Archives pour octobre 2009

pick up entre des deleuze et des nietzsche et autres devenirs

octobre 24, 2009

Voilà ci dessous un poème écrit par Wadii Charrad, un étudiant qui m’a fait l’amitié de suivre mes cours avec beaucoup d’assiduité et avec beaucoup de regards critiques. Je garde le précieux souvenir de ces matinées où, connaissant ma ponctualité et mon désir de commencer les cours à 8h30 pile, il était là à 8h15, histoire de parler un peu des séances, de cinéma ou des auteurs comme Deleuze ou Sartre. Je lui souhaite la belle carrière artistique qu’il envisage de faire …Ci dessous, le poème nous invite à oublier l’immobilisme des identités figées du “je” et de suivre le courant, le flux de la vie, à l’image de ce bateau ivre chanté par Rimbaud. “Le fleuve du corps me fait flotter” nous dit l’auteur, qui nous propose un “envoutement” des sens  plein de cette joie dyonisiaque dont parle si bien Nietzsche.

 

“Je” se jette dans son humeur
Qui n’empêchera pas la révélation d’une stupeur,
Engageant des mouvements,
Mêlant des « événements »
« Gai savoir », « j’ »entends libérer,
Point de symptômes, point de pensées à imager
« Le fleuve du corps » me fait flotter
Sur des mystères reposants et gais
« Une affaire de vie » me porte et s’affirme,
Loin de touts les représentations et le « Dasein » qui enveniment
« Inter-être », « je » me dispose à vous,
« Homme qui se prend au sérieux », qui êtes-vous ?
Pluies ensoleillés, brumes précaires,
Faites-moi chavirer sur des céans éphémères
Provoquant ainsi l’illusion de l’unité,
Prémisse de vitesses fragmentées
Qui, telle une musique, foisonnent
« S’affectent » et non se cantonnent
Dans des « arborescences » rigides,
Dans une herméneutique perfide,
Dans des « micro-fascismes » arides,
Microclimats, envoutez-« moi »,
Arrachez de mes viscères les jugements du « sur-moi »
« Quelle erreur d’avoir dit le ça » !
Le résultat et là !
Misogynie et pornographie au quotidien
Triomphe du raisonnable qui momifie les humains
Le capitalisme, contrairement à « vous »,
A compris vos corps
Et vous récupère à mort
(In) continents malades,
Vibrez au son de la sensualité
De l’érotisme et de la curiosité
Que votre vie soit « fête »,
Sans substances illicites qui vous immiscent
Dans l’Idéal et dans les couples faux-métis
« La drogue fait délirer parfois,
Pourquoi je ne délirerai pas sur la drogue ! »
« Amour courtois », révèle-toi,
« Charme », reviens sans « Moi »,
Sans raison-lumière et sans « faire le point »,
Laisse couler ta pureté, ni plus ni moins
« Je » te quémande sans avoir à être servile,
« Dividualise » ton énergie volatile
Dans les « steppes » ET dans les campagnes ET dans les villes,
Donne un sens à la vie,
Sans être sensé,
Sans qu’il soit, par nous, recensé
« Dieu est mort »,
L’Homme ne s’en est jamais remis,
« mai 68 n’a jamais eu lieu »,
Le « nihilisme » non plus,
« Nous » sommes portés par des « flux »
Sonnez en nous instincts diffus,
Peuplez-nous d’un « monde »,
« Ré enchantons le monde »,
« Chacun a son propre monde »,
Une phrase psychanalytique immonde,
« Fuis en nous immobilité du nomade »,
Ne laisse guère place à une connexion sédentaire bavarde,
Mobilisant les gens qui, sans arrêt, clavardent,
Une « solitude souterraine »
Et non l’isolement qui coule dans nos veines,
Citoyens du monde,
« Devenez » « des êtres sans patrie »,
Ce ne sont pas des verbes au mode de l’impératif,
Ce sont « des verbes sans sujet » qui saisissent au vif
« je » fait fuir son sujet
Qui fait de « nous » des codes et des sujets
En ayant à se définir,
Nous passons pour des anonymes
« Ô peuple moléculaire »,
Délivre de nous de cet anonyme
Et dansons sur le rythme des « innommables ».
« Le voulez-vous ? »

Wadii Charrad

This picture was made by Walter Rafelsberger, Computational Information Designer.
the original image can be found here:
http://www.metaportaldermedienpolemik.net/blog/Blog/2008-02-07/foafoafoafoafoaf

Soutien à la presse marocaine

octobre 24, 2009

Le métier de journaliste, comme le rappelle le très bel édito de Libération du samedi 17 octobre, implique en effet une déontologie et une éthique professionnelle. La presse ne peut diffuser de fausses informations ou bien révéler n’importe quoi qui puisse porter atteinte aux individus. Elle est un acteur qui agit au sein de l’espace public et de par le fait qu’elle communique publiquement, elle doir respecter les lois de la cité qui sont là pour garantir le bien commun de tous. Toutefois, est-ce que la régulation de la presse signifie pour autant sa mise au pas. est-ce que le respect de règles déontologiques implique la soumission des journalistes aux pouvoirs politiques ou économiques qui cherchent selon les mots de Naomi Klein dans “No logo” à “privatiser l’espace public”, c’est-à-dire à s’approprier personnellement un espace de communication qui est censé  appartenir à tous. Respecter une certaine déontologie journalistique ne signifie pas que la presse doit être “la muse enrolée” du pouvoir ou bien qu’elle doit raconter des récits sans polémiques censés satisfaire tout le monde. Etre journaliste, ce n’est pas contribuer à des journaux dont le contenu ressemble à des dessins animés du style de Dora ou des Télétubbies. Le public n’est pas un enfant à qui on raconte des histoires à l’eau de rose et, contrairement à ce que l’on pense, il n’est pas dupe de ce qui se passe autour de lui.

La presse ne s’adresse pas à une masse uniforme et homogène qui interpréterait de la même manière les informations qu’elle contient. Les publics sont hétérogènes et les appropriations varient selon les caractéristiques sociales des interprètes. C’est là que le journalisme s’inscrit dans ce que l’on peut appeler un espace public démocratique et qu’il contribue à la démocratisation de la cité, en informant de manière pluraliste et éthique les citoyens qui sont suffisament éclairés (notamment grâce à cette presse mais aussi en raison des facultés mentales qui sont propres à chacun) pour lire de manière critique les journaux qu’ils ont sous les yeux. Les gens peuvent adhérer ou non aux informations qui leur sont destinées, voire être indifférents à leur égard. Si l’on part de l’idée que les média sont des acteurs capitaux du processus de démocratisation entamé au Maroc depuis la fin des années 90, on ne peut pas leur repprocher de faire preuve d’esprit critique, notamment en parlant des éléments intolérables existant au sein de la société marocaine ou bien en apostrophant les autres acteurs de l’espace public lorsque des actes se fesant dans la sphère privé méritent d’être énoncés publiquement. La démocratie, c’est le respect de la liberté d’expression à partir du moment où celle-ci est au service du bien commun de la cité. Il ne faut pas instrumentaliser la notion de déontologie pour museler une presse qui joue son rôle critique dans l’espace public. Depuis le procès au caricaturiste Khalid Gueddar et au journaliste Taoufiq Bouachrine suite à l’affaire des caricatures sur un membre de la famille royale parue dans Akhbar Al Yaoum jusqu’à l’interdiction du journal Le Monde du vendredi 23 octobre, la presse au Maroc a connu une rude semaine !! Pour ma part, j’ai la chance de collaborer de temps en temps avec l’équipe du Journal hebdomadaire. Je ne remercierai jamais assez la grande journaliste et directrice de publication qu’est Kawtar Bencheikh, qui m’a formé aux techniques de l’écriture journalistique avec beaucoup de gentillesse et de patience, et qui m’a introduit auprès de l’équipe du Journal hebdomadaire, en m’invitant à certaines réunions de rédaction. J’ai pu connaître des journalistes professionnelles avides de contribuer à la démocratisation du Maroc. Ces derniers ont le souci de renforcer la dignité des citoyens de ce pays en rendant public les choses inacceptables mais en parlant aussi de ce qui fait la grandeur de ce pays tant au niveau de son histoire et de sa culture que des actes citoyens existant au son sein. J’ai été amené à fréquenter des journalistes qui sont l’honneur du Maroc, de par leur professionnalisme et la qualité de leurs écrits. Je pense à Hicham Bennani, à Laétitia Dechanet, Aziz El Yacoubi, Hicham Oudaïfa, Fedoua Tounassi etc, ainsi qu’à des gens qui sont passés par le Journal, comme Gypsie Allart ou Omar Brouksy. Depuis  quelques semaines, l’hedomadaire pour lequel travaillent ces personnes s’est vu ”menacé de mort” – pour reprendre les termes de l’éditorialiste Aboubakr Jamaï – suite à la venue d’un huissier pour notifier la saisie des comptes bancaires. La disparition de ce journal de l’espace public marocain serait une perte importante pour la société tout entière, y compris pour le pouvoir qui en perdant l’un de ses principaux critiques perd également une part de la légitimité du processus de démocratisation qu’il cherche à mettre en oeuvre et à exhiber publiquement sur la scène internationale.

 

   

THE WALL

octobre 19, 2009

Alan Parker est un réalisateur qui nous a marqué à une certaine période, avec des films tels que “Birdy” ou “Angel Heart” (notre ami Nicos NSB se souviens bien de l’enthousiasme avec lequel nous foncions dans les salles de la côte à chaque nouveau film).

« The wall » est sorti en salle en 1982, à un moment où le mur de Berlin n’était pas encore tombé, et est bâti à partir de l’album des Pink Floyd du même nom. représente un coup de cœur que l’on a voulu passer, M. Brun et moi-même, aux étudiants de COM’SUP (du moins à la poignée de motivés qui ont pu venir ce vendredi après midi au Studio). Que représente « The Wall » ? Certainement pas un long métrage théoriciste dont il faudrait chercher la bonne interprétation. Il s’agit plutôt d’un énorme délire cinématographique qui, un peu à la manière d’une vague, vient heurter les émotions et le vécu du spectateur. C’est à partir de la subjectivité de chacun que les différentes visions (et donc les différents sens) de ce film se construisent. Les scènes où les dessins animés se mélangent à la réalité, où les visions apocalyptiques construites à partir d’un excès de drogue mélangent présent, passé et futur, sont prodigieuses. Je pense aux scènes tournant autour de la piscine, où Pinkie est en train de flotter dans un bain de sang après avoir péter les plombs sur une groupies à partir d’un souvenir douloureux lui rappelant la fin de sa grande histoire d’amour ou bien s’être rappelés les passages de son enfance où l’absence du père s’est faite cruellement sentir.

 

 

Pour ma part, j’ai vu ce film peut-être six ou sept fois, et chaque vision est ressentie de manière différente. Par exemple, la première fois que j’ai vu ce film, c’est en 1987. J’étais encore au Lycée (je commençais à m’enthousiasmer un peu culturellement), je connaissais les Pink Floyd, j’aimais bien faire la fête avec les potes et j’aimais pas l’ordre, les profs austères, l’autorité (ah le fameux cri anarchiste « vive libre ou mourir !!» des Bérus !!!, qu’est-ce qu’on l’a crié !!!). J’avais été sensible aux scènes où les étudiants fracassent les portes avec des chaînes, entrent dans un conflit parfois violent avec la police et s’approprient les espaces publics qu’ils détruisent ou incendient. Je me disais c’est super, c’est cela qu’il faudrait faire (sans jamais être passé à l’acte). Aujourd’hui, maintenant que je suis prof, je suis quand même sensible à ces scènes mais je les vois plus comme des métaphores, des images. « We don’t need no education, we don’t need no thought control ». Peut-être que ces paroles ne signifient pas que l’on doit tout laisser faire aux enfants mais qu’elles rappellent simplement que l’éducation n’est pas synonyme de dressage ou d’élevage animalier. La liberté, c’est pas l’anarchie ; c’est pas faire ce que l’on veut. C’est pas,  par exemple, se détruire, s’auto-détruire dans un  excès de drogue. Foutre le feu, tout casser, ça défoule peut-être mais ça n’a jamais rien changer non plus. Puis, comme le montre également le film, les fascistes aussi à un moment ils cassent tous, ils mettent le feu et détruisent tout. On pourrait transposer les mises en garde deleuzo-guattarienne de l’Anti-Œdipe à celles qui semblent surgir dans « The Wall ». Le film semble en effet mettre en garde contre cette tentation révolutionnaire qui peut se reterritorialiser sur le fascisme. Les mouvements visant à émanciper et à promettre la liberté peuvent se changer en dictature ; et de ce point de vue, « The Wall » est un film profondément anti-totalitaire, tant au niveau du fascisme et du nazisme que du stalinisme. C’est aussi un film qui interroge les régimes démocratiques. « The wall » fait étrangement écho aux thèses de Herbert Marcuse dans les années 60. L’image du mur ressemble étrangement à ces foules solitaires décrites dans « L’homme unidimensionnel ». Les démocraties ne sont pas uniquement cette image idéale que nous vante la théorie politique. Il s’agit de régimes pratiques qui ont eux aussi leurs limites. Ce sont les démocraties libérales de l’Europe qui lors des deux guerres mondiales ont fait des soldats de la chaire à canon. Ce sont les démocraties libérales de l’Europe qui ont inventé ces systèmes scolaires quasi-carcéraux où les enfants sont brisés par une discipline de fer, similaires justement à celle des camps militaires, où les soldats sont des machines programmées à obéir quel que soit l’ordre. Ce sont nos démocraties qui produisent toutes sortes de murs, derrière lesquels on se réfugie, on se camoufle, on se coupe des autres. La drogue, la télévision, l’enfermement chez soi, l’enfermement dans ses souffrances, ses souvenirs douloureux, ses échecs, ses angoisses et ses traumatismes ; tout cela forme les briques d’un mur que l’on dresse entre soit et les autres, entre soit et le monde. Et devenant ainsi, en mettant des murs entre soit et le monde, entre soit et la vie, on devient soit-même une brique, une brique comme toutes les autres briques de ce mur incarné par la masse homogène et uniforme des soldats prêts à mourir au combat ou bien de ces étudiants soumis à l’embrigadement scolaire et prêts à rejoindre docilement les rangs des entreprises.

Présentation de l’ouvrage de Jean Zaganiaris, “Penser l’obscurantisme aujourd’hui, par-delà ombres et lumières”, Editions Afrique Orient

octobre 8, 2009

 

Mercredi 14 octobre 2009 à 19h – Villa des arts de Casablanca (discutant M. Thomas BRUN)

Vendredi 30 octobre 2009 – 18h30 – Librairie Kalila wa dimma (Rabat)

 Il s’agit de penser l’obscurantisme aujourd’hui à partir non pas d’une définition mais d’une opposition qui est celle entre “monisme” et “pluralisme”. « L’obscurantisme se retrouve dans les pratiques sociales qui refusent le pluralisme des modes de vie et de pensée existant et tentent d’imposer des vérités uniques, des dogmes, des moralismes religieux et non religieux ». Il serait absurde de réduire l’obscurantisme à sa dimension religieuse, comme le font notamment les discours islamophobes. Il existe des formes d’obscurantisme non religieux telles que la raison d’Etat, le machisme, le racisme, le capitalisme. Ce sont les jalons d’une réflexion sur tout cela qui sont posés dans ce livre.

Jean Zaganiaris est docteur en sciences politiques. Il est l’auteur de Spectres contre révolutionnaires, interprétations et usages de la pensée de Joseph de Maistre (XIXe-XXe siècles), Paris, L’Harmattan, 2006. Et avec Edwige Rude Antoine, Croisée des champs disciplinaires et recherche en sciences sociales, Paris, Presses Universitaires de France, 2005. Il est enseignant et coordinateur pédagogique à COM’SUP, Ecole supérieure de Publicité et de Communication.

 

Cette présentation à la villa des arts a été super sympa ; merci à toutes les personnes qui sont venues ce soir là ainsi qu’à l’équipe professionnelle pour son accueil (et le très bon thé à la menthe offert dans le jardin). Cela m’a fait plaisir de voir ou de revoir tout ce beau monde : Christiane, que je félicite pour la parution prochaine de son premier roman, les militants d’ATTAC, notamment Souad, Omar, Linda (qui ont posé des questions importantes et qui posent toujours des questions importantes à l’espace public marocain),  Mohamed Mouaqit (dont le dernier livre est passionnant), Abdellah Amallah, ainsi que les étudiants de l’école COM’SUP, qui ont pu voir un type spécifique de communication (conférence/débat) et qui ont, comme notre ami Reda, pu poser des questions sympa. J’ai été content aussi de faire la connaissance de certains lecteurs ou certaines lectrices, notamment de Marrakech, ainsi que de rencontrer M. Taleb, avec qui nous avons parlé foot.

Un merci particulier à Thomas Brun, qui a fait le modérateur de cette séance, avec talent et brio. La présentation du livre, accompagnée de citation de Camus et de Kant, m’a beaucoup plu.

Bon, en tout cas, c’était bien sympa tout ça …

Le FUS nous a encore fait vibrer !!!

octobre 3, 2009

Après le match nul arraché de justesse contre l’OCK, les joueurs du FUS ont encore montré leur courage hier soir lors du déplacement à Safi en ramenant le point du match nul face à l’OCS, en égalisant par un superbe but de Jamal Tricky à la 81e minute. Ce que l’on aime dans cette équipe du FUS, à l’image de Montpellier ou de Boulogne dans le championnat français ou bien de Asteras Tripolis dans le championnat grec , c’est la tenacité des joueurs. Que ce soit contre l’OCK ou bien contre OCS, ils ne lachent rien et ils se battent jusqu’à la dernière minute. C’est une qualité qui mérite d’être souligné. Finalement, le fait de regarder des match de foot à la télé peut nous donner une belle leçon sur la vie. La vie, c’est comme un match de foot, presque comme un championnat (c’est toujours comme ça que j’ai pensé ma vie d’étudiants et que je pense mon métier d’enseignant; une année scolaire, c’est comme une saison de championnat). Dans la vie comme dans un match de foot, on fait une erreur, on paie souvent cache. Dans la vie, on a l’occasion de tout donner, de se battre, de faire tout ce qu’il faut et on reste quand même soumis à la contingence des choses. Lors de la 1er journée, le FUS a fait tout ce qu’il a pu contre le WIDAD. Ils ont ouvert le score, ils ont fait un jeu offensif et beau à voir. Cela ne les a pas empêché de perdre 3 à 2. Par contre, lors des rencontres contre l’OCK et l’OCS, ils se sont battus jusqu’au bout et ont été récompensés.

Hier soir, les deux équipes ont montré un jeu engagé, offensif, qui a fait plaisir à voir. Chacune d’entre elle aurait pu l’emporter. Un arrêt remarquable du gardien du FUS vers la fin du match a sauvé les joueurs rabatis de l’enfer mais eux-mêmes auraient pu aussi marquer dans les dernières minutes. On attend avec impatience le derby FUS-FAR et on ira encourager les joueurs au stade, en espérant que ça sera leur première victoire !!!

Libérer Roman Polanski

octobre 1, 2009

L’affaire Roman Polanski rappelle étrangement les visions de Michel Foucault dans Surveiller et Punir, où la société capitaliste est présentée non pas comme une société permissive et libérale mais comme une société où la marchandisation des choses est conjointement liée à une répression accrue des êtres. Il est navrant de constater qu’un hommage fait à l’un des plus grands cinéastes se soit changé en une arrestation policière et est fini par un enfermement (le mot cher à Foucault). Bon, on va pas être les premiers et les derniers à crier Libérez Polanski mais bon on avait envie de le faire. On a adoré certains de ses films. Deux sortent du lot pour nous : Lune de fiel et la 9e porte. Tous les deux sont avec la superbe Emmanuelle Seigner, qui dans chacun d’eux joue le personnage de cette femme troublante, tantôt fatale (Lune de fiel), tantôt muse (La 9e porte).

Dans Lune de fiel, librement adapté d’un roman de Pascal Brukner, on voit l’histoire d’amour tragique entre un écrivain raté vivotant à paris et une jeune apprenti danseuse. Des payasages superbes de Paris (tels que l’on en voit aussi dans Frantic) sont accompagnés de la musique de Vangelis. Tout marche à l’expérimentation des plaisirs et des souffrances dans ce film savament orchestré par Roman Polanski.  

Dans la 9e porte, on voit les aventures d’un détective du monde des livres parti à la recherche d’un livre de magie noire. Plus que l’histoire ou bien la logique des choses, c’est l’athmosphère du film qui nous a conquis. Le monde est une bibliothèque dans laquelle on recherche un livre. Mais cette bibliothèque est aussi un labyrinthe dans lequel on se perd. Tout tourne autour de cela. Le héros, superbement incarné par Johnny Deep, voyage dans le monde sans savoir où il va. Il se perd, que cela soit dans les rues espagnoles et françaises ou bien dans les yeux d’Emmanuelle Seigner, qui l’accompagne tout au long de sa quête jusqu’au dénoument final.  

Par contre, il serait inacceptable de dire qu’il faut libérer Roman Polanski en raison de la qualité de ses films. Bien évidemment, il est question de victime dans cette affaire et  le problème n’est pas de savoir si elle consentante ou pas. C’était une gamine à l’époque et même si un courant dans ces années là militait pour la dépénalisation des rapports sexuels consentants entre majeurs et mineurs, pour ma part je ne partage pas cette thèse soit disant “libertraire”. En dessous de 18 ans (ou de 20 selon le pays) on est mineur – bref y’a un passage de la vie qui fait partie de l’enfance et qu’il faut protéger par la loi. Donc Polanski, lorsque les faits se sont produits aurait dû faire de la taule (d’autant plus qu’il reconnait qu’il ya eu rapport sexuels avec la fille, qui aurait été consentante !!! on croit rêver). Bref là, il aurait fallu qu’à ce moment  il y ait application de la loi. En même temps, il ne faut pas confondre la victime réelle, en chair et en os, telle qu’elle existe réellement, et la victime médiatiquement construite pour servir de légitimation à l’incarcération de Polanski. Parfois, à lire certains journaux, on a l’impression que cela s’est passé hier !!! C’est en ce sens que nous pensons qu’il faut libérer Polanski. Si la justice n’a pas été capable de le mettre en détention plus tôt pour le crime qu’il a commis, c’est qu’il y a peut-être un problème ; tout comme il y en a un au niveau de la manière dont s’est faite l’arrestation. Ca, c’est quelque chose que je trouve grave, inédit (Polanski n’est justement pas un ancien nazi vivant caché mais queqlu’un qui évoluait librement toutes ces années, président du festival de Cannes je sais plus quand etc) ; ce qui me gène, c’est que l’on brandit la figure de la victime pour faire passer la pillule sur des mesures qui  posent problème (la victime bien sûr doit être prise en compte, même si j’ai cru lire, entre autres, qu’aujourd’hui elle ne souhaite pas que l’on poursuive Polanski et qu’elle veut qu’on lui foute la paix). Pour moi, c’est là le problème, c’est pas aujourd’hui en foutant polanski en taule, à 76 ans, qu’on va réparer quoi que ce soit, notamment dans la vie de cette femme.

 Après c’est vrai que j’aime certains films de polanski mais si ça serait un autre réalisateur dont je n’aime pas les films ça serait pareil. On peut pas mettre les gens en taule comme ça, on les laisse libre et puis quand ça nous chante on les arrête et on les enferme ;  je pense que l’on doit pas rendre justice comme ça et que beaucoup de chose ne se règle pas non plus devant un tribunal à partir d’un certain moment.