Publié dans Littérature

Sauw must go on

A propos des ouvrages de Erika Sauw

Le royaume de la forêt (volume 1, Le dieu pervers), Editions Artalys, 2014.

http://editions-artalys.com/erotique/le-royaume-de-la-foret-tome-1-le-dieu-pervers/

Le royaume de la forêt (volume 2, La déesse du sexe), Editions Artalys, 2014.

http://editions-artalys.com/erotique/le-royaume-de-la-foret-tome-2-la-deesse-du-sexe/

L’amant de mes rêves, Editions Artalys, 2014.

http://editions-artalys.com/erotique/lamant-de-mes-reves/

Nous avons commencé à lire le premier volume du Royaume de la forêt un samedi à six heures du matin, sur le balcon de l’hôtel La Mamounia à Marrakech. Pendant que le soleil était en train de se lever dans un ciel oscillant entre le gris et le bleu foncé, une pluie fine tombait sur les nombreux palmiers des jardins, qui s’étendent à perdre de vue. Une telle atmosphère ne pouvait qu’être en harmonie avec l’intensité de ce beau récit publié par les éditions Artalys. Le volume 1, Le dieu pervers, se déroule dans un territoire conquis par un empire prussien imaginaire. Sophie, la fille de Richard Von Halle, le gouverneur occidental qui vient de décéder, découvre progressivement les premiers émois de la sexualité, notamment en tombant sous le charme du jeune lieutenant Mathias Korfman. Le soir, elle se masturbe en pensant à lui ainsi qu’au différents corps plus ou moins vêtus qu’elle a pu observer depuis son arrivée, notamment lorsqu’elle observe les habitants locaux se baigner nus dans la rivière : « Après la mort de son père, ses marches quotidiennes l’amenaient de plus en plus fréquemment au bord de ce profond cours d’eau. Son regard déviait vers les garçons et les hommes qui plongeaient dans les flots, y nageaient, s’y ébattaient et en ressortaient. Elle admirait le ruissellement de l’eau sur leurs peaux, leurs fesses et leurs sexes, avec le seul regret de n’en avoir, jusqu’alors, vu aucun en érection ». Empreinte du puritanisme omniprésent dans la culture européenne du XIXe siècle, Sophie est encore vierge mais son corps est plein de désirs. Elle a envie que Mathias lui fasse découvrir ces plaisirs qu’elle imagine en rêve et dont elle ne connait rien. Lorsqu’il l’entraine dans cette forêt, qui est un personnage à part entière du récit, elle boue de tout son sang  et se donne à lui, en se fichant complètement de savoir si elle est amoureuse ou non : « Au fond, la nature exacte de ce qu’ils ressentaient l’un pour l’autre n’avaient pas d’importance : seuls comptaient leurs actes. Les brumes et les miasmes de cette forêt paraissaient estomper la différence entre les sentiments et les désirs ». Toutefois, alors que Mathias est en train de la rendre ivre de plaisir, deux hommes de la tribu des Juwaans font irruption et enlèvent Sophie. Après un long périple dans cette nature qui prend possession des sens de la jeune fille, ils se retrouvent dans un village où le plus grand nombre des habitants se promène nu. Elle y rencontre Beyam, qui lui annonce qu’elle sera offerte au dieu Waris. Celui-ci apparaît sous les traits de Mathias et parvient à troubler Sophie, qui se donne rapidement à lui. Peu à peu, la frontière tranchée entre « civilisation » et « barbarie », initialement bien délimitée dans son esprit,  va s’estomper et laisser transparaître l’attirance irrésistible de Sophie à l’égard du mode de vie dit « sauvage » des Juwaans. Elle découvre un plaisir innommable dans les jeux érotiques avec Waris, qui l’attache et la prend vigoureusement : « ce qu’elle était en train de subir était une forme de torture pleine de délices ». Erika Sauw mobilise magistralement les personnages de la mythologie antique et dresse le portrait d’un dieu se livrant à des pratiques SM avec une jeune vierge brûlante d’expérimenter les affres du désir. La douleur et la jouissance ne font plus qu’un dans le corps de Sophie.

Le volume 2 du Royaume de la forêt débute avec la rencontre entre Sophie et la déesse Hawil, qui cherche à reconquérir le pouvoir que Waris lui a subtilisé. Elle dit à Sophie qu’elle peut devenir une déesse du sexe et faire partie de ces femmes qui donne naissance à des êtres qu’elles sortent de la mort : « Toute femme très belle et totalement dévergondée peut en être une ». La rencontre avec Hawil est suivie par un ébat avec Yatkous, un bel homme à son service qui lui fait l’amour. Sophie laisse ses désirs s’exprimer et apprécie la tendresse de son partenaire avide de sexe : « Elle referma ses mains sur la tête du jeune homme, geste qu’elle découvrait et qui lui paru être d’une tendresse infinie. Jamais elle n’aurait cru que ses seins gonflés fussent capables de la conduire aussi loin dans la jouissance ». Elle découvre les divers façons de recevoir en elle le sperme de son amant : sur sa peau, dans sa bouche, dans son sexe. Avide de nouvelles expériences, elle assouvit son fantasme d’être prise par plusieurs hommes et trouve dans ces ébats l’énergie sexuelle pour devenir une déesse du sexe et affronter Waris.

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L’amant de mes rêves reste en contact avec le fantastique mais s’inscrit dans un autre registre. Cette nouvelle raconte les périples de Célia, qui vient d’être recrutée comme comptable et arrive dans une nouvelle ville. Un soir, alors qu’elle reste tard au travail, elle rencontre Christophe, l’un des commerciaux de la boite. Tiraillée entre son envie de faire l’amour avec un bel homme et son désir de résister aux tentatives de séduction grossière d’un dragueur impénitent, Célia finit par l’envoyer sur les roses : « Ce mec est vraiment irrésistible, me dis-je. Pourquoi est-ce que je lui tiens tête ? Ah, je sais ! C’est parce que je prends un malin plaisir à contrarier les gens, surtout quand ils se croient vainqueurs avant même d’avoir commencé la bataille ». En rentrant seule dans son nouvel appartement, dans lequel elle n’a pas tout à fait fini d’emménager, elle  fait la connaissance de Fabrice, son voisin du dessus. Elle est immédiatement charmée par cet homme qui est « un parangon de virilité ». Le soir, elle fait un curieux rêve, dans lequel il est en train de lui faire l’amour : «Ces mains me caressaient les cuisses, jouaient avec

mes nymphes et mon clitoris, s’introduisaient dans mon vagin et mon anus. D’autres glissaient sur mes bras, ma poitrine, mon ventre, pinçaient mes mamelons et tiraient doucement dessus. Toutes ces caresses me faisaient naviguer au bord de la jouissance, me donnaient l’envie d’être forcée, d’avoir mes orifices intimes remplis pour que je pusse émettre des hurlements de plaisir ». Le lendemain, alors qu’il vient l’aider à terminer son déménagement, elle s’offre à lui. Après l’amour, alors qu’elle plonge dans le sommeil, Célia fait de nouveau un rêve érotique, qui l’excite tout autant qu’il la dépite. Elle se demande quelle est la signification de ces songes !! La réponse sera troublante… Erika Sauw joue avec la frontière qui sépare la réalité et l’imaginaire, tout autant qu’elle s’amuse avec un lecteur qu’elle promène au milieu des fantasmes de cette femme attachante. Ces fantasmes sont construits à travers ses rêves érotiques qui prennent de plus en plus possession de son esprit et orientent ses conduites malgré elle… Célia est pleine de vie, de désir mais aussi d’amour. Lorsqu’elle retrouve Christophe, elle se donne à lui et éprouve un sentiment ambivalent à l’égard de Fabrice. C’est ce qu’elle raconte à Djamila, sa meilleure amie, qui l’invite avant tout à écouter son cœur et à suivre les voies authentiques de son désir. Ce dernier est avant tout une affaire de feeling. Erika Sauw a raison de le rappeler.

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