Publié dans Cinéma

15e édition du festival du cinéma d’auteur de Rabat : les montagnes russes

Comme l’a dit le président du festival lors de la soirée de clôture, le festival du film d’auteur de Rabat connaît actuellement une phase de transition et explique qu’il y ait eu pas mal de problème de désorganisation : film russe passant au Royal mais sans aucun sous titres, film passant à l’ex place Piétri et qui s’arrête en plein milieu car les fusibles ont sauté (c’était le beau film de Moumen Smihi « Les cris de jeunes filles des Hirondelles »), projection bricolage (dvd+datacho)…Toutefois, lorsque on est amoureux de ce festival, on attend pas que l’on nous offre tout sur un plateau d’argent mais on va chercher son bonheur soi-même…D’ailleurs, on s’est rajouté même deux films en plus samedi après midi et dimanche : « Rafta, rafta » de Raj Sharma à la salle du Rif de Casa et « Morgan Ahmad Morgan » avec Adil Imam qui passait au Royal de Rabat. En effet, c’est dommage que, contrairement aux autres années, entre la séance de 16h et celle de 20h il n’y ait pas une séance à 18h ou bien que les séances de 22h aient été supprimé au Royal et au 7e art. Du coup, on a rempli ces vides. Cette 15e édition du festival du cinéma d’auteur de Rabat a été un peu comme les montagnes russes, avec des bas (comme on l’a dit) mais aussi des hauts. Elle a consacré, entre autres, un hommage au cinéma russe. Ca a été l’occasion pour nous de découvrir quelques films à la salle Gérard Philippe, dont « Skalolazka » de Oleg Chtrom. On y est allé lundi soir, un peu de manière improvisée. Et quelle n’a pas été notre surprise de constater que nous étions…le seule spectateur !!! Ca c’est génial et c’est la première que cela nous arrive. Il y avait dans la salle le producteur, deux ou trois personnes de l’ambassade russe et moi. L’équipe m’a même proposé de m’emmener dîner avec eux pour me remercier d’être venu. Pour eux, le fait qu’il y ait un seul spectateur dans la salle a même semblé quelque chose d’important : « le fait qu’il y ait eu un seul spectateur qui soit venu est très important et du coup on a bel espoir pour l’avenir ». Bon ça commençait bien, au niveau ambiance. De plus, « Skalolazka » (2007) est un film super sympa, une sorte de Lara Croft russe qui se bat sous fond de techno pour sauver le monde. Génial. Comme film russe, on a vu aussi le grand prix du festival « Ne pense pas aux singes blancs » (2008) de Youri Mamine. Très beau film sur le rapport à la folie (on pense à Michel Foucault et à son dépassement du couple raison/déraison). Il y a un enchantement et une poésie qui font rêver le spectateur, un peu comme dans les films de Fellini. Avec Madame, on est allé voir le film russe « Ellipsis » (2007)  de Andrei Achpei, racontant l’histoire d’une artiste russe qui retrouve un de ses anciens amants. Ambiance romantique et film d’époque, accompagné par la construction d’une statut de Lénine que confectionne le personnage principal. Ensuite, après le film, ça a été l’occasion de se faire une bonne bouffe à « Tanji et Tanjia », où ils font de bons de petits plats marocains, et de rentrer vers minuit après une bonne soirée. En fait, c’est bien ce festival. On va voir des films à 20h et on mange après. Un soir, on s’est fait également le film turc « Ice scream, I scream » (2007) de Yuksel Aksu à la salle Gérard Philippe (L’IF de Rabat a réussi à faire partie des partenaires de ce festival). Là encore ambiance sympa. Le film turc était sous titré en arabe et c’était agréable de voir parmi les couples mixtes de la salle les conjoints arabisant faire partager la traduction à leur voisin. Et ensuite, rebelote, on est allé manger des pattes à l’huile d’olive dans un bon petit restau italien avec Madame. Le festival a consacré également un hommage au cinéma palestinien. Obligations professionnelles obligent, nous n’avons pu voir qu’un seul de ces films : « laila’s birthday » (2008) de Rachid Mashani, racontant la journée d’un juge obligé de faire le chauffeur de taxi pour survire. Proche du style Jacques Tati que l’on retrouve dans « Intervention divine », « Laila’s birthday » nous montre le quotidien de cet homme à Jérusalem, entre tracasseries administratives, manifestations, tirs de roquettes, hommes armés dans la rue, misère sociale…Parmi les films que nous avons adoré, il y a « Quale amore » (2007) de Maurizio Sciarra, librement inspiré de « La sonate à Kreuzer » de Toltsoï et qui raconte la descente aux enfers d’un couple qui s’est marié trop tôt et trop vite. Le coup de cœur de ce festival a été « Pour un instant, la liberté » (2007) de Arash T. Riahi. Ce film raconte le périple d’un groupe d’exilés iraniens à Ankara, qui cherchent à obtenir le statut de réfugiés politiques et de pouvoir aller en Europe. Il y a ceux qui y arrivent et ceux qui y arrivent pas. Ce récit terrible sur la condition d’exilés et sur la vie des personnes qui attendent un espoir, une aide, une compassion de l’étranger est tout simplement magnifique. « London river » (2008) de Rachid Bouchareb est également superbe. C’est le calvaire d’une mère qui recherche sa fille, en compagnie d’un vieux garde forestier français d’origine centre africaine, dans un Londres marqué par les attentats de juillet 2005. Le film de Costa Gavras, « Eden à l’Ouest » (2008), racontant le voyage initiatique d’un clandestin qui fait le trajet d’Italie à Paris par ses propres moyens, est superbe. On pense beaucoup au poème « Ithaque » de Constantin Cavafy, qui dit que le plaisir du voyage est beaucoup plus intense que son arrivé à la destination prévue. C’est un peu ce que nous avons ressenti tout au long de ce festival. Le charme d’une ambiance, d’expériences, de rencontre et de discussions, de découverte de films et de week end agréables à aller entre les salles de cinéma du centre ville et le cyber pour faire la rentrée des notes sur les bulletins, plutôt que la recherche à tout prix d’un résultat, d’une satisfaction cinéphile, d’un jugement satisfait sur les films et sur l’organisation. On espère refaire ce même voyage l’année prochaine, avec la 16e édition…

 

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