Publié dans Cinéma

Diabolique Mon ange

A propos de la nouvelle de TAMY BLACKRED, LA DECOUVERTE , 2014.

 

Il est de ces rencontres qui marquent à jamais, même si elles restent éphémères. C’est non pas la durée mais l’intensité du moment qui en fait la quintessence et lui donne une valeur inestimable. Lorsqu’elle rencontre Nathalie, la narratrice de cette nouvelle est en train de lire un bon roman sur la terrasse d’un café. Après s’être quelque peu délectée en regardant des femmes belles mais superficielles qui discutent pas loin d’elle, ses yeux tombent sur un visage dont la beauté naturelle la transcende : « Elle était différente des autres, une beauté naturelle, un sourire d’ange pour un regard de diablesse. A partir du moment où je l’ai aperçue, il m’a été impossible de regarder ailleurs ». Les échanges se font par signe. C’est automatiquement le coup de foudre entre les deux femmes. Elles n’ont pas besoin de se parler pour engager ces moments de complicité intime. La narratrice est ravie à elle-même. Elle sent quelque chose d’insoupçonné qui s’éveille en elle. Tamy Blackred sait construire un désir lesbien comme catalyseur d’une vie nouvelle, de plaisirs enchantés qui vont emmener la liseuse vers des mondes nouveau…Détruire dit-elle avec Marguerite Duras…Détruire cette existence fade et s’enivrer avec Nathalie dans les plaisirs encore inconnus mais attirants…La narratrice n’a encore jamais fait l’amour avec une femme mais elle se sent irrésistiblement attirée par Nathalie…Elle sait qu’après cette nuit, elle ne sera plus jamais la même…Les sirènes de cette Odyssée ont du charme et contrairement à celles dont parlent Homère, elles laissent leur proie en vie après avoir joué avec elle…Car Nathalie est joueuse…La séduction et le sexe ne sont pour elle que des jeux…On s’amuse à regarder, à attirer, à entraîner dans le monde insoupçonné des lieux libertins de la nuit tourangelle, à faire découvrir les plaisirs érotiques de l’attente…Alors que la narratrice a très envie de Nathalie dans la boite de nuit, excitée tant par ses caresses et les doux baisers qu’elle dépose sur sa nuque que par cette atmosphère érotique dans laquelle d’autres couples font l’amour, son amante refuse de se livrer à elle : « Je me suis rapprochée davantage, je voulais ne faire qu’une avec elle. J’en avais oublié le bar, les couples nous entourant, ses amies. Lorsqu’elle a rompu cette étreinte, j’ai émis un grognement de frustration qui l’a fait sourire. Dans un murmure elle m’a dit « l’attente attise le désir, augmente le plaisir et procure un orgasme  explosif ». Cette découverte des sens est un renaître à deux, une résurrection, une nouvelle vie qui s’apprête à commencer sur de magnifiques chemins de traverse. La volupté de ces corps « agonisant de plaisir », pour reprendre la très belle expression de Tamy Blackred, est à son paroxysme lorsque les deux femmes s’enferment dans l’appartement pour passer la nuit ensemble et laissent exploser leurs fantasmes au sein de la réalité…

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