Publié dans Littérature

Trois, trois, mon trois…Trois, trois, mon tout, mon trois

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A propos de Triolisme

Scènes à trois personnages

Collection e-ros & ceteri DOMINIQUE LEROY ebook

Ouvrage publié sous la direction de ChocolatCannelle ; Couverture illustrée par Chairminator

http://www.dominiqueleroy.fr/produit/181/9782866888671/TRIOLISME?search_text=triolisme

 

Sur les conseils de mon amie Noann Lyne, je suis resté sagement à la maison samedi soir. Après avoir terminé vers une heure du matin la lecture du roman de Christine Orban Le silence des hommes et regardé les livres préférés de Isa Jacques (merci pour ces belles découvertes), je me suis demandé quel allait-être mon prochain ouvrage et en regardant la pile des textes que les éditeur.e.s et les auteur.e.s  m’ont gentiment adressé en SP, j’ai commencé à parcourir les premières pages du recueil Triolisme. Tout de suite, je suis tombé sous le charme de la nouvelle de Julie Derussy qui restitue les ébats torrides d’un couple avec une jeune femme nommée Séléné à travers la narration d’un quatrième personnage. L’exercice de style a quelque chose de proustien puisque le regard de la narratrice, qui ne participe pas encore aux jeux érotiques du couple, montre la fragilité et la mélancolie de ce dernier : « Je suis l’accomplissement du besoin qu’elle a planté en eux.  Les gens pourraient croire que nous formons un couple à trois. Mais moi, je sais ce qu’il en est. Quand Nathalie me baise, quand Ric me baise, c’est à elle que je pense, c’est elle que je deviens. Notre trio ne tient que par l’image trouble de Séléné ». La narratrice a pris la place de la mystérieuse Séréné dans ces plans à trois qui sont une sorte de respiration artificielle maintenant le couple en vie. Dans la nouvelle de Miss Kat, c’est une belle histoire de domination qui est racontée. A l’occasion de la Saint Valentin, Jean (tiens, il a le même prénom que moi) offre à son épouse Lola les services d’une travailleuse du sexe qui va accomplir tous ses désirs. La soumise accepte le jeu de la domination et fusionne intensément avec les fantasmes du couple : « Loin de se rebeller, Marianne réclame en gémissant. Lola frappe de plus en plus fort et regarde le jus qui coule sur les cuisses de la professionnelle. Jean est de plus en plus étonné : Lola se lâche et visiblement, son plaisir est partagé… Ce jeu va au-delà de ses espérances. Il la voit même titiller l’oeillet de sa soumise du bout de la langue». La nouvelle de Gilles Milo-Vacéri s’inscrit également dans la description de pratiques BDSM, narrant la correction qu’un couple d’homme va administrer à l’épouse de l’un d’entre eux. A l’image des athlètes des JO qui passent à la télé, la soumise sent qu’elle exécute une performance méritant les applaudissements du public. La violence des plaisirs ressentis par cette femme est restituée avec force par Gilles Milo-Vacéri. Le texte de Clarissa Rivière évoque aussi un rapport d’autorité dans la relation à trois mais inverse les rôles. Ce sont deux femmes policières qui emmènent un homme dans la forêt et vont abuser de lui. Ce dernier n’ose rien dire et se soumet passivement aux exigences des deux protagonistes, sortant finalement ravi de cette aventure ; quand bien même il n’a servi que d’instrument pour le plaisir des deux dames. La nouvelle de Ian Cecil nous entraîne dans un restaurant où l’on pratique le « mélangisme » et où une ravissante libertine ne sait plus si c’est son mari ou bien l’homme de l’escalier qui est en train de s’occuper de son corps. Tout comme Julie Derussy, l’auteur montre un certain désenchantement dans les fantasmes socialement construits autour de ces plans à trois. Au bout du compte, l’anonymat lasse la femme avide d’expériences nouvelles, qui semblent exciter beaucoup plus son mari qu’elle-même. La nouvelle de GIER racontant les moments vécus par une femme et deux hommes coincés dans un ascenseur prend le lecteur à rebrousse-poil et place le personnage féminin en chef d’orchestre du triolisme. La femme aussi sait imposer aux hommes la réalisation de ses propres petits plaisirs et ne pas être seulement l’objet des fantasmes masculins classiques. A ce niveau, le parti pris littéraire de GIER mérite d’être souligné et apporte une dimension singulière à l’ensemble du recueil. Le personnage féminin devient sujet dans les rapports sexuels et amènent les deux hommes à vivre eux-mêmes ce qu’ils font à leurs partenaires lors des ébats : « Tu comprendras dans ta chair maintenant ce que tu demandes à tes partenaires, ou ce que tu leur imposes ! ». La nouvelle de Erik Torrent dresse la rencontre sulfureuse d’un homme avec deux femmes torrides et mystérieuses, véritables sirènes du sexe qui débarquent en boite de nuit et l’entrainent avec elles dans des aventures érotiques. Tout est décrit en termes de flux, de plaisir, d’intensité. Le recueil se termine sur la dimension enchanteresse de la sexualité, qui a aussi pour but de faire rêver les lecteurs.

Finalement, ma chère Noann, je n’ai pas été très sage. Je me suis couché tard et j’ai exploré cette backroom littéraire dirigée par ChocolatCannelle avec beaucoup de volupté. J’ai erré de nouvelles en nouvelles comme on erre de corps en corps. Et au final, je me suis perdu dans l’âme de ces flux littéraires, d’une façon bien agréable. Intenses plaisirs que ceux procurés par des textes aussi riches et aussi vivants…

JZ   

 

3 commentaires sur « Trois, trois, mon trois…Trois, trois, mon tout, mon trois »

  1. Merci Jean, pour cette critique élogieuse dans laquelle vous avez exactement touché ce que j’ai voulu faire passer.

    Gier / Les Carnets d’Eros

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