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Souad Guennoun et Omar Radi invités d’honneurs à l’école COM’SUP

novembre 5, 2009

 Lundi après midi, nous avons eu l’honneur d’inviter Souad Guennoun et Omar Radi au sein du travail d’encadrement des projets associatifs des L2. Ces dernier nous ont parlé avec beaucoup de passion et de sincérité de leur parcours de militants et membres associatifs. Souad a commencé par évoquer son séjour à Paris. Arrivée à Paris en 1975 pour faire des études d’architecte (elle sera la première femme architecte au Maroc), elle peut évoluer dans un milieu culturel nouveau pour elle. L’expérience des squattes parisiens sera importante. Elle rencontre là bas des gens qui luttent contre une urbanisation sans âme et s’engage dans des projets associatifs visant à protéger l’environnement des villes. Dans ces squattes, elle rencontre des gens qui fuit la dictature de Pinochet au Chili : « Je discute avec des gens qui sortent de mon environnement historique : je prends conscience que je suis plus membre de la terre que marocaine. Je deviens internationaliste ». Ces rencontres la marquent encore aujourd’hui puisqu’elle cherche à mettre en place des associations entre le Maroc et l’Amérique latine, notamment à travers des documentaires sur la mémoire. Omar a ensuite pris la parole pour parler de ATTAC. Il a situé cette association dans son contexte internationale, en parlant de sa création en France en 1998 et de Porto Allegre en 2001. Puis il a parlé des structures du mouvement et des moyens de communication, que ce soit dans la rue ou sur internet.

 

Pour Souad, il est nécessaire, notamment dans un mouvement associatif, de faire ce travail de mémoire posant le lien entre le passé et le présent. Souad Guenoun fait de la photo et parle de la mémoire que l’image peut garder : « la photographie préserve ce qui a disparu physiquement aujourd’hui ». La mémoire ne suppose pas la vérité. Souad et Omar étaient d’accord là-dessus. Dans les associations au sein desquelles ils militent, telle que ATTAC, il n’y a pas le culte de la vérité, de l’autorité. Au contraire, il faut des débats dans une association. C’est ce qui fait avancer les choses. Après les débats, les gens des associations cherchent à aller par-delà le pour ou contre pour fédérer autour d’une cause.

 

Les intervenants ont fait des rappels historiques, en parlant de l’UNEM dans les années 70, mais ont aussi parlé de l’actualité en évoquant les débats internes et externes du groupe MALI. Omar nous a parlé de ce que signifie de s’engager dans un collectif et de s’impliquer dans la cité. Ensuite le débat a été riche avec les étudiants (que j’aurai aimé plus participatifs quand même, avec plus de questions, même si je les remercie pour leur grand intérêt). On a parlé de créer un BDE indépendant et autofinancé à COM’SUP, voire un syndicat étudiant capable d’être un interlocuteur efficace avec la direction. Mais cela implique une maturité et un sens de la justice ainsi que du bien commun de la part des étudiants qui vont s’impliquer dans cela. Souad a finit par une très belle citation : « Si on a pas conscience qu’il y a un monde commun qui nous appartient, on va pas s’impliquer pour préserver ce monde commun …Il faut résister à ce formatage qui réduit notre vie à bouffer, dormir, bosser et agir en dehors de soi pour le monde dans lequel on vit». Cette conférence a été brillamment animé par Linda Mokhtari et Saleh Halfi, qui ont su bien présenter les invités et les relancer par des questions.    

BiblioMonde

 

Souad Guennoun

 

Architecte et photographe marocaine.

Elle est née en 1956 à Casablanca (Maroc). Elle vit et travaille dans cette ville. Diplômée en architecture à Paris en 1981, elle ouvre, en 1986, le Cabinet ARC à Casablanca. En 1989, elle photographie le Casa des années 1930-1950 tout comme le quartier historique Bousbir qui sera ensuite démoli sans résistance. En 1990, elle débute un travail d’écriture et de relevés photographiques sur les enfants des rues pour l’Association Bayti à Casablanca. Elle collabore régulièrement à l’hebdomadaire marocain Le Journal pour lequel elle réalise des reportages sur des thèmes généraux ayant trait à la vie quotidienne et à la culture. Souad Guessoun est très engagée dans l’action humanitaire.

« Architecte de formation et de profession, elle débute en 1990 un travail d’écriture et de relevés photographiques notamment sur l’architecture disparue de Casablanca , l’architecture moderne au Maroc et sur la mémoire des espaces et des lieux. Cette première phase d’investigation sur les bâtiments ou les quartiers remarquables des cités marocaines est menée avec le souci de la découverte et de la réappropriation d’un patrimoine, qu’il soit “moderne” ou traditionnel, bien souvent en déshérence. Cette vision où l’architecte se mêle au photographe est particulièrement sensible en ce qui concerne Casablanca, ville à laquelle Souad Guennoun voue une affection particulière. C’est dans cette grande métropole qu’elle photographie, en 1996 , toujours sur le mode de l’enquête, les enfants des rues, Les Incendiaires (exposition individuelle itinérante), série à la fois tendre et sociale, puis ces fragments d’imaginaire,(édités en livre par les éditions Le Fennec), où elle laisse libre cours à sa relation poétique avec Casablanca. » (extrait de la notice de l’AFAA)

« Vous avez une formation d’architecte, vous êtes également designer, mais vous êtes plus connue comme photographe.
R : Je suis toujours architecte, mais les commandes ne tombent pas toutes seules. Par contre, c’est l’architecture qui m’a amenée à la photo car au départ, je faisais de la photo d’architecture pour laisser des traces des bâtiments anciens qui tombent en ruines et qui finissent dans les démolitions. Au début, je me promenais dans la ville et je faisais des croquis à la main, mais les démolitions allaient tellement vite que je n’avais pas le temps de terminer mon croquis, j’ai donc changé d’outil, je suis passée du crayon à l’appareil photo. Et comme c’était plus commode pour moi de travailler tôt le matin avant que les rues ne soient débordées par les passants et en raison des lumières, j’ai commencé à voir des enfants qui dormaient dans les entrées des immeubles et dans de petites cachettes dans la rue. Et c’est ainsi que j’ai commencé à m’intéresser à leurs conditions. À la fin, je me suis dit, ce n’est pas possible, je suis en train de faire des photos des murs alors qu’existent des enfants qui vivent dans la misère; c’est ainsi que j’ai décidé de changer d’objectif. » (extrait d’un entretien avec le Temps du Maroc, 23 février 2001)

Trois photos sur le site de l’AFAA.

Parmi ses publications

Les incendiaires de Tanger (L’œil-Tarik, 1997) : Un reportage photographique sur les enfants de Tanger.

 
artsvisuels/souad guennoun2.jpg Guennoun Souad
Maroc
  Née au Maroc en 1956
Vit et travaille à Casablanca (Maroc)
Diplômée d’architecture à Paris en 1981, Souad Guennoun rentre au Maroc pour y fonder son agence d’architecture, le Cabinet ARC.
Sensibilisée à son patrimoine, elle photographie le Casa des années 1930- 1950 ainsi que le quartier historique de Bousbir avant qu’il ne soit démoli. « C’est l’architecture,dit-elle, qui m’a amenée à la photo car au départ, je faisais de la photo d’architecture pour laisser des traces des bâtiments anciens.»
Ce travail sur l’architecture sensibilise Souad Guennoun à l’existence des gamins des rues qu’elle croise dans le Casablanca très matinal où elle déambule pour ses relevés architecturaux. En 1990, elle change d’objectif, pose son regard photographique sur ces enfants et réalise un reportage pour l’association humanitaire Beyti, basée à Casablanca.
Ce travail donne lieu à une exposition, Les Incendiaires, au Maroc, en France et en Suisse. Les photos de Souad Guennoun parlent ainsi de son fort engagement : elle s’intéresse aux diplômés chômeurs, aux gens des bistrots, aux femmes palestiniennes dans les camps de Beyrouth et d’Amman.
Souad Guennoun collabore régulièrement à l’hebdomadaire marocain Le Journal. Elle a exposé aux Rencontres africaines de la photographie de Bamako en 2001.
Elle photographie régulièrement les Forums altermondialistes de Porto Alegre. Enfin, elle prépare un documentaire sous forme photographique et vidéo sur la question indigène au Chiapas (Mexique) et celle des Berbères du Maroc, pour révéler la quête des minorités qui cherchent à garder leur intégrité sans pour autant sombrer dans le repli identitaire.

Soutien à la presse marocaine

octobre 24, 2009

Le métier de journaliste, comme le rappelle le très bel édito de Libération du samedi 17 octobre, implique en effet une déontologie et une éthique professionnelle. La presse ne peut diffuser de fausses informations ou bien révéler n’importe quoi qui puisse porter atteinte aux individus. Elle est un acteur qui agit au sein de l’espace public et de par le fait qu’elle communique publiquement, elle doir respecter les lois de la cité qui sont là pour garantir le bien commun de tous. Toutefois, est-ce que la régulation de la presse signifie pour autant sa mise au pas. est-ce que le respect de règles déontologiques implique la soumission des journalistes aux pouvoirs politiques ou économiques qui cherchent selon les mots de Naomi Klein dans “No logo” à “privatiser l’espace public”, c’est-à-dire à s’approprier personnellement un espace de communication qui est censé  appartenir à tous. Respecter une certaine déontologie journalistique ne signifie pas que la presse doit être “la muse enrolée” du pouvoir ou bien qu’elle doit raconter des récits sans polémiques censés satisfaire tout le monde. Etre journaliste, ce n’est pas contribuer à des journaux dont le contenu ressemble à des dessins animés du style de Dora ou des Télétubbies. Le public n’est pas un enfant à qui on raconte des histoires à l’eau de rose et, contrairement à ce que l’on pense, il n’est pas dupe de ce qui se passe autour de lui.

La presse ne s’adresse pas à une masse uniforme et homogène qui interpréterait de la même manière les informations qu’elle contient. Les publics sont hétérogènes et les appropriations varient selon les caractéristiques sociales des interprètes. C’est là que le journalisme s’inscrit dans ce que l’on peut appeler un espace public démocratique et qu’il contribue à la démocratisation de la cité, en informant de manière pluraliste et éthique les citoyens qui sont suffisament éclairés (notamment grâce à cette presse mais aussi en raison des facultés mentales qui sont propres à chacun) pour lire de manière critique les journaux qu’ils ont sous les yeux. Les gens peuvent adhérer ou non aux informations qui leur sont destinées, voire être indifférents à leur égard. Si l’on part de l’idée que les média sont des acteurs capitaux du processus de démocratisation entamé au Maroc depuis la fin des années 90, on ne peut pas leur repprocher de faire preuve d’esprit critique, notamment en parlant des éléments intolérables existant au sein de la société marocaine ou bien en apostrophant les autres acteurs de l’espace public lorsque des actes se fesant dans la sphère privé méritent d’être énoncés publiquement. La démocratie, c’est le respect de la liberté d’expression à partir du moment où celle-ci est au service du bien commun de la cité. Il ne faut pas instrumentaliser la notion de déontologie pour museler une presse qui joue son rôle critique dans l’espace public. Depuis le procès au caricaturiste Khalid Gueddar et au journaliste Taoufiq Bouachrine suite à l’affaire des caricatures sur un membre de la famille royale parue dans Akhbar Al Yaoum jusqu’à l’interdiction du journal Le Monde du vendredi 23 octobre, la presse au Maroc a connu une rude semaine !! Pour ma part, j’ai la chance de collaborer de temps en temps avec l’équipe du Journal hebdomadaire. Je ne remercierai jamais assez la grande journaliste et directrice de publication qu’est Kawtar Bencheikh, qui m’a formé aux techniques de l’écriture journalistique avec beaucoup de gentillesse et de patience, et qui m’a introduit auprès de l’équipe du Journal hebdomadaire, en m’invitant à certaines réunions de rédaction. J’ai pu connaître des journalistes professionnelles avides de contribuer à la démocratisation du Maroc. Ces derniers ont le souci de renforcer la dignité des citoyens de ce pays en rendant public les choses inacceptables mais en parlant aussi de ce qui fait la grandeur de ce pays tant au niveau de son histoire et de sa culture que des actes citoyens existant au son sein. J’ai été amené à fréquenter des journalistes qui sont l’honneur du Maroc, de par leur professionnalisme et la qualité de leurs écrits. Je pense à Hicham Bennani, à Laétitia Dechanet, Aziz El Yacoubi, Hicham Oudaïfa, Fedoua Tounassi etc, ainsi qu’à des gens qui sont passés par le Journal, comme Gypsie Allart ou Omar Brouksy. Depuis  quelques semaines, l’hedomadaire pour lequel travaillent ces personnes s’est vu ”menacé de mort” – pour reprendre les termes de l’éditorialiste Aboubakr Jamaï – suite à la venue d’un huissier pour notifier la saisie des comptes bancaires. La disparition de ce journal de l’espace public marocain serait une perte importante pour la société tout entière, y compris pour le pouvoir qui en perdant l’un de ses principaux critiques perd également une part de la légitimité du processus de démocratisation qu’il cherche à mettre en oeuvre et à exhiber publiquement sur la scène internationale.

 

   

Présentation de l’ouvrage de Jean Zaganiaris, “Penser l’obscurantisme aujourd’hui, par-delà ombres et lumières”, Editions Afrique Orient

octobre 8, 2009

 

Mercredi 14 octobre 2009 à 19h – Villa des arts de Casablanca (discutant M. Thomas BRUN)

Vendredi 30 octobre 2009 – 18h30 – Librairie Kalila wa dimma (Rabat)

 Il s’agit de penser l’obscurantisme aujourd’hui à partir non pas d’une définition mais d’une opposition qui est celle entre “monisme” et “pluralisme”. « L’obscurantisme se retrouve dans les pratiques sociales qui refusent le pluralisme des modes de vie et de pensée existant et tentent d’imposer des vérités uniques, des dogmes, des moralismes religieux et non religieux ». Il serait absurde de réduire l’obscurantisme à sa dimension religieuse, comme le font notamment les discours islamophobes. Il existe des formes d’obscurantisme non religieux telles que la raison d’Etat, le machisme, le racisme, le capitalisme. Ce sont les jalons d’une réflexion sur tout cela qui sont posés dans ce livre.

Jean Zaganiaris est docteur en sciences politiques. Il est l’auteur de Spectres contre révolutionnaires, interprétations et usages de la pensée de Joseph de Maistre (XIXe-XXe siècles), Paris, L’Harmattan, 2006. Et avec Edwige Rude Antoine, Croisée des champs disciplinaires et recherche en sciences sociales, Paris, Presses Universitaires de France, 2005. Il est enseignant et coordinateur pédagogique à COM’SUP, Ecole supérieure de Publicité et de Communication.

 

Cette présentation à la villa des arts a été super sympa ; merci à toutes les personnes qui sont venues ce soir là ainsi qu’à l’équipe professionnelle pour son accueil (et le très bon thé à la menthe offert dans le jardin). Cela m’a fait plaisir de voir ou de revoir tout ce beau monde : Christiane, que je félicite pour la parution prochaine de son premier roman, les militants d’ATTAC, notamment Souad, Omar, Linda (qui ont posé des questions importantes et qui posent toujours des questions importantes à l’espace public marocain),  Mohamed Mouaqit (dont le dernier livre est passionnant), Abdellah Amallah, ainsi que les étudiants de l’école COM’SUP, qui ont pu voir un type spécifique de communication (conférence/débat) et qui ont, comme notre ami Reda, pu poser des questions sympa. J’ai été content aussi de faire la connaissance de certains lecteurs ou certaines lectrices, notamment de Marrakech, ainsi que de rencontrer M. Taleb, avec qui nous avons parlé foot.

Un merci particulier à Thomas Brun, qui a fait le modérateur de cette séance, avec talent et brio. La présentation du livre, accompagnée de citation de Camus et de Kant, m’a beaucoup plu.

Bon, en tout cas, c’était bien sympa tout ça …

Un manifestant lance une chaussure contre le Premier ministre chinois

février 3, 2009

J’ai trouvé ça génial. Dans un contexte où capitalisme et autoritarisme marchent main dans la main, il est bon qu’il y ait un peu d’air frais dans les facs, aussi traditionnelles soient-elles. Les JO de Pékin ont été une insulte au sport et il est dommage qu’aucun athlète n’ait eu le courage de dire publiquement quoi que ce soit sur place.

voilà ci dessous l’article sur yahoo

Un manifestant a lancé une chaussure lundi en direction du Premier ministre chinois Wen Jiabao qui prononçait un discours à l’université de Cambridge, au dernier jour de sa visite au Royaume-Uni, a constaté un journaliste de l’AFP. Lire la suite l’article

Le manifestant s’est levé et a lancé une chaussure de sport en direction du dirigeant chinois en criant “c’est un scandale”, avant d’être rapidement maîtrisé et expulsé de la salle, selon ce journaliste.

La chaussure est tombée à moins d’un mètre du Premier ministre qui s’exprimait sur une estrade dans une salle de concert de la prestigieuse université.

Le manifestant, un jeune homme d’allure occidentale vêtu d’un T-shirt, s’est également écrié: “Ce dictateur là-bas, comment peut-on écouter les mensonges qu’il raconte? Vous ne le contredisez pas”, avant de souffler dans un sifflet.

“Levez-vous et protestez”, a-t-il crié à l’adresse de l’assistance alors qu’il était évacué par les services de sécurité.

“Honte à toi, honte à toi”, lui ont répondu des spectateurs.

Impassible, le Premier ministre chinois n’a pas bronché pendant l’incident.

“Ce comportement méprisable ne saurait interférer dans l’amitié entre la Chine et le Royaume-Uni”, a-t-il déclaré, recueillant une salve d’applaudissements d’une salle apparemment composée essentiellement d’étudiants chinois.

Cet incident rappelle celui intervenu le 14 décembre à Bagdad au cours d’une conférence de presse de l’ex-président américain George Bush et du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki: un journaliste irakien s’était levé brusquement puis avait crié “c’est le baiser de l’adieu, espèce de chien”, avant de lancer ses deux chaussures sur M. Bush.

Un porte-parole de la police du comté de Cambridgeshire Police a indiqué que le manifestant avait été arrêté pour trouble à l’ordre public, sans plus de précisions.

Un des membres de la sécurité de l’université a déclaré que le protestataire n’avait “pas résisté” quand il a été reconduit à la porte de la salle.

Un surveillant a précisé à l’AFP que l’homme s’était levé et qu’il avait commencé à “protester”. Les membres de la sécurité lui ont alors demandé de se taire et de se rasseoir. Mais “il a continué, a enlevé sa chaussure et l’a lancée en direction de l’estrade… Les cris faisaient partie d’une protestation légitime mais lancer une chaussure, c’est quelque chose de différent”, a indiqué le surveillant.

Un porte-parole de l’Université de Cambridge a qualifié l’incident d’”extrêmement regrettable”. “Mais cela n’a pas gâché l’événement. Notre université est un lieu de débat, de discussions et de disputes respectueuses, mais pas pour lancer des chaussures”, a-t-il ajouté à l’AFP.

Le porte-parole a précisé que le protestataire avait agi seul, refusant de se prononcer sur son identité, et que son geste n’avait pas constitué de “menace sérieuse pour qui que ce soit à n’importe quel moment”.

La visite de M. Wen avait été marquée par l’arrestation de cinq militants pro-Tibet, dimanche lors d’une manifestation à Londres. La situation des droits de l’homme en Chine a été brièvement abordée par le Premier ministre britannique Gordon Brown lors de ses discussions avec son homologue.

Emeutes en Grèce : remettre en cause le monopole de la violence physique légitime

décembre 8, 2008

Au début du XXe siècle, Max Weber utilise le concept de “violence physique légitime” pour définir le pouvoir de contrainte de l’Etat. Si c’est un particulier qui roue de coups un autre particulier car il l’a doublé dans la queue du supermarché, il peut être puni par la loi. Par contre, si c’est un policier ou tout autre agent de l’ordre qui donne un ordre, celui -ci peut utiliser la force pour l’exécuter. Toutefois, s’il y a une légitimité à l’ordre (qui a pour but de préserver les sociétés de l’état de nature), cela ne signifie pas pour autant qu’il faut cautionner tout et n’importe quoi au sein des sociétés dans lesquelles nous vivons et accepter toutes les violences dont nous pouvons être victime de la part des forces policières et militaires (ou autres d’ailleurs). Daniel Bensaïd parlait dans son dernier livre des abus des “démocraties policières” qui jalonnent l’Europe. Dans son livre sur l’histoire de la police, Paolo Napoli attirait l’attention sur le fait que cette dernière est en théorie rattachée à l’Etat mais qu’en réalité, elle s’est historiquement construite comme un corps qui a réussi aussi à avoir des domaines d’autonomie par rapport aux injonctions étatiques auxquelles il doit pourtant se soumettre. Récemment, un article sur yahoo attirait l’attention sur une fouille policière particulièrement dure, voire humiliante, au lycée Marciac (Gers), où les élèves ont été tous soumis à ces contrôles policiers visant à créer une prétendue peur salutaire (une bonne “insécurité” satisfaisante en termes de prévention). En Grèce, on a touché au drame avec la mort par balle d’un mineur, suite à des affrontements avec la police (voir les événements sur : http://berthoalain.wordpress.com/2008/12/07/emeutes-en-grece-decembre-2008/)

ce week end, des affrontements entre la société et la police grecque entachent tous le pays. Tous ces événements amènent à poser la question suivante : peut-on penser avec raison qu’il existe une violence légitime ? La violence est physique mais aussi symbolique (violence “douce” des humiliations verbales, d’un ton rude, d’une insulte, d’un regard méprisant). Toutefois, peut-on dire qu’elle est légitime ? Même si elle est exercée par des agents de l’autorité, mandatés par l’Etat, peut-elle être considérée comme légitime, c’est-à-dire comme ayant un bien fondé effectif ? Je ne crois pas. Toute violence est à banir de l’espace public. Il n’y a pas un seul pays qui peut se targuer de ne pas avoir d’exhibition de la violence légitime en son sein, et notamment de violence légitime policière. Il faut en finir avec cela et mettre en place des politiques publiques sociales profondes afin de faire disparaître le plus possible et sur une durée à long terme ces phénomènes sociaux que l’on éradique bien souvent brutalement et rapidement, par la violence. Bien entendu, nous ne disons pas que la violence exercée contre les forces de l’ordre soit légitime, notamment dans ces manifestations en Grèce. Ce n’est pas par la brutalité dans les manifestations que l’on va règler le problème. Le film “bataille à seattle” montre bien ça.

Nous le répétons. Il faut en finir avec l’exhibition de la violence au sein de l’espace public et repenser politiquement l’humanisme. Il faut que l’Etat revoit ses politiques publiques et impulse dans la société des conditions sociales évitant la plongée dans la violence. Le capitalisme ne peut qu’engendrer l’autoritarisme. Il faut revoir les politiques publiques de santée, scolaires, culturelles et créer un monde commun où les individus se sentiraient utiles, épanouies, importants, que ce soit au sein de leur travail ou de leur foyer.

Widad-Raja : quand foot et convivialité arrivent à être combinés grâce à la communication

novembre 19, 2008

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Dimanche dernier, on est allé voir le derby Widad-Raja avec Thomas. Superbe match. Super ambiance. Ca chantait dans les deux cops respectifs du Widad et du Raja. C’était sympa de voir les deux camps de supporters encourager leur équipe. Côté communication, on a senti que les dirigeants ont fait des efforts pour éviter les violences des années passées. C’était beau de voir entrer sur la pelouse deux supporters du Raja et du Widad, et de les voir s’échanger les drapeaux devant les supporters. Ca, c’est de belles actions de communication. Je crois que ces actions symboliques pronant aux supporters l’amitié et la fraternité entre deux équipes rivales valent mieux que toutes les mesures répressives. Le foot, c’est aussi la convivialité et l’amitié pour l’adversaire. J’ai adoré voir dans les tribunes où nous étions assis un père de famille avec ses deux filles, une habillée en rouge et étant pour le Widad et une autre vêtue de vert et pour le Raja. J’ai trouvé ça génial, comme de voir les supporters du Widad et du Raja aller au stade ensemble le long du boulevard d’Anfaa. D’ailleurs, même si je suis pour le Raja, je me suis retrouvé lors de ce derby dans la tribune du Widad. C’était bien de voir que finalement les supporters de l’équipe adverses sont comme moi. Dans la tribune où nous étions, Thomas et moi, il y avait des familles vêtues de rouge, des jeunes, un papa et sa fille de trois ans sur les épaules, des filles avec le maillot du widad, une grand mère qui emmenait au foot ses petits enfants…J’ai trouvé ça merveilleux…C’est ça le foot et pas des hooligans qui font fuire les autres supporters et ne sont là que pour se mettre sur la tronche…Ces gens là il faut leur interdire l’accès des stades !!! Non, là les publics étaient géniaux…J’ai d’ailleurs fait le pari avec Thomas que si le Raja marque je crie hourra, même si on est dans la tribune du Widad…Bon dommage, ils ont pas marqué…C’est même le Widad qui a dominé, surtout sur la fin, avec deux actions très chaudes (et un bel arrêt du gardien)…Bon, j’espère que le derby retour sera aussi bon…en tout cas, cette fois ci, on sera dans le camp du Raja   

 

Asia Argento : album

juillet 1, 2008

Merci à Nicolas NSB pour ces infos sur Asia Argento qui vient de sortir un album que l’on a hâte d’écouter lorsque nous serons en France. En attendant il y a des liens suivant où l’on peut lire des choses là dessus et un vidéo clip à voir  :

Info sur la compil’ 3cd ”Selected by Asia Argento” (mais pas trouver d’extraits à écouter, nulle part) :

http://www.goodymusic.it/antibe/album.asp?id=451

Pour voir le vidéo clip : http://www.youtube.com/watch?v=BubXYCoL_E0

 

 

 

Mini-album en écoute sur Myspace :

http://www.myspace.com/refugeantipop

En finir avec l’exhibition de la violence au sein de l’espace public

juin 11, 2008

L’avenue Mohamed V de Rabat. C’est très joli. Ca rappelle les Champs Elysée à Paris, Omonia en Grèce. C’est là où on pourrait se balader en famille quand les enfants ne sont pas à l’école, le mercredi après midi ou bien les week-end. OK. Toutefois, allez-y alors le week-end !!! Dans cette belle ville de Rabat, il faut éviter d’aller le mercredi après midi du côté de Mohamed V. Pourquoi ? Parce que vous risquez d’être pris malgré vous dans les charges que les forces de l’ordre font de temps en temps sur les gens qui viennent manifester devant le Parlement. Et là, vous risquez de vous retrouvez à courir, de voir des scènes choquantes (des gens qui crient ou qui saignent, d’autres qu’on tabasse), voire de prendre des coups. Concernant l’actualité, nous renvoyons à ce que nous avons dit au sujet des teletubbis dans un précédant article. Notre blog n’est pas politique. Il n’entend pas prendre position pour une cause mais il ne peut pas non plus rester indifférent face à ce qui se passe autour de nous. Depuis deux ans, j’évite de passer par l’avenue Mohamed V en raison des spectacles violents que j’y ai vus. Remarquez on peut voir cela partout. En France, en Grèce etc… Une fois, à Amiens, je suis passé devant une manif de lycéens et j’ai failli me prendre un pavé en pleine figure, lancé par un des jeunes. J’ai vu également charger les CRSS et c’était pas beau à voir. Pareil à Rabat. Toutefois, est-ce que cela implique qu’il ne faut plus mettre le nez dehors, sous peine de se retrouver pris dans tel ou tel rodéo. Il faut distinguer le manifestant, qui vient revendiquer une cause et s’attend à une intervention violente contre lui, du passant, qui n’est là que de passage et n’a rien à avoir avec ceux qui luttent, y compris par des moyens pacifiques, pour l’obtention de quelque chose. Dans le journal marocain « Au fait » du 11 juin 2008, les affrontements de Sidi Iffni font la une et le titre attire l’attention sur une intervention très violente qui n’a pas épargné les habitants du lieu (Sur les manifestations  http://www.rfi.fr/actufr/articles/102/article_67212.asp ; http://www.afrik.com/article4076.html)

Est-ce que les passants, notamment des mamans et des enfants, qui traversent Mohamed V, ou bien les habitants de Sidi Ifni doivent être victime de la violence que l’on y rencontre lorsque le politique décide de déloger des manifestants ? Pour parler encore des enfants, est-il normal qu’ils soient exposés à ces scènes de bagarre, de conflit, où l’être humain frappe son frère humain? N’a-t-on pas de spectacle plus digne à leur offrir ? Des touristes qui passent là par hasard sur l’avenue Mohamed V ou bien qui boivent leur café sur la terrasse de l’hôtel Balima doivent-ils aussi retenir ces images du Maroc, à côté de celles que leur proposent Paris Match ou M6 ?

Pour ma part, je pense que ces tristes spectacles de violence doivent être éradiqués de l’espace public. C’est un autre Maroc qu’il faut montrer aux enfants, aux citoyens et aux touristes qui traversent non seulement cette belle avenue Mohamed V mais également tout le pays.

Quoi de neuf au niveau de l’actualité ?

juin 5, 2008

Chargée en ce moment, l’actualité…Ah oui, nous dit-on, il se passe plein de trucs en ce moment…Le mariage musulman annulé en France car la fille n’était pas vierge, l’investiture remportée par Barack Obama, Roland Garros…Mais bon, nous, on est pas là pour donner notre petite opinion sur tout ça et dire ce qu’il faudrait faire ou ce que l’on en pense…Par contre – c’est important de le dire – il est l’heure…Oui, il est l’heure…DES TELETUBIS…C’est l’heure des Teletubis !!! Timkiwinki, Dixi, Lala, Poh…Ma fille les adore…On va mater ça ce week end, peut-être avec des glaces…Du pure bonheur…Dans ce monde parfois terrible, faut savoir profiter de ces petits rayons de soleil que vous offre la vie…