Publié dans Football

Quand le FUS se met à gagner …

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Oublié le coup dur contre les FAR, où après un très beau match le FUS s’était incliné 1 à 0. Là, l’équipe rabati a aligné deux victoires d’affilé qui nous ont fait bien plaisir. Tout d’abord 1 à 0 contre le HUSA (l’équipe d’Agadir). Après avoir été dominé au cours de la première mi-temps et avoir bien su résister aux attaques, la vaillante équipe du FUS s’est mise à bien jouer en contre et cela a été payant à la deuxième mi temps. Précisons également qu’en fin de match, les joueurs de Rabat auraient pu marquer un deuxième but. Comme nous l’avons dit après avoir vu la qualité de jeu contre le WAC lors de la 1er journée (match perdu 3 à 2 mais avec un jeu superbe !!!), le FUS est peut-être une équipe parfois fragile (comme tout promu) mais elle a le charisme des «petits poucets» et surtout une combativité qui fait honneur. Elle me rappelle l’équipe de l’AS Cannes des années 80 et 90, qui faisait l’allé retour en Division 1 et 2, mais qui avait des joueurs qui en voulaient lorsque ils allaient sur le terrain. Elle me rappelle aussi l’équipe du football club d’Amiens, l’année de sa montée en 2e division en 1994. Cette envie de bien faire a été encore démontrée samedi 31 octobre lors de la rencontre contre le KAC de Kenitra. J’ai pu arriver au stade de justesse et voir ce match dont je garderai un souvenir précieux. Tout d’abord, j’ai suivi la rencontre avec le cop des supporters du FUS. J’ai fait la connaissance des membres de cette importante association qui a son siège à Diur Jamâa. Des gens très sympathiques qui sont venus au stade avec des tambours, des casquettes et des écharpes. Il y avait des jeunes, qui ont chanté tout le match. Il y avait des gens venus seuls et d’autres avec leurs enfants. Par contre aucune femme dans le coin où j’étais. Dommage. Des équipes comme le Raja ou le Widad comptent de nombreuses supportrices et cela rend encore plus beau la nature de ce public. Mais on verra aussi peut-être des supportrices du FUS en rouge et blanc venir acclamer leurs joueurs.

J’ai discuté avec une personne qui soutient le FUS depuis 1983, époque où il allait au stade avec son père et qui maintenant en 2009 est là avec son fils pour encourager l’équipe, tous les deux vêtus de rouge. J’ai discuté aussi avec un géologue à la retraite qui était là pour se détendre et voir gagner une équipe qu’il soutient depuis quelques années. Du coup, je me suis mis aussi à certains moments du match à chanter et à encourager l’équipe de vive voix. Le FUS a fait d’ailleurs une bonne entame de match. La domination était très forte, sans pour autant qu’il y ait des occasions de buts franches. Par contre, les chants et le bruit du tambour étaient là. Puis on commence à avoir quelques tirs et surtout un but de Dsouyat quelques minutes avant la mi-temps. Tout le monde s’est levé en acclamant. J’adore ce genre d’ambiance. On sent tout le stade vibrer. Même si ce dernier était loin d’être plein, la tribune était chargée d’une âme à ce moment et c’est ça qui est génial. Pendant la mi temps, j’ai discuté avec les supporters. Ca les a peut-être un peu surpris de voir un français qui est là à supporter le FUS mais pas plus que ça. La deuxième mi temps reprend et là le KAC se réveille. L’équipe est plus offensive et on accuse pas toujours très bien le coup. C’est dommage que l’on ait pas su se protéger en mettant un 2e but. Mais pour cela, il aurait fallu, comme me le dit mon voisin, ne pas se contenter de jouer avec un seul attaquant en pointe. Et ce qui devait arriver arriva. Le KAC égalise sur coup franc, avec une frappe magnifique. Sachons en effet rendre hommage à l’adversaire, qui a bien réagi en 2e mi temps. N’empêche que bon, moralement le but a fait mal. Et là j’ai trouvé géniale cette petite trentaine de supporters parmi lesquels je me suis trouvé par hasard. Les gens poussaient, acclamaient l’équipe. Ca, c’est vraiment magnifique. J’étais debout avec eux et j’encourageais moi aussi, à tue-tête (j’ai eu la voix enrouée toute la soirée). Puis dans le dernier quart d’heure, le FUS a essayé de reprendre les commandes du match face à un KAC opérant par contre et cherchant lui aussi une victoire. J’ai trouvé rageant une certaines stérilité devant le but, avec des maladresses parfois indignes d’une première division (opinion que l’on entendait sans cesse à haute voix dans les tribunes). Il y a des actions qui ont été tout simplement vendangées et il faut travailler cela à l’entraînement (je parle des centres qui sont ratés dans la surface car ils manquent de vivacité et de précision). Après il y a le fameux coup franc qui finit sur la barre du gardien du KAC. Il reste 4 minutes. On se dit que c’est fini et que c’est dommage de passer à côté de la victoire. Puis à la 92e minutes, c’est la délivrance. Le but de la victoire signé du brillant attaquant Assoufou, qui s’est battu tout le match avec un panache qui fait honneur à toute l’équipe et qui, tel un renard des surfaces, a profité d’une hésitation des joueurs du KAC pour filer au nez de tout le monde et inscrire le but de la victoire en fusillant le gardien. Ce qui s’est passé à ce moment dans le stade, je ne l’oublierai jamais !!! une explosion de joie !!! on s’est tout pris dans les bras !!! c’était de la folie !! Assoufou est venu devant la tribune où j’étais lever le bras de la victoire en faisant quelques pas de danse et des gens sont descendus l’acclamer !!! Vraiment génial !!! C’est pour des moments comme ça que je vais au stade !!! Il y a des moments durs (la défaite contre les FAR il y a quinze jours et celle contre le WIDAD) mais il y a aussi ces explosions de bonheur intense, où on extériorise sa joie avec les gens autour de nous, où l’on partage quelque chose de très très conviviale. Vraiment un très beau match. En sortant, sur la route qui ramène à Rabat, il y a une bagnole blindée avec des supporters qui étaient à côté de moi au stade (notamment un monsieur très sympathique, plutôt grand et mince, avec des cheveux longs et une barbe courte, qui vient à l’avance pour installer les drapeaux, les tifos, les banderolles et les enlève quand le match se termine), et les gens me proposent de me ramener en ville. Je ne vais pas les déranger et j’attends patiemment un taxi qui ne vient pas (j’ai pris le bus de Temarra). Par contre, je suis de tout cœur avec eux cette saison pour soutenir le FUS !!! Hé oui, cette belle équipe de rabat compte un supporter de plus dans ses rangs

Jean Zaganiaris, enseignant et coordinateur pédagogique à COM’SUP, auteur de « Penser l’obscurantisme aujourd’hui », Casablanca, Afrique Orient, 2009.

 

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