Publié dans Football

Soutien à Khalid Askri

Sans doute cet article va étonner nos amis et il n’engage que nous. Nous supportons le FUS (Fath Union Sport), l’autre équipe de football de Rabat évoluant en L1. Nous n’avons aucune proximité affective pour l’équipe des FAR. Nous gardons un mauvais souvenir de la finale de la Coupe du trône de l’année dernière, perdue aux penaltys, ainsi que des deux derby où le FUS s’est incliné sous le score de 1 à 0. Toutefois, les mésaventures qui arrivent à Khalid Askri, le gardien des FAR, ont attiré notre attention. Tout le monde a en tête le fameux penalty contre le MAS en coupe du Trône. Après avoir arrêté le tir du joueur de Fès, le gardien se lève et s’en va en regardant le public tandis que le ballon rentre doucement dans les filets. On se croirait à vidéo gag et les images ont fait le tour du monde des passionnés de football. Samedi dernier, lors de la rencontre des FAR contre le KAC, Khalid Askri s’est fait piéger par un attaquant de Kénitra qui lui a subtilisé le ballon et l’a envoyé dans un but vide. La réaction du gardien des FAR ne s’est pas fait attendre. Celui-ci a retiré son maillot et a filé dans les vestiaires, sans être autorisé à sortir par son entraîneur. Malgré le soutien que ses co-équipiers ont voulu lui apporter, Khalid Askri a craqué et a quitté le terrain en courant. Ses gestes étaient explicites. Il a salué le public et a fait signe que c’était fini. Ces images nous ont touché. Nous ne partageons pas du tout les critiques affirmant qu’il n’aurait pas du quitter la pelouse. Le problème n’est pas de savoir ce qu’il aurait dû faire. Si Khalid Askri a quitté ainsi la pelouse, c’est qu’il ne pouvait pas faire autrement. Il y a des moments dans la vie où les gens sont confrontés à des situations qui les dépassent. Le réalisateur japonais Akira Kurosawa a très bien montré cela dans Entre le ciel et l’enfer. Il y a tout un tas de mésaventures qui arrivent aux gens malgré eux et ils ne peuvent que s’effondrer. C’est exactement ce qui arrive à Khalid Askri. Lors de la séance de tir au but contre le MAS, il arrête magistralement la frappe du joueur fassi d’une superbe claquette. Si le ballon n’était pas rentré dans les cages pendant qu’il était en train de partir, il aurait eu une reconnaissance symbolique prodigieuse comme étant celui qui a qualifié les FAR. Tout ceci nous montre que la frontière entre la réussite et l’échec, entre la gloire et la déconvenue, est extrêmement mince. Mais elle est surtout éphémère. On peut vivre des échecs aujourd’hui et remporter des victoires demain. Rien n’est définitif dans la vie. Après être tombé, souhaitons que Khalid Askri se relève. Le football est une véritable école de la vie. A tous les niveaux.

Jean Zaganiaris, enseignant en sciences humaines, supporter du FUS.

publié dans le Au fait du 27 septembre 2010

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