Publié dans Littérature

C’est l’intimité qu’elle désire

Frédérique Gabert, Au Chêne galant, Éditions Artalys, 2014

http://www.amazon.fr/Au-Ch%C3%AAne-galant-Fr%C3%A9d%C3%A9rique-Gabert-ebook/dp/B00ONSV4Z0/ref=sr_1_16?s=books&ie=UTF8&qid=1413725518&sr=1-16

 

Epuisée par le trajet nocturne qu’elle doit effectuer en voiture pour aller rejoindre une de ses amies qui vient d’être maman, Marion Kléberg, avocate, la quarantaine, s’arrête dans une auberge au style victorien pour passer la nuit. Ce n’est pas tant le voyage qui l’a fatiguée, ce soir. Marion travaille comme une cinglée et en dehors de son job, sa vie est insignifiante, morne. En passant le pas de la porte, elle sent la vulnérabilité de la quarantaine au plus profond de sa chaire : « Passer le cap fatidique des quatre décennies et se retrouver célibataire, sans enfant, avec un travail qui m’occupait plus de cinquante heures par semaine et l’horloge biologique qui sonnait la débâcle avait de quoi rendre n’importe quelle femme dépressive. Je ne faisais pas exception… ». Marion prend une chambre mais avant de se coucher, elle demande quelque chose à boire et à manger. Pendant qu’elle prend un cognac devant le feu qui crépite dans la cheminée, Marion voir apparaître un homme séduisant dans la pièce. Elle est tout d’abord surprise de cette présence intempestive mais elle finit par le trouver très séduisant. Elle a envie de passer la nuit avec lui. Très vite, elle ne se contrôle plus : « Je ne me reconnaissais plus, ne me contrôlais plus et m’en moquais complètement. Mon corps en feu avait besoin de lui ». Marion a quelque chose de Laure, le personnage féminin du roman d’Emmanuelle Bernheim Vendredi soir. Elle aussi, elle n’a jamais souri de cette façon en regardant un homme. Elle rencontre enfin quelqu’un qui lui amène sur un plateau un remède contre sa solitude. Elle tombe amoureuse d’un corps, d’une atmosphère, d’une présence. C’est l’intimité qu’elle désire, plus que tout. Et en même temps, il y a quelque chose qui lui fait peur dans cette étreinte : « Mon plaisir montait, mes jambes tremblaient ; une tension étrange et inconnue s’accumulait à l’endroit qu’il massait. C’était trop puissant, trop intense. La sensation inconnue m’effrayait ». Elle n’est pas habituée à se laisser aller ». Elle ne sait pas s’abandonner. Mais avec Henri, elle apprend très vite. Dans une atmosphère baroque, elle se découvre même être une femme fontaine. Elle aime se perdre dans les bras de son amant. Toutefois, le lendemain, elle sent que la réalité la rattrape à grand pas. Henri n’est plus là. Et en découvrant ce qui s’est réellement passé cette nuit, Marion prend conscience que sa vie sera changée à jamais   

 

51y26MOQftL._AA278_PIkin4,BottomRight,-46,22_AA300_SH20_OU08_   

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s