Archives pour février 2009

Mickey ROURKE, The wrestler

février 18, 2009

Ce week end, on a vu le dernier Mickey Rourke. C’est un acteur dont on avait adoré la préstation dans des films tels que “L’année du dragon” ou “Rusty James”.  Cela fait plaisir de le voir revenir dans ce petit bijou réalisé par Darren Aronofsky. Le film raconte l’histoire d’un catcheur assez connu mais un peu précaire (un peu à l’image du boxeur de “Homeboy”), qui va faire un infractus après un combat particulièrement violent. Le film démarre en montrant la carrière de “Jam”, qui s’étale sur plus de vingt ans. Le type a dépassé la quarantaine mais a du mal à décrocher, tant avec les plaisirs intenses du ring qu’avec la préparation du show (la musculation, le brooshing, les uv, puis l’entrée sur le ring avec la musique et les applaudissements). Et après son arrêt cardiaque, il cherche à se raccrocher à autre chose, à sa fille qu’il a pas vu depuis des années, à un amour difficile, à un boulot sans inérêt. On l’aura bien compris, on est pas loin de la société du spectacle. La caméra suit l’acteur de dos, quand il rentre sur le ring, quand il rentre dans la boite de strip tease où bosse sa copine, quand il va voir sa fille, quand il rentre dans le petit local poisseux où il va exercer ses fonctions de vendeur. Tout ça est prodigieux. Le personnage de Mickey Rourke n’est pas éloigné de celui de la vieille dame de “Requiem for a dream”, qui veut passer à la télé et s’accroche à la spéctacularisation de soi, au prix même de sa propre vie. C’est sans doute cela la thématique première de “The Werestler”. Avoir quelque chose dans sa vie, qui lui donne sens. Avoir un sens à sa vie autre que celui de la chronologie qui mène de la naissance à la mort. Il y a quelque chose pour  ce catcheur qui est plus important que tout, que sa fille, que l’amour. Il est prêt à tout donner, à tout sacrifier pour les plaisir épprouvés sur le ring. Avoir un sens à sa vie peut avoir parfois un coût terrible. Le film attire l’attention sur ces passions qui peuvent donner une élévation à notre existence et être capables en même temps de nous détruire de la façon la plus brutale qui soit.    

Casanegra

février 6, 2009

La semaine du 25 décembre, on est allé voir Casanegra au cinéma. On s’attendait à un petit bijou, d’autant plus que Le regard, l’un des précédants films de Lakhmari, était un chef d’oeuvre. C’était un très beau film sur les dérives du colonialisme au Maroc. Par contre, on a beaucoup moins accroché à Casanegra. On nous dit “Allez le voir et le revoir, c’est génial etc”…Bon, faut arrêter un peu les conneries. C’est l’histoire de deux jeunes de Casa, avec leur galère, leurs états d’âmes, leurs rêves. Casanegra aurait pu être un bon film. Il y avait matière. Les belles images de la ville de Casa, avec son architecture particulière, les rêves brisés des deux amis, le sauvetage de tortue (sans doute la scène la plus intéressante du film), la tentation de la pègre (un peu à l’image de “Il était une fois le Bronx” de Robert de Niro), l’attention sur des problèmes de société (femmes battues, précarité des jeunes). Toutefois, qui embrasse trop finit par mal étreindre. Le film de Lakhamri s’enlise dans les clichés (la scène dans le cabaret est ratée, contrairement à celle de “Le Regard”) et dans un manque de structure profond, où les personnages du films ne semblent être que la bouche du réalisateur qui exprime telle ou telle de ses opinions personnelles sur la mendicité, la violence, la langue. La scène où l’un des personnages exprime sa rancoeur à l’égard d’une Casa où un bourge peut griller un feu sous pretexte qu’il a une grosse bagnole ou que les saoudiens viennent abuser des filles rappelle à fond celle de “La 25e heure” de Spike Lee…Toutefois, le film manque cruellement d’un scénario béton, d’un fil conducteur qui rassemble les parties éparses et aussi d’un certain recul. Ce qui est le plus génant dans le film est cette subjectivité érigée comme une sorte de vérité sur la ville, voire sur la vie. Il y a une “opposition de classe” radicalisé à l’extrême qui transparait tout au long du film et qui montre ce jeune amoureux d’une antiquaire (qui, au passage, a le tort de parler français et non arabe, ou bien d’aimer aller danser en boite de nuit !!!). On est loin dans “Casanegra” de l’éloge de la femme marocaine émancipée et indépendante !!! La seule femme forte est celle qui flirte dans le cabaret et sert d’objet de diverstissement aux hommes. Ce sont ces derniers qui sont érigés en personnages centraux dans “Casanegra”. Ce film est, disons le franchement, un film de “mec”. Pour reprendre Coluche, les femmes sont soit toutes des putes, soit toutes des vierges mais rarement dans l’entre deux (comme la cheikhat de “Le regard”, dansant derrière l’affiche de Marilyn). Rien que parce qu’elle est d’une autre classe sociale, la femme dont tombe amoureux l’un des héros du film  va le faire souffrire car lui n’est qu’un rejeton de la rue. Tout cela est accompagné de visions à la limite du nationalisme étriqué, où l’image des français (qui sont pourtant divers et multiples à Casa) se réduit à celle d’un pervers qui débauche les pauvres petites casablancaises et où le darigea est érigé de manière normative comme la langue qu’il faut parler, alors que les langages sont eux-mêmes multiples, y compris au sein de la darija. Contrairement à “Le regard”, le refus du pluralisme de la vie, des cultures (voire de l’interculturalité, au sens de mixité, de métissage, d’hybridité ) est présent dans le film. De plus, la fraternité et l’amitié ont un sens particulier dans Casanegra. A aucun moment celui qui a trouvé la grosse liasse de pognon ne va la partager avec son ami. Cet absence de recul critique sur l’individualisme et sur les rapports pas toujours francs entre les deux personnages donne au film un accent très particulier (et du coup inachevé) sur ce qu’est l’amitié. Si ça se réduit à galérer ensemble mais ensuite chacun pour soi quand il y a une pépite, dans ce cas on peut remettre en cause ce que signifie l’amitié. La construction médiatique présentant Casanegra comme choquant ou trash n’est guère fondée (“Marock” va beaucoup plus loin au niveau de la radicalité, en bousculant les tabous de la société marocaine, ce que Casanegra ne fait jamais vraiment). Bien sûr, nos remarques n’enlèvent rien à la qualité et à la gentillesse de Nourredine Lakhmari, avec qui nous avons discuté plusieurs fois. On attend avec impatience son prochain film !!!

Un manifestant lance une chaussure contre le Premier ministre chinois

février 3, 2009

J’ai trouvé ça génial. Dans un contexte où capitalisme et autoritarisme marchent main dans la main, il est bon qu’il y ait un peu d’air frais dans les facs, aussi traditionnelles soient-elles. Les JO de Pékin ont été une insulte au sport et il est dommage qu’aucun athlète n’ait eu le courage de dire publiquement quoi que ce soit sur place.

voilà ci dessous l’article sur yahoo

Un manifestant a lancé une chaussure lundi en direction du Premier ministre chinois Wen Jiabao qui prononçait un discours à l’université de Cambridge, au dernier jour de sa visite au Royaume-Uni, a constaté un journaliste de l’AFP. Lire la suite l’article

Le manifestant s’est levé et a lancé une chaussure de sport en direction du dirigeant chinois en criant “c’est un scandale”, avant d’être rapidement maîtrisé et expulsé de la salle, selon ce journaliste.

La chaussure est tombée à moins d’un mètre du Premier ministre qui s’exprimait sur une estrade dans une salle de concert de la prestigieuse université.

Le manifestant, un jeune homme d’allure occidentale vêtu d’un T-shirt, s’est également écrié: “Ce dictateur là-bas, comment peut-on écouter les mensonges qu’il raconte? Vous ne le contredisez pas”, avant de souffler dans un sifflet.

“Levez-vous et protestez”, a-t-il crié à l’adresse de l’assistance alors qu’il était évacué par les services de sécurité.

“Honte à toi, honte à toi”, lui ont répondu des spectateurs.

Impassible, le Premier ministre chinois n’a pas bronché pendant l’incident.

“Ce comportement méprisable ne saurait interférer dans l’amitié entre la Chine et le Royaume-Uni”, a-t-il déclaré, recueillant une salve d’applaudissements d’une salle apparemment composée essentiellement d’étudiants chinois.

Cet incident rappelle celui intervenu le 14 décembre à Bagdad au cours d’une conférence de presse de l’ex-président américain George Bush et du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki: un journaliste irakien s’était levé brusquement puis avait crié “c’est le baiser de l’adieu, espèce de chien”, avant de lancer ses deux chaussures sur M. Bush.

Un porte-parole de la police du comté de Cambridgeshire Police a indiqué que le manifestant avait été arrêté pour trouble à l’ordre public, sans plus de précisions.

Un des membres de la sécurité de l’université a déclaré que le protestataire n’avait “pas résisté” quand il a été reconduit à la porte de la salle.

Un surveillant a précisé à l’AFP que l’homme s’était levé et qu’il avait commencé à “protester”. Les membres de la sécurité lui ont alors demandé de se taire et de se rasseoir. Mais “il a continué, a enlevé sa chaussure et l’a lancée en direction de l’estrade… Les cris faisaient partie d’une protestation légitime mais lancer une chaussure, c’est quelque chose de différent”, a indiqué le surveillant.

Un porte-parole de l’Université de Cambridge a qualifié l’incident d’”extrêmement regrettable”. “Mais cela n’a pas gâché l’événement. Notre université est un lieu de débat, de discussions et de disputes respectueuses, mais pas pour lancer des chaussures”, a-t-il ajouté à l’AFP.

Le porte-parole a précisé que le protestataire avait agi seul, refusant de se prononcer sur son identité, et que son geste n’avait pas constitué de “menace sérieuse pour qui que ce soit à n’importe quel moment”.

La visite de M. Wen avait été marquée par l’arrestation de cinq militants pro-Tibet, dimanche lors d’une manifestation à Londres. La situation des droits de l’homme en Chine a été brièvement abordée par le Premier ministre britannique Gordon Brown lors de ses discussions avec son homologue.