Le cinéma Rif à Casa et les films hindous

"SSSSHHH". C’est le titre du film qui passe en ce moment au Rif. Situé sur l’avenue des Far à Casablanca, ce dernier est un petit cinéma de quartier où il ne passe que des longs métrages hindous. Ca fait quatre ans que nous l’avons découvert. Nous y allons de temps en temps y voir un film l’après midi, histoire de souffler un peu. Rien de tel le vendredi qu’un bon couscous et ensuite un bon film hindou. Un tel cinéma à Paris serait considéré comme un ciné club, voire comme un temple, par les amateurs du genre. Par contre, à Casa, c’est un peu une salle que ne fréquentent pas les classes aisées ou les gens fortement dôtés en capitaux culturels (pour parler comme Bourdieu). On n’y voit jamais de touristes. Dommage. Il y en aurait que cela pourrait intéresser, d’autant plus que les films sont parfois sous titrés en français. C’est plutôt des bandes de jeunes ou surtout des couples des classes moyennes qui viennent voir les films hindous. Pour les amoureux de tout âge, les salles de cinéma du Maroc sont bien souvent un refuge où l’on peut venir pour s’isoler, se parler intimement, s’embrasser farouchement (un peu comme à l’image des amants sur l’écran)…Pour les autres, c’est un coin où on peut se caller dans un fauteuil (parfois un peu dur) et voir le film en mangeant et en fumant sa clope. Un coin comme le Rif gagnerait à être aménagé, sans pour autant nuire aux libertés des spectateurs. Tout en continuant d’être le cinéma des amoureux, il pourrait attirer les fans des films hindous, toute classe sociale et toute nationalité confondue, et contribuer au vivre-ensemble autour d’un gout commun…A quand des soirées Shah Rukh Khan, Preity Zinta ou Bachchan ? A quand des soirées ou des après midi polars hindous, comédies hindous ou films d’horreur hindous ?

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Le cinéma hindou est d’une richesse énorme comme le montrent les sites suivant : http://film-hindou.skyrock.com/ ; http://www.indiaglitz.com/channels/hindi/review/7640.html

http://www.glamsham.com/

http://www.indiaglitz.com/channels/hindi/previews.asp

http://www.erosentertainment.com/

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Qu’est-ce que le cinéma hindou ?Tout d’abord, il y a les acteurs connus, dont Shah Rukh Khan. Nicolas NSB nous avait parlé de Devdas. Mais c’est lors de la sortie du film Veer Zarah, racontant sur plus de deux heures l’intense histoire d’amour entre un pilote d’avion hindou et une femme musulmane du Pakistan, que nous avons découvert les films hindous. Des rires, des larmes, de la romance, des chansons et des beaux paysages. On ne se prive de rien. Toutefois, le cinéma hindou ne se limite pas à ses stars et sa commercialisation internationale. Il s’agit d’un genre à part entière, comme l’est à sa manière le cinéma italien des Fellini, De Sica, Sergio Léone ou Dario Argento. Le film "Sssshhh" que nous avons vu vendredi dernier montre l’apport du cinéma hindou au monde du 7er art. "Sssshhh", c’est un mélange entre "american pie" (on y voit des étudiants très kitch, dont les études se résument à flirter et à jouer au baskett) et "halloween" (un tueur en noir avec un masque blanc les tue un par un), accompagné de superbes chansons et de superbes paysages tout au long du film. On passe un bon moment. On se détend. J’ai de très bons souvenirs d’OVNI de ce genre vu au Rif, depuis le sombre polar "Mashooka" à "Blackmail" avec Sunil Shetty ou "Parwana", un super d’action bien rythmé digne d’un van damme ou d’un stalone, mais avec des chansons en plus. Bien entendu, nous ne disons pas que nous aimons tout dans le ciné hindou. Nous n’avons pas accroché à des films exaltant un nationalisme a-critique, un moralisme dogmatique ou bien se complaisant dans des choses malsaines ou la violence gratuite. Toutefois, lorsque les films sont marrants (style les comédies romantiques à la "Chori, Chori", "Shaadi n° 1" ou "Salam Namaste"), rythmés (type les films d’action comme "James", "Don" avec Shah Rukh Khan ou "Krishh", hommage aux films de super héros), intenses (comme "Black" avec Bachcah ou les deux films hindous vus au festival du film d’auteur de Rabat cette année; l’un traitant du sida et l’autre de la corruption, en emmenant le spectateur dans les bas fonds de Bombay), nous pouvons dire que nous adorons ça. Bien souvent les films hindous reprennent pas mal de thèmes au cinéma européen ou américain. C’est clair que "Mohabbatein" avec Shah Rukh Khan s’inspire du "Cercle des poètes disparus" ou que "Hawas" raconte la même histoire que "la femme infidèle" de Claude Chabrol. Toutefois, ce même film n’a-t-il pas fait l’objet d’un remake par Adrian Lynn ? Pour ce qui nous concerne nous avons d’ailleurs préféré l’adaptation hindou plutôt qu’à l’américaine, terne et sans aucune créativité. Car c’est là que réside l’intérêt de Bollywood. Bien souvent, on reprend les thèmes de films déjà sortis mais pour en faire quelque chose de nouveau, en combinant des références très différentes. Le film "Koyla" avec Shah Rukh Khan raconte une histoire similaire à "Il était une fois dans l’Ouest" de Sergio Léone mais en situant l’histoire dans une Inde semblable aux paysages de "Blade" de Tsui Hark et en fesant des clins d’oeil à Rambo. Comme le cinéma de Kurosawa, certains films égyptiens de Kamal Hassan ou bien les western spaghettis italiens, le cinéma hindou est un cinéma eccléctique, capable de faire fusionner ses sources et ses références pour produire un spectacle neuf, profond et de qualité.  

 

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