Publié dans Cinéma

Les derniers films 2011 : « Les boloss », « the end » et Jess Franco

Ca y’est ! 2011 se termine tranquillement ! Le mois de décembre a été l’occasion de voir quelques films sympa du côté des deux rives

 

Tout d’abord, une superbe sortie marocaine : the end de Hicham Lasri !!! Avec « Un film » de Mohamed Achaour ou bien la sortie bis répétita de Fissures de Hicham Ayouch, 2011 montre bel et bien l’existence de ce cinéma marokain qu’on aime

The end raconte l’histoire d’un gardien de parking qui – tel le Francis Huster de L’amour braque – va tomber amoureux d’une femme toute aussi allumée que lui, qui se ballade dans la ville de casa avec son look punk et ses chaînes. Le problème, c’est que la fille a quatre frères braqueurs qui ne sont pas des tendres et contre lesquels le jeune gardien de parking devra lutter, suivi par un flic violent surnomé « le pitbull du système » (pitbull dial makhzen, ça sonne mieux). On a l’impression d’être dans un polar des frères Noor, dans Pulp fiction, dans du Zulawski…En tout cas, on en est sorti bien retourné

bande annonce + commentaire du film :   http://www.artisthick.ma/decouvrez-les-premieres-images-du-film-the-end-de-hicham-lasri/

Symposium international de sculpture Taroudannt

Ensuite, l’autre film très sympa vu au ciné c’est Les boloss. Ca ressemble à un american pie en Crète ! Quatre potes vont en Grèce pour faire des vacances qui se résument à aller en boite, à piccoler et à draguer des filles : « On va voir le palais de Knossos? » « Hé qu’est-ce que tu nous emmerdes à aller voir des vieilles pierres qu’on pourrait voir partout, on est là pour le sexe ». Le ton est donné. Les « chasseurs de moules », comme ils s’appellent eux-mêmes, sont prêts à passer à l’action et à avoir leur premier rapport sexuel. Car l’enjeu – un enjeu qui est bien social – est d’en finir avec les frustrations du manque de sexe que procure l’adolescence ainsi qu’avec une certaine misogynie et un certain machisme, symboles de l’immaturité masculine. Le passage à l’âge adulte signifie le respect de la personnalité et du corps féminin, qui mène à la satisfaction sexuelle commune. Le respect du corps est d’ailleurs multiple. Le film montre très bien la jouissance que peut apporter une femme forte ainsi qu’une grande mince, voire une sexagénaire. Là encore, Les boloss s’inscrit dans le registre des american pie 3 et 5 ou bien de roadtrip, qui sont un hymne au pluralisme des manières de jouir et des corps jouissants !! Et on adore ça !!! Sans doute l’une des plus belles scènes du film est lorsque les trois gars (le 4e est trop bourré pour suivre et attend une fille qui lui a posé un lapin) se mettent à danser sur une piste d’une boite de nuit déserte. Ils avancent en dansant vers les 4 filles – leur équivalent féminin – avec la chanson « We dont’ speak americano ». Ils sont tous plus ridicules les uns que les autres, le savent, mais continuent d’avancer. Tout ceci montre la fragilité des masculinités avec un charme quasi fellinien

la bande annonce : http://www.dailymotion.com/video/xm4uzy_les-boloss-bande-annonce-hd-vostf_shortfilms

la chanson « we don’t speak americano » : http://www.dailymotion.com/video/xeinjy_yolanda-be-cool-we-no-speak-america_music

Les Boloss de Ben Palmer

 

Enfin, il serait dommage de ne pas faire référence à quelques bons plan vidéo recommandés par notre réalisateur préféré  (dont nous ne dirons pas le nom mais qui se reconnaîtra) !!!

Tout d’abord Vampyros Lesbos de Jess Franco, avec Soledad Miranda ( voir : http://www.sensesofcinema.com/2003/feature-articles/jess_franco/ ) !! Le mythe de Dracula revu au féminin dans une Turquie psychédélique. On y voit la mosquée bleue avec en arrière fond des airs proches de Deep Purple ou des Doors (Robe Grillet s’était servit de cela dans L’inconnue) et une histoire d’amour  entre une vampire et sa proie. Ensuite, un cycle José Benazeraf, avec le documentaire de 1975 « Anthologie des scènes interdites » mais aussi avec « Anatomie d’un meurtre » (lorsqu’une femme jalouse de l’épouse de son frère hésite entre la tuer ou se taper le jardinier) ou « Pat una donna particulare », qui sont un mélange de Goddard et de Gérard Kikoine.

Ewa Stromberg and Soledad Miranda in Vampyros Lesbos

 

Et voilà !! 2011 se termine !! j’ai écrit ce petit texte avec « L’amour n’est rien » de Mylène Farmer dans les oreilles et en me disant que finalement ce qui regroupe tous ces films, depuis le couple de « The end » à ceux de « Vampyros lesbos » ou bien les « boloss » et autres personnages de Benazeraf, c’est le fait de profiter du plaisir, notamment celui qu’apporte l’autre ! après les révoltes politiques de 2011, est-ce que 2012 sera l’année des révoltes pour les libertés sexuelles et le droit aux jouissances multiples, sans le contrôle des bio-pouvoirs puritains

à voir …

2 commentaires sur « Les derniers films 2011 : « Les boloss », « the end » et Jess Franco »

  1. Une année qui se termine doucement et une autre qui s’apprête à débouler, avec des nuages menaçants. Mais aussi des aventures, des découvertes comme les films de Jess Franco. Et ‘Vampyros Lesbos’ fait parti des titres les plus populaires du cinéaste espagnol aussi productif qu’un Takashi Miike. Quant aux moins bons, les nanars et séries Z, je prends aussi !
    A tout à l’heure : à l’année prochaine.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s