novembre 2014 (FB)

Merci à Julie Derussy pour son précieux retour au sujet de « Tu as le sexe d’un ange »
« Une jolie nouvelle sur le thème du coup de foudre. Les deux personnages gagnent en profondeur au fil de la nouvelle, en se dévoilant l’un à l’autre. »

Le commentaire d’une amie très chère sur « Tu as le sexe d’un ange »

« Ce que j’aime bien dans ce récit, c’est la transition intérieure de ce jeune homme, quittant ce groupe de socialisation masculine-virile, pour une socialisation androgyne, hybride dont Leïla est le fil spirituel mais dont l’éthique réside justement dans cette transition. »

8 novembre 2014 (FB)

Merci beaucoup Isabelle Boucheron pour votre précieuse lecture et votre charmant commentaire à propos de « Tu as le sexe d’un ange »…Vous avez compris une chose essentielle en effet…En écrivant cette nouvelle, je visualisais des images ; mélange de choses vécues, éparses, avec différentes personnes, et de choses inventées, imaginées spécifiquement pour le récit…Les chansons ne sont pas mises là par hasard ; c’était d’ailleurs Steph Cannelle qui m’avait invité à creuser la piste musical…Il y a Mylène Farmer au début avec Beyond my control. Dans cette chanson, deux paroles essentielles « Tu as les yeux d’un ange, mon amour » et « c’est plus fort que moi »). Ensuite la voix de Brian Ferry qui chante Slave to love ; ce n’est pas un hasard, non plus. Quand il arrive en boite (la boite s’appelle L’Odyssée ; ça a un sens), la première chanson qu’il entend c’est Jeannette « Porque te vas » et ce n’est pas anodin. Cette histoire d’amour, c’est un départ, un voyage ; il quitte cette masculinité sexiste, machiste, stupide qu’il ne supporte plus. French kiss, ça symbolise quelque chose de fort ; c’est là où tout bascule, où plus rien n’est sous contrôle, où ils s’abandonnent à l’ivresse des sens (ce n’est pas un hasard si Claire DeLille et Noann Lyne, deux auteures que j’admire, sont citées à des moments clés du récit)…Toutes les chansons (que les lectrices et les lecteurs peuvent écouter sur youtbe) ont un sens et ne sont pas mises par hasard ou juste parce que je les aime bien (même si c’est peut-être des tics d’enseignant chercheur que je ne pense plus reproduire dans d’autres nouvelles)…Ces références, ce sont des personnages du récit à part entière…La chanson de Thiefaine, qui est la dernière à être citée, est capitale…Dans les paroles, il parle d’un amour bien particulier et c’est de là que la chute de la nouvelle prend tout son sens…Merci infiniment chère Isabelle Boucheron

https://www.youtube.com/watch?v=x1mdhSKYU7Y

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8 novembre 2014 (FB)

BlueFlower : Des désirs d’amour imaginés plein la tête, Daniel, 19 ans, rêve secrètement de connaitre une toute première expérience charnelle & merveilleuse.

Lors d’une soirée en boite de nuit, Il se retrouve immédiatement envoûté par une brune divine, drapée d’une écharpe chocolat, qui ondule sur la piste de danse…

Des regards appuyés, French Kiss sur les platines, puis s’ensuit un baiser langoureux, des mains qui apprivoisent mutuellement l’autre, c’est doux-sensuel…

Daniel & Leila vont vivre une nuit, la tête dans les étoiles, mais pas que😉 , dont ils se souviendront très longtemps…..Mektoub quand tu nous tiens !!!!
Ils s’apprivoisent, se découvrent, se rassurent, c’est érotique, tendre & fusionnel..

Puis le jour se lève doucement, ils se font des confidences pour le moins inattendues…l’Amour sera t’il plus fort que tout ?

Quel judicieux choix de titre…comme pour marquer comme dirait ta jolie & flamboyante préférée -sans contrefaçon-…la différence…tout en légèreté & doucement imagé…

Jean, je ne dirai que deux, non trois petits mots, remplis de sincérité, 😊~ Bravo, merci~ mais surtout ~continue~ !!!!!

So Sofia : Mission « lectorale » accomplie ! (pardonnez moi ce néologisme)…. Vraiment une fragilité tendre et authentique pointée par l’abandon de toute autorité extérieure et intérieure…

yannis z

9 novembre 2014 (FB)

Merci Odile Brehat pour le message sympa sur Amazon au sujet de ma nouvelle : « On se laisse entraîner dans la danse, comme les protagonistes de l’histoire.
On ressent de la pudeur et de la générosité dans cette plume qui décrit si bien les tourments de l’âme.
Merci Yannis de mettre à jour certaines bêtises, certains automatismes de pensée qui finissent souvent par nous éloigner du bonheur. » Pour la petite histoire, à deux jours d’annoncer la sortie de ma nouvelle, je vois sur altramenta une nouvelle qui s’appelle « Parce que c’est toi ! » de Odile Bréhat ; or, c’était le titre initial que j’avais choisi pour ma nouvelle !! J’ai dû me casser la tête pour trouver un nouveau titre (ça a été « tu as le sexe d’un ange ») mais j’ai trouvé génial cette coïncidence !! comme dit Jean-Baptiste Messier, on n’échappe pas à notre « mektoub »

17 novembre 2014

Clarissa Rivière

http://gouters.canalblog.com/archives/2014/11/17/30979255.html

Les goûters de ClarissaLectures osées

    « Tu as le sexe d’un ange » de Yannis Z. vient de paraître aux éditions Artalys. Le titre a attiré ma curiosité, j’avoue !

    Je me suis bien amusée toute la première partie. Un tout jeune homme nous raconte ses premiers émois sexuels. En compagnie de ses amis, il se rend sur les plages libertines du Cap d’Agde pour observer des couples en action. Le narrateur est romantique, sensible, alors que ses amis sont très lourds. Il supporte mal leurs commentaires et leur comportement, même si ces étudiants gauches et maladroits cachent en fait leur timidité derrière des propos machistes. Leurs réactions sont drôles, on se retrouve plongé dans cette ambiance masculine et il est troublant de jouer les voyeurs à travers les yeux du héros.

    Finalement, personne n’ose se mêler à l’action, tous se contentent de regarder. Le narrateur devra se détacher de ses amis pour enfin vivre une histoire.

    J’ai beaucoup aimé aussi la rencontre avec Leïla dans la discothèque. Le coup de foudre est très bien décrit, de façon très touchante. C’est un coup de foudre sensuel aussi, pas uniquement romantique.

    La nuit d’amour qui s’ensuit est intense, peut-être même un peu trop pour un si jeune homme qui vit sa première fois. Une nuit d’amour parfaite. On ne comprend qu’à la fin pourquoi Leïla est si experte et connait si bien le plaisir masculin, mais je ne dévoilerai pas la chute ! (qui m’a surprise…)

   L’histoire est rythmée par les tubes des années 80 qui contribuent à créer une ambiance festive. Les références sont très nombreuses, et accompagnent particulièrement bien les passages dans la discothèque. J’ai souri aussi en reconnaissant les signaux adressés aux auteurs Noann Lyne et ChocolatCannelle, même si ces allusions ont le défaut de nous « sortir » de l’histoire. Des clins d’œil anachroniques puisqu’il s’agit d’auteurs actuels alors que l’histoire se déroule il y a une trentaine d’années.

    En conclusion, j’ai aimé cette nouvelle que je pensais essentiellement érotique et qui s’est révélée une très belle histoire d’amour… et le message sous-jacent me prouve que l’auteur est lui aussi un grand romantique : l’amour est plus fort que tout, compte plus que tout, et nous fait tout dépasser : notre histoire, notre parcours, nos différences… rien n’a d’importance !

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19 novembre 2014

Aline Tosca (blog)

Yannis Z « Tu as le sexe d’un ange »

Je viens de lire une bien jolie nouvelle. Le titre déjà raconte une histoire. Ma première impression a été celle de la sensibilité. C’est un texte délicat, en retenue, presque en discrétion. C’est le récit d’un amusement, au départ. Le narrateur, en compagnie d’amis, passe ses vacances au Cap d’Agde, chez les naturistes. Il sent que c’est la dernière fois, que ce n’est pas vraiment son monde, mais il observe et il désire. J’ai apprécié la finesse des évocations et la douceur pour dire l’émotion. Sans dévoiler rien du secret de ce texte, je tiens à citer ces phrases qui disent bien davantage replacées dans leur contexte, mais ces phrases si vraies :

« J’adore la phrase de cette romancière qui dit que ce ne sont pas nos différences mais notre connerie qui nous empêchent de vivre ensemble. On regarde toujours ce qui différencie les gens mais jamais ce qui les unit, ce qui les relie, ce qui les rattache… »

Si l’auteur n’est pas avare de descriptions érotiques, il donne à voir, sur un décor de vacances et de légèreté, la naissance d’un amour qui ira plus loin que la découverte estivale. Et je trouve ça touchant parce qu’aucune différence ne vient séparer les protagonistes. C’est une véritable invitation au voyage.

Pour vous procurer ce livre, c’est par ici :

http://editions-artalys.com/erotique/tu-as-le-sexe-dun-ange/

Et je ne résiste pas à citer l’exergue qui va si bien à ce récit :

 » Le plaisir, autrefois je l’avais apprécié à son prix ; mais je ne savais pas que ça pouvait être si bouleversant de faire l’amour » Simone de Beauvoir

https://alinetosca.wordpress.com/2014/11/18/tu-as-le-sexe-dun-ange-yannis-z/

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19 novembre 2014

Les coups de cœur de Sarah

Tu as le sexe d’un ange – Yannis Z

Installez-vous, mettez « French Kiss » de Lil Louis et laissez-vous emporter par cette belle histoire qui vous apportera bien des surprises

Mon avis :

Pour fêter les résultats du bac, Daniel et ses amis décident d’aller faire un tour sur les plages naturistes du Cap d’Adge avec l’espoir de draguer une ou plusieurs filles qui voudront bien se joindre à la fête et passer d’agréables moments en leurs compagnies… Malheureusement, les choses ne se passent pas comme prévu et ils devront se satisfaire de regarder, principalement en raison du côté bien lourd des amis de Daniel.

« Nous les regardions avec les yeux de ces gosses fascinés par les gâteaux savoureux posés dans la vitrine des boulangeries mais qui n’ont pas un centime dans le porte-monnaie. »

Daniel, quant à lui, est un jeune homme différent, très sensible, fasciné par ce qu’il observe mais bien trop timide pour aborder qui que ce soit. N’ayant jamais eu de relation sexuelle, il se contente de regarder et de fantasmer.

« Je me contentais de fantasmer sur tout ce qui bougeait. Mes copines du bahut, certaines de mes profs, les prostituées qui longeaient les boulevards une fois la nuit tombée, les mères sexy de quelques-uns de mes potes, les belles inconnues flânant dans la ville, les actrices de cinéma, les chanteuses, les strip-teaseuses, les écrivaines, les vendeuses, les coiffeuses, les serveuses, les caissières. Même ma dentiste suscitait en moi certains désirs libidineux. »

Peu avant la tombée de la nuit, cette bande de copain décide alors de retourner à Montpellier, dans un pub puis dans une discothèque avec toujours la même volonté pour chacun de trouver une fille qui cédera à leurs avances. En boite de nuit, Daniel repère une fille qui lui plaît beaucoup mais n’ose pas l’aborder. Il arrive néanmoins à se rapprocher de cette jolie fille à l’écharpe marron dont il est totalement sous le charme. Celle-ci se révélera d’ailleurs réceptive à ses avances avant de disparaître pour une raison que nous ne connaîtrons qu’à la fin de notre lecture. Heureusement, Daniel parvient à la retrouver à l’étage de la boite de nuit…

Dès leur rapprochement, j’ai beaucoup aimé sentir une certaine électricité entre eux, une très forte attirance, beaucoup de désir qui ont agit positivement sur le comportement de Daniel qui semble évoluer, devenir plus mûr, délaissant ses fantasmes et prêt à s’adonner au plaisir de la chair.

« J’ai ressenti un frisson électrique. J’étais sous le charme d’une étreinte trop forte pour moi. Si cette fille ne m’avait pas tenu aussi solidement, je me serais retrouvé sur le sol. Peut-être qu’elle m’aurait fait du bouche à bouche pour me ranimer. J’étais convaincu que s’il m’arrivait quelque chose, elle prendrait soin de moi. Elle était comme ces déesses antiques qui savent se montrer protectrice lorsque la vulnérabilité des hommes se fait sentir. J’avais besoin de sa présence. »

Après une balade sous le ciel étoilé, nous les retrouvons dans une petite chambre d’hôtel où nous assistons à un équilibre parfait entre ces deux êtres, à un mélange d’amour et de perversion. J’ai eu un tel coup de coeur pour ce « moment magique » que je n’ai pas de mot pour retranscrire la beauté et l’intensité de leur étreinte que je vous conseille fortement de découvrir par vous-même.

Après ce moment parfait, hors du temps, nous les suivons autour d’un petit-déjeuner pour un final surprenant mais qui est un magnifique appel à la tolérance et qui nous rappelle qu' »à un moment, il faut aussi faire face, rester là et ne pas passer à côté de choses qui sont importantes ».

En plus de cet appel à la tolérance, ce récit est un mélange parfait entre amour, érotisme, et dénonciations des idées préconçues et souvent idiotes de la société sans rien gâcher au plaisir et à l’excitation provoqués par la lecture.

En plus de dénoncer notre monde machiste, le culte de la performance sexuelle au détriment du plaisir, de prôner l’égalité homme-femme lors des rapports sexuels, de rappeler l’importance du safe-sex, ce récit nous offre une très jolie réflexion sur le monde musulman.

« Voilà, c’est justement ça qui me gêne quand on parle de l’islam. On croit que les musulmans sont homogènes et qu’ils pratiquent tous de la même manière. On croit qu’être musulman, c’est ne pas avoir de désir, ne pas flirter, ne pas baiser… On nous voit uniquement comme des personnes rétrogrades qui passent leur vie à faire la prière et ledjihad. On réduit l’islam à des pratiques et on oublie sa dimension spirituelle… Pour moi, lacharia ce n’est pas juste un ensemble de règles à respecter de manière stricte. La charia,c’est surtout la voie vers l’amour de Dieu, qui est aussi l’amour de la vie… Je connais des filles voilées qui sont loin d’être aussi coincées que tu l’imagines et qui vivent une sexualité épanouie, y compris en dehors du mariage… Moi, par exemple, j’adore faire l’amour. Si un jour je décide de porter le voile, tu crois que je vais arrêter d’avoir des désirs ? Pas du tout… On comprendrait beaucoup mieux les musulmans si on les regardait comme des êtres humains et pas comme des animaux de foires ! »

L’autre aspect original que j’ai beaucoup aimé dans ce récit est la présence importante de nombreuses références musicales et culturelles qui ne font qu’enrichir une lecture déjà très agréable et pleine de jolies descriptions.

Je tiens à remercier les Editions Artalys de m’avoir fait découvrir ce récit, qui bien plus qu’un simple récit érotique est une histoire d’amour magnifique, parfaitement bien écrite. De plus, sa jolie couverture ne gâche rien au plaisir des mots.

http://leslivresdesarah.canalblog.com/archives/2014/11/19/30991908.html

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20 novembre 2014 (FB)

Merci beaucoup pour votre lecture chère Anäis Märki ; une suite à « tu as le sexe d’un ange » ? ; va savoir  mais plus j’y pense, plus je me dis que la plus belle des suites c’est dans la tête des lectrices et des lecteurs qu’elle existera
http://www.youtube.com/watch?v=OzBeZqk9J8M

Tu as le sexe d’un ange est cité à partir de 5m27s

22 novembre 2014 (FB)

Un message d’une mystérieuse inconnue, qui a lu et aimé « Tu as le sexe d’un ange » : « Bonjour,J’ai vraiment beaucoup aimé votre nouvelle. Mais la vraie question est : à quand la suite ? lol » Ma réponse : «  peut-être la plus belle suite est celle que vous imaginerez ; vous la voyez comment cette suite, d’ailleurs ? je serai curieux d’avoir votre avis ». Voilà son message de ce matin : « Je verrai bien une présentation à la famille du jeune homme avec tout ce que ça implique par rapport à l âge, la différence d’âge, la religion, la rapidité de la relation. Bref une sortie de leur bulle un peu brutal. Et aussi la tristesse de Leïla qui a coupé les ponts avec sa famille suite à son opération. Et encore pleins d’idées. J’écris mes propres romans sur des thèmes comme ça ».

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23 novembre 2014 (FB)

Bonjour Yannis

J’ai enfin eu le temps de lire ta nouvelle. Désolée pour le délai. Je dois t’avouer que c’est assez éloigné de ce que je lis d’habitude. D’ailleurs quand j’ai lu ça: « Je ne sais plus quelle est l’andouille qui a dit que l’amour est l’infini à la portée des caniches. Il faut sacrément mépriser l’humanité pour faire preuve d’autant de cynisme », je me suis dit que ta nouvelle et moi on n’était pas fait pour s’entendre… Je trouve cette phrase de Céline pas méprisante du tout. Je la trouve vraie. Céline me touche au nerf.

En général, je fuis les histoires d’amour en littérature. Peut-être parce que je les fuis aussi dans ma propre vie.
Au fur et à mesure de la nouvelle, je me suis dit que je devrais peut-être m’essayer au genre, dans la vie, j’entends. Je m’explique.

D’abord, le caractère « -18 ans » de la nouvelle m’a paru anecdotique tout du long. Pas anecdotique dans le sens où on n’aurait pu s’en passer. Anecdotique en ce qu’il n’est pas essentiel. Il s’agit d’une histoire d’amour plus que d’une histoire de cul, vraisemblablement. Le coeur de l’intrigue, c’est la rencontre.

Mais avant de parler d’amour, j’aimerais m’attarder sur la fameuse libido sentiendi de ce jeune garçon. J’ai évidemment aimé son intention féministe. Même si j’aurais voulu comprendre ce qui a fait que lui, contrairement à ses copains, résiste à l’effet « salope ». Tu me diras dans une nouvelle, on n’a pas vraiment le temps du background. Mais du coup, je n’ai pas pu m’empêcher de me dire, ce garçon s’excuse trop de ses désirs malsains, il y a quelque chose qui cloche. Il est trop mignon. Je lui aurais volontiers fait un câlin.

La rencontre m’a évidemment confortée dans l’idée que ce mec est un romantique. Je me suis dit, c’est trop facile. Il tombe sur cette superbe nana, coup de foudre, elle lui dit qu’elle est amoureuse, qu’elle ne veut plus jamais le quitter, ils trouvent un hôtel pile au moment où il commence à beaucoup pleuvoir. Ils jouissent à l’unisson et là super petit-dej en terrasse. Enfin, ça faisait un peu trop gros pour moi.

Et puis, je me suis dit que j’avais lu en me disant d’avance que je n’y croyais pas une seconde. Alors, j’ai relu, en me disant que j’y croyais. Et là, il s’est produit quelque chose auquel je ne m’y attendais pas du tout et que je ne saurais pas vraiment expliquer. Je me suis vue avec eux dans cette chambre et j’ai trouvé la scène très belle.

Alors merci, grâce à toi, je pense avoir un peu repris goût à l’eau de rose. Je crois de temps en temps, il faut savoir en avaler quelques gorgées. Et la révélation « sulfureuse » de la fin a été un vrai régal.

– Merci pour ta précieuse lecture:) La réf à Céline est de la provoc ; l’idée était de mettre en perspective un auteur consacré et une auteure moins connue mais néanmoins talentueuse, qui est Noann Lyne, en donnant le dernier mot à cette dernière ; c’est gentil ce que tu dis sur ce couple c’est une histoire d’amour où lui aussi fait sa transition (il en finit avec la dimension hégémonique de la masculinité). Qu’on y croit pas c’est normal, on vit dans un monde où les gens ne croient plus en ce genre d’histoires (à tort ou à raison). Cette nouvelle a voulu être l’inverse du beau roman de Philippe Vilain Pas son genre, où l’histoire d’amour est foutu d’avance car ils sont trop différents. J’ai voulu réinjecter l’utopie amoureuse dans le récit littéraire. J’ai voulu que leurs différences ne les empêchent pas de vivre une belle histoire d’amour. Les différences de cultures, de religion, d’âge, de sexe etc… Pourquoi est-ce que cela doit être un problème ? On vit dans un monde où l’on construit des frontières entre les gens, où l’on te dit que telle histoire avec des gens différents qui s’aiment ne va pas marcher. On serait si aliénés que ça dans nos conditionnements, dans les valeurs dominantes de la société ? On a un regard cynique, calcutateur, désenchanté, froid sur l’amour ; j’ai voulu écrire quelque chose qui prennent à rebrousse poil tout ça, qui réinjecte de l’utopie amoureuse dans la littérature, qui s’adresse à ceux qui veulent y croire (ce que tu écris dans ta 2ème lecture) et le final c’est un soutien aux luttes LGBT, au pied de nez aussi aux formes de communautarisme radical et de différencialisme (un « homme » « hétéro » « blanc » qui a du mal à bander et une « femme » « arabe » « trans » au vagin dégoulinant peuvent se rencontre, s’aimer et envisager de continuer l’histoire). Des biz et merci de ta précieuse lecture ;  c’est vraiment super sympa bonne nuit

– C’est surtout sympa de l’avoir écrit! Bonne nuit.

23 novembre (FB)

quelques précisions sur les éléments musicaux de la nouvelle « Tu as le sexe d’un ange », suite aux retours de Isabelle Boucheron

Merci beaucoup Isabelle Boucheron pour votre précieuse lecture et votre charmant commentaire à propos de « Tu as le sexe d’un ange »…Vous avez compris une chose essentielle en effet…En écrivant cette nouvelle, je visualisais des images ; mélange de choses vécues, éparses, avec différentes personnes, et de choses inventées, imaginées spécifiquement pour le récit…Les chansons ne sont pas mises là par hasard ; c’était d’ailleurs Steph Cannelle qui m’avait invité à creuser la piste musical…Il y a Mylène Farmer au début avec Beyond my control. Dans cette chanson, deux paroles essentielles qui sont omniprésentes dans la nouvelle : tout d’abord « Tu as les yeux d’un ange, mon amour » et ensuite  « c’est plus fort que moi »). Ensuite la voix de Brian Ferry qui chante Slave to love ; ce n’est pas un hasard, non plus. Quand il arrive en boite (la boite s’appelle L’Odyssée ; ça a aussi un sens), la première chanson qu’il entend c’est Jeannette « Porque te vas » et ce n’est pas anodin. Cette histoire d’amour, cette « aventure » (dans tous les sens du terme),  c’est un départ, un voyage, une transition ; il quitte cette masculinité sexiste, machiste, stupide qu’il ne supporte plus. La chanson « French kiss » de Lil Louis (qu’on peut écouter sur internet si on ne connait pas), ça symbolise quelque chose de fort ; c’est là où tout bascule, où plus rien n’est sous contrôle, où ils s’abandonnent à « l’ivresse des sens », pour reprendre le beau titre de Noann Lyne à qui je fais allusion à la fin de ma nouvelle (ce n’est pas un hasard si Claire DeLille et Noann Lyne, deux auteures que j’admire, sont citées à des moments clés du récit ; je cite aussi pleins d’autres écrits que j’admire ; j’ai eu envie d’écrire parce que j’ai lu tout un tas d’auteurs, depuis les premiers Djian à Elfried Jelinek, Constantin Cavafy, Youssef Wahboun, Marguerite Duras et Nikos Kazantzakis)…Toutes les chansons, ces références littéraires ont un sens et ne sont pas mises par hasard ou juste parce que je les aime bien…Ces références, ce sont des personnages du récit à part entière…La chanson de Thiefaine, qui est la dernière à être citée, est capitale…Dans les paroles, il parle d’un amour bien particulier et c’est de là que la chute de la nouvelle prend tout son sens…Merci infiniment chère Isabelle Boucheron

https://www.youtube.com/watch?v=x1mdhSKYU7Y

dimanche 23 novembre (FB)

Merci à Emeline pour son mot sympa : L’avis d’Emeline sur Univers Livresques

Au-delà de quelques passages érotiques, ce livre est un bel espoir à la tolérance. Les deux jeunes gens qui se rencontrent et qui s’aiment tout de suite, mais surtout qu’ils s’acceptent comme ils sont, avec leur différence est juste magnifique.

Une très belle histoire d’amour et de sexe. Encore une fois, sans vulgarité et même un peu émouvant dans la façon que le jeune homme découvre le plaisir du sexe.

Une fin à la fois étonnante par les révélations de Leïla, et tellement évidente.

Une petite romance érotique bien sympathique à découvrir et à lire sans hésitation.

http://univers-livresques.eklablog.com/tu-as-le-sexe-d-un-ange-a113366274

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8 décembre 2014

Chronique « Tu as le sexe d’un ange » de Yannis Z

YannisZ

Cette nouvelle érotique est le résultat d’un assemblage original d’une histoire qui paraît au début classique, de sensibilité à certaines chansons qui émaillent le récit, de réflexions un peu intellectuelles.

Nous suivons donc les aventures d’un adolescent libidineux qui va au cap d’Agde mais qui toutefois est doté d’une sensibilité à fleur de peau à la différence de ses camarades qui cachent leur délicatesse d’esprit derrière une façade d’abruti boutonneux surtout en matière de drague (sourire).  Le style employé est plutôt littéraire et les descriptions sensuelles réussies. Je regrette parfois que l’auteur glisse quelques saillies réflexives qui rompent un peu le charme érotique de l’instant.

Pourtant, cette nouvelle vaut absolument la peine d’être lue grâce à sa chute qui m’a pris à revers. Bien sûr je ne la dévoilerai pas mais autant dire qu’à la place du narrateur, je ne sais pas si j’aurais fait preuve d’autant de compréhension, ça m’aurait fait bizarre et j’aurais sans doute mis du temps à m’en remettre !

Une nouvelle donc qui vaut tant par son aspect érotique mais surtout pour sa réflexion humaniste et pour tout dire un peu unique en son genre. Une belle première.

Une pépite à découvrir ici :
Tu as le sexe d’un ange

Yannis Z., Tu as le sexe d’un ange

20 décembre 2014érotismenumériqueJean ZagaYannis Z

Thomas Galley, La Bauge Littéraire

http://nblo.gs/12bOCc

« Tu as le sexe d’un ange ! », c’est l’exclamation du narrateur quand il voit, pour la première fois, le sexe épilé de Leila, sa conquête remportée au bout d’une nuit passée à danser et à discuter dans un club de Montpellier. Le sexe des anges, ce n’est pas une phrase innocente, même dans la bouche d’un puceau. C’est plutôt une question qui peut nous emmener loin, très loin dans les profondeurs voire les abîmes de l’Histoire. Les Pères de l’Église se sont penchés sur la question, le concile de Nicée II en a débattu (pour finalement conclure à la non-corporéalité des anges en question), et certains, dans la Constantinople assiégée par les troupes de Mehmet II,  se seraient tellement laissés séduire, dit-on, par des différends tellement éthérés qu’ils en auraient oublié les Ottomans en train d’envahir la ville et de changer pour toujours la face du monde oriental. Quoi qu’il en soit, il paraît que (Nicée II !) les anges n’en ont tout simplement pas, de sexe, malgré certain passage lubrique de la Bible où il fait écrit que

« les fils de Dieu trouvèrent que les filles des hommes leur convenaient et ils prirent pour femmes toutes celles qu’il leur plut » (Gen 6, 1-2 )

Celui qui parle du sexe d’un ange (ou des anges) fourre donc ses doigts dans une fourmilière et évolue dans un champ immense, entre foutaises théologiques qui feraient oublier des affaires autrement plus importantes et un sujet de débat qui a su passionner les esprits les plus distingués du globe entier pendant des millénaires. Veuillez pourtant me pardonner, chers lecteurs, si je garde de toute cette affaire, malgré les interventions d’un nombre effrayant d’éminences doctissimes, l’avis de celui qui a su trouver une formule épatante de simplicité pour illustrer la conclusion du concile sus-mentionné : « pas de corps, pas de zizi et donc pas de parties de jambes en l’air »1

Bon. Voici, Monsieur Yannis Z., où peut mener le choix d’un titre, et il ne faut pas s’étonner si le lecteur se retrouve quelque peu à bout de souffle après avoir fait le tour de la civilisation chrétienne en quelques phrases à peine. Un lecteur sans doute épaté par le fait que le texte qui nous intéresse tourne précisément autour de la chose qu’on croyait justement impossible, à savoir des parties de jambes en l’air. Et des parties bien jouissives, oserais-je affirmer.

Mais je vous entends me réclamer de commencer par le début et de délaisser les querelles byzantines que j’ai osé étaler sous vos yeux. Soit ! On se retrouve donc, au bon milieu des années quatre-vingt du XXe siècle, quelque part dans le sud de la France, plus précisément sur une plage nudiste du Cap d’Agde, synonyme de débauche, alors comme aujourd’hui, où quelques bacheliers ont ouvert la chasse aux

« « nymphomanes bien chaudes » et autres « salopes en rut » attendant de se faire « baiser par des étalons comme nous ». » (p. 4)

Oui, sans doute. On ne s’étonne pas de les voir revenir bredouilles, mais le ton est donné, et le lecteur sait désormais à quoi s’attendre quand il décide de rejoindre cette bande de jeunes au lieu de s’enfuir au fond de sa bibliothèque pour y consulter un traité de théologie. Sauf qu’il a, heureusement, affaire à un jeune homme légèrement plus réfléchi que ses compères, ce qui se révélera d’une certaine utilité pour la suite de l’histoire.

Après la plage, c’est d’abord un pub en ville, ensuite une boîte de nuit, et voici qu’on se retrouve dans une de mes parties préférées du texte où son auteur se laisse aller à une évocation aussi sommaire que géniale de ce que furent les années 80. On peut déjà dire que le sieur Z. sait non seulement construire un décor et une ambiance, mais surtout séduire son public, et j’ose même affirmer que ce n’est pas uniquement l’impressionnante énumération de stars du porno contemporain qui produit cet effet-là2.

Pour revenir à notre narrateur (à la première personne, bien sûr), il se retrouve donc dans une boîte de nuit où il ne tardera pas (« Je l’ai repérée tout de suite. », p. 9) à croiser une fille toute à son goût. À partir de là, les choses vont leur petit bonhomme de chemin, et je pense que je peux me permettre de dévoiler l’évident : Ces deux-là vont se retrouver dans une chambre d’hôtel, leurs bras, leurs bouches et leurs sexes avides de se découvrir, et notre narrateur, puceau au moment de mettre les pattes dans la boîte de nuit, aura trouvé ce qu’il était parti chercher quand il s’est embarqué dans la nuit : « … je voulais de la chair, du plaisir, du sexe. » (p. 10). Mais il devra se rendre compte qu’il n’est pas au bout de ses découvertes, parce qu’une surprise de taille l’attend.

Le lecteur, qui a l’avantage de pouvoir reculer dans le temps en relisant tous les passages du texte autant de fois qu’il le souhaite, aurait pu être averti : le mélange des corps, l’évocation du mythe d’Aristophane (celui de l’espèce androgyne), Leila qui « désirait que nous ne fassions plus qu’un » (p. 14), la nudité de Leila qui « pénétrait » (p. 24) le narrateur, celui-ci qui parle de « la semence » de Leila (p. 28). Les attributs s’échangent, les différences s’estompent, et on assiste à une union progressive, union qui mènera les amants au point « de ne plus savoir qui était l’homme, qui était la femme » (p. 28). On finit par se rendre compte qu’il y a quelque chose dans cette histoire qui va plus loin qu’un simple rapport sexuel, plus loin que ce que veut l’usage des précieuses ridicules qui hésitent devant les mots trop crus et préfèrent parler d’union quand il s’agit tout bêtement de galipettes, plus loin même qu’un one night stand qui aurait dégénéré en affection mutuelle. Je ne voudrais pas usurper y le droit le plus noble du lecteur, à savoir d’effeuiller, dans l’intimité de son for intérieur, le texte, sorte de ius primae lectionis, pour y traquer tous les détails de cette affaire peu ordinaire, je me contente donc de vous révéler que Yannis Z. a écrit, dans Tu as le sexe d’un ange,  une histoire d’amour entre deux êtres humains, un peu comme l’illustration de la reconstitution enfin devenue possible de l’espèce perdue d’Aristophane.

La valeur humaniste est incontestable, et Yannis Z. trouve de très belles phrases pour célébrer l’humanité capable de s’exprimer et de se réaliser dans une union (je sais ce qu je viens d’écrire quelques lignes plus haut, mais le contexte, pour une fois, justifie l’expression) aussi banale que celle d’une nuit d’amour qui se répète partout, à chaque heure, dans n’importe quel coin de la planète. Quant à la valeur littéraire, on peut certainement s’interroger sur la pertinence de remarques introduites par : « Nous savons tous que  » (p. 16), et il faut sans doute se poser des questions à propos du rôle du narrateur qui, parfois, devient de façon un peu trop ostensible le porte-parole de  l’auteur, et qui se laisse aller, par exemple, à des considérations politico-philosophiques quelques instants à peine avant de perdre sa virginité :

« Le culte de la performance sexuelle et de la pénétration est sans doute l’une des pires aliénations mentales de nos sociétés soit-disant modernes. (p. 28) »

Il ne serait pas difficile de citer d’autres passages où l’on sent un autre se glisser dans la peau du narrateur, mais comment en vouloir à un texte dont le le seul défaut serait de prôner avec un peu trop d’insistance les valeurs humaines dont se réclame son auteur ? Un auteur, surtout, qui sait créer une ambiance avec des mots aussi simples :

« Dehors, il pleuvait des cordes. J’entendais d’énormes gouttes tambouriner sur les vitres. Les volets étaient ouverts et nous regardions le ciel sombre et orageux à travers les rideaux. Nous étions bien dans la chaleur de cette chambre. »

Et qui réalise, en passant, l’exploit d’arracher à l’obscurité, grâce à la lumière de ses coups de foudre, des bribes de l’ambiance d’une époque révolue. Et comment voulez-vous que le vieux nostalgique irrésistible que je suis puisse résister à cela ?

08 février 2015

Merci à Camille C-Auteure pour ces précieux mots au sujet de ma nouvelle « Tu as le sexe d’un ange ». Je viens de terminer le premier jet de la suite.
Aujourd’hui j’ai lu « Tu as le sexe d’un ange » de Yannis Z.
Le côté nostalgique m’a tout de suite attiré e: ces vacances d’adolescent racontées de façon très realiste, sans faux-semblant. Les références musicales étaient toujours les bienvenues pour plonger plus profondément dans l’atmosphère.
J’ai trouvé la description des personnalités des camarades très perspicace.
“Son visage était partagé entre l’excitation animale et l’effarement moralisateur. Ça luidonnait un air vraiment pathétique.”
En commençant à lire, on pourrait croire que le récit sera machiste au possible, sans égard pour la réalité et pour ce qui se passe véritablement dans la tête des femmes mais au contraire ! C’est l’une des choses que j’aie le plus appréciées. Le narrateur reconnaît que le comportement des hommes n’est pas des plus réciproques et cette la remarque sur le fait d’aller aborder des filles en boîte de nuit, bien conscient de les “emmerder”. Mais ce narrateur lui est bien différent des autres, il possède une sensibilité qui lui fera découvrir l’amour.
J’ai beaucoup aimé le moment de la boîte de nuit et ce fameux retournement de situation Durant la danse, je ne l’avais pas vu venir et… c’était chaud ! Pas vulgaire, très bien écrit et décrit. J’y ai cru, me suis laissée prendre au jeu.
Le tout saupoudré d’une reference à Platon qui m’a bien amusée.
La façon dont les clichés sur l’Islam sont abordés et discutés, sans tourner autour du pot, a achevé de me convaincre que cette histoire était et allait être bien différente des autres.
Une jolie histoire d’amour, originale et optimiste qui nous emporte.
Les passages qui ont retenus mon attention :
“Je m’écroulerais dans son corps”
“L’avenir appartient aux voluptueux, à ceux qui savent jouer avec les particules de la chair sans s’amuser cruellement avec le coeur des gens. L’avenir appartient à ceux qui aiment le sexe juste pour le plaisir et savent se sentir désarmés lorsqu’ils sont dans les bras de l’être aimé.”

Modigliani

28/02/15

Sorbet Kiwi

https://sorbetkiwi.wordpress.com/2015/02/28/tu-as-le-sexe-dun-ange-de-yannis-z/

TU AS LE SEXE D’UN ANGE DE YANNIS Z.

Bonjour à tous !

Dans le cadre de mon partenariat avec les éditions Artalys, j’ai eu l’occasion de lire cette chouette nouvelle de Yannis Z, la nouvelle la plus érotique que j’ai pu lire jusqu’à présent dans ma modeste carrière de lectrice.

Un jeune homme de dix-neuf ans, entouré d’amis machistes et cyniques, rêve de connaître une première aventure sexuelle. En boîte de nuit, il remarque une superbe brune, Leïla, une déesse qu’il croit être hors de portée. Mais un miracle se produit : elle se tourne vers lui. Entraînés par le rythme des chansons, ces deux personnages vont perdre le contrôle d’eux-mêmes et laisser libre cours à leurs désirs. Ils vont vivre une longue nuit d’amour qui les marquera à jamais. Leurs ébats seront l’occasion de découvrir qui est l’autre, par-delà les différences entre les cultures et les sexes… Dans les première lueurs de l’aube, ils sauront vraiment – pour reprendre l’expression de Mathieu Lindon – « ce qu’aimer veut dire ».

Tu as le sexe dun ange Yannis Z

Le narrateur est un adolescent, qui partage avec nous ses pensées. Il nous adresse d’ailleurs une fois la parole directement ! J’ai été déstabilisée par cela et j’ai du sourire. Par le biais de ses pensées, nous rencontrons ses amis, qu’il décrit comme sexistes, et avoue l’être également. Mais il s’analyse en disant qu’il joue un rôle. En effet, il a tendance a parler très mal des femmes, de façon totalement ouverte, mais dans ses pensées il les respecte. C’est a se demander combien d’hommes jouent un rôle de cette façon.

Finalement, avec cette nouvelle, on voyage un petit peu, du Cap d’Agde au Maroc, même si ce n’est que l’espace de quelques minutes. On peut également découvrir quelques auteur-e-s du genre érotique, car il y fait référence, et ce sont des auteurs des éditions Artalys justement ! C’est un clin d’œil qui m’a fait sourire.

Citation Tu as le sexe d'un ange 1

J’ai eu l’impression de regarder un film érotique, c’est donc dire a quel point mon imagination a pris le dessus sur le texte, des années 1980. Notamment a cause de toutes ses références musicales, et de cette ambiance « Coup de foudre »/ »Love on the first sight », que l’on ne retrouve plus trop aujourd’hui, sauf dans les romances d’adolescents, et encore. Mais en plus d’être romantique, c’est également une histoire très sensuelle, et l’érotisme qui en découle ne peut tout simplement pas laisser insensible. La nuit que passent ensemble le narrateur et Leila est incroyable, douce et sensuelle. Elle donne envie de se laisser totalement aller et d’en profiter avec eux.

C’est la première fois que je lis cet auteur, et il me semble très attaché au thème de l’islam. Il donne une vision très ouverte des femmes musulmanes. Lorsque Leila explique sa vision de l’islam, elle est très ouverte et ne comprend pas cette stigmatisation constante.

Citation Tu as le sexe d'un ange 2

Enfin, la fin m’a totalement surprise. Je m’attendais peut-être a un peu de fantastique, ou du terre-à-terre a la limite, mais pas du tout a cette note finale, à laquelle j’ai adhéré, pour ma part. Cette fin demande une ouverture d’esprit et de tolérence, par contre. C’est une belle chute pour une nouvelle érotique, et très osée. Je suis absolument ravi d’avoir découvert la plume de cet auteur. J’espère vraiment avoir l’occasion d’en lire d’avantage de lui, et surtout dans ce registre.

3 commentaires sur « Toutes des anges »

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