Lundi après midi, nous avons eu l’honneur d’inviter Souad Guennoun et Omar Radi au sein du travail d’encadrement des projets associatifs des L2. Ces dernier nous ont parlé avec beaucoup de passion et de sincérité de leur parcours de militants et membres associatifs. Souad a commencé par évoquer son séjour à Paris. Arrivée à Paris en 1975 pour faire des études d’architecte (elle sera la première femme architecte au Maroc), elle peut évoluer dans un milieu culturel nouveau pour elle. L’expérience des squattes parisiens sera importante. Elle rencontre là bas des gens qui luttent contre une urbanisation sans âme et s’engage dans des projets associatifs visant à protéger l’environnement des villes. Dans ces squattes, elle rencontre des gens qui fuit la dictature de Pinochet au Chili : « Je discute avec des gens qui sortent de mon environnement historique : je prends conscience que je suis plus membre de la terre que marocaine. Je deviens internationaliste ». Ces rencontres la marquent encore aujourd’hui puisqu’elle cherche à mettre en place des associations entre le Maroc et l’Amérique latine, notamment à travers des documentaires sur la mémoire. Omar a ensuite pris la parole pour parler de ATTAC. Il a situé cette association dans son contexte internationale, en parlant de sa création en France en 1998 et de Porto Allegre en 2001. Puis il a parlé des structures du mouvement et des moyens de communication, que ce soit dans la rue ou sur internet.

Pour Souad, il est nécessaire, notamment dans un mouvement associatif, de faire ce travail de mémoire posant le lien entre le passé et le présent. Souad Guenoun fait de la photo et parle de la mémoire que l’image peut garder : « la photographie préserve ce qui a disparu physiquement aujourd’hui ». La mémoire ne suppose pas la vérité. Souad et Omar étaient d’accord là-dessus. Dans les associations au sein desquelles ils militent, telle que ATTAC, il n’y a pas le culte de la vérité, de l’autorité. Au contraire, il faut des débats dans une association. C’est ce qui fait avancer les choses. Après les débats, les gens des associations cherchent à aller par-delà le pour ou contre pour fédérer autour d’une cause.

Les intervenants ont fait des rappels historiques, en parlant de l’UNEM dans les années 70, mais ont aussi parlé de l’actualité en évoquant les débats internes et externes du groupe MALI. Omar nous a parlé de ce que signifie de s’engager dans un collectif et de s’impliquer dans la cité. Ensuite le débat a été riche avec les étudiants (que j’aurai aimé plus participatifs quand même, avec plus de questions, même si je les remercie pour leur grand intérêt). On a parlé de créer un BDE indépendant et autofinancé à COM’SUP, voire un syndicat étudiant capable d’être un interlocuteur efficace avec la direction. Mais cela implique une maturité et un sens de la justice ainsi que du bien commun de la part des étudiants qui vont s’impliquer dans cela. Souad a finit par une très belle citation : « Si on a pas conscience qu’il y a un monde commun qui nous appartient, on va pas s’impliquer pour préserver ce monde commun …Il faut résister à ce formatage qui réduit notre vie à bouffer, dormir, bosser et agir en dehors de soi pour le monde dans lequel on vit». Cette conférence a été brillamment animé par Linda Mokhtari et Saleh Halfi, qui ont su bien présenter les invités et les relancer par des questions.
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Souad Guennoun
Architecte et photographe marocaine.
Elle est née en 1956 à Casablanca (Maroc). Elle vit et travaille dans cette ville. Diplômée en architecture à Paris en 1981, elle ouvre, en 1986, le Cabinet ARC à Casablanca. En 1989, elle photographie le Casa des années 1930-1950 tout comme le quartier historique Bousbir qui sera ensuite démoli sans résistance. En 1990, elle débute un travail d’écriture et de relevés photographiques sur les enfants des rues pour l’Association Bayti à Casablanca. Elle collabore régulièrement à l’hebdomadaire marocain Le Journal pour lequel elle réalise des reportages sur des thèmes généraux ayant trait à la vie quotidienne et à la culture. Souad Guessoun est très engagée dans l’action humanitaire. « Architecte de formation et de profession, elle débute en 1990 un travail d’écriture et de relevés photographiques notamment sur l’architecture disparue de Casablanca , l’architecture moderne au Maroc et sur la mémoire des espaces et des lieux. Cette première phase d’investigation sur les bâtiments ou les quartiers remarquables des cités marocaines est menée avec le souci de la découverte et de la réappropriation d’un patrimoine, qu’il soit “moderne” ou traditionnel, bien souvent en déshérence. Cette vision où l’architecte se mêle au photographe est particulièrement sensible en ce qui concerne Casablanca, ville à laquelle Souad Guennoun voue une affection particulière. C’est dans cette grande métropole qu’elle photographie, en 1996 , toujours sur le mode de l’enquête, les enfants des rues, Les Incendiaires (exposition individuelle itinérante), série à la fois tendre et sociale, puis ces fragments d’imaginaire,(édités en livre par les éditions Le Fennec), où elle laisse libre cours à sa relation poétique avec Casablanca. » (extrait de la notice de l’AFAA) « Vous avez une formation d’architecte, vous êtes également designer, mais vous êtes plus connue comme photographe. Trois photos sur le site de l’AFAA. Parmi ses publications Les incendiaires de Tanger (L’œil-Tarik, 1997) : Un reportage photographique sur les enfants de Tanger. |
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