Les derniers films 2011 : “Les boloss”, “the end” et Jess Franco

décembre 30, 2011

Ca y’est ! 2011 se termine tranquillement ! Le mois de décembre a été l’occasion de voir quelques films sympa du côté des deux rives

 

Tout d’abord, une superbe sortie marocaine : the end de Hicham Lasri !!! Avec “Un film” de Mohamed Achaour ou bien la sortie bis répétita de Fissures de Hicham Ayouch, 2011 montre bel et bien l’existence de ce cinéma marokain qu’on aime

The end raconte l’histoire d’un gardien de parking qui – tel le Francis Huster de L’amour braque – va tomber amoureux d’une femme toute aussi allumée que lui, qui se ballade dans la ville de casa avec son look punk et ses chaînes. Le problème, c’est que la fille a quatre frères braqueurs qui ne sont pas des tendres et contre lesquels le jeune gardien de parking devra lutter, suivi par un flic violent surnomé “le pitbull du système” (pitbull dial makhzen, ça sonne mieux). On a l’impression d’être dans un polar des frères Noor, dans Pulp fiction, dans du Zulawski…En tout cas, on en est sorti bien retourné

bande annonce + commentaire du film :   http://www.artisthick.ma/decouvrez-les-premieres-images-du-film-the-end-de-hicham-lasri/

Symposium international de sculpture Taroudannt

Ensuite, l’autre film très sympa vu au ciné c’est Les boloss. Ca ressemble à un american pie en Crète ! Quatre potes vont en Grèce pour faire des vacances qui se résument à aller en boite, à piccoler et à draguer des filles : “On va voir le palais de Knossos?” “Hé qu’est-ce que tu nous emmerdes à aller voir des vieilles pierres qu’on pourrait voir partout, on est là pour le sexe”. Le ton est donné. Les “chasseurs de moules”, comme ils s’appellent eux-mêmes, sont prêts à passer à l’action et à avoir leur premier rapport sexuel. Car l’enjeu – un enjeu qui est bien social – est d’en finir avec les frustrations du manque de sexe que procure l’adolescence ainsi qu’avec une certaine misogynie et un certain machisme, symboles de l’immaturité masculine. Le passage à l’âge adulte signifie le respect de la personnalité et du corps féminin, qui mène à la satisfaction sexuelle commune. Le respect du corps est d’ailleurs multiple. Le film montre très bien la jouissance que peut apporter une femme forte ainsi qu’une grande mince, voire une sexagénaire. Là encore, Les boloss s’inscrit dans le registre des american pie 3 et 5 ou bien de roadtrip, qui sont un hymne au pluralisme des manières de jouir et des corps jouissants !! Et on adore ça !!! Sans doute l’une des plus belles scènes du film est lorsque les trois gars (le 4e est trop bourré pour suivre et attend une fille qui lui a posé un lapin) se mettent à danser sur une piste d’une boite de nuit déserte. Ils avancent en dansant vers les 4 filles – leur équivalent féminin – avec la chanson “We dont’ speak americano”. Ils sont tous plus ridicules les uns que les autres, le savent, mais continuent d’avancer. Tout ceci montre la fragilité des masculinités avec un charme quasi fellinien

la bande annonce : http://www.dailymotion.com/video/xm4uzy_les-boloss-bande-annonce-hd-vostf_shortfilms

la chanson “we don’t speak americano” : http://www.dailymotion.com/video/xeinjy_yolanda-be-cool-we-no-speak-america_music

Les Boloss de Ben Palmer

 

Enfin, il serait dommage de ne pas faire référence à quelques bons plan vidéo recommandés par notre réalisateur préféré  (dont nous ne dirons pas le nom mais qui se reconnaîtra) !!!

Tout d’abord Vampyros Lesbos de Jess Franco, avec Soledad Miranda ( voir : http://www.sensesofcinema.com/2003/feature-articles/jess_franco/ ) !! Le mythe de Dracula revu au féminin dans une Turquie psychédélique. On y voit la mosquée bleue avec en arrière fond des airs proches de Deep Purple ou des Doors (Robe Grillet s’était servit de cela dans L’inconnue) et une histoire d’amour  entre une vampire et sa proie. Ensuite, un cycle José Benazeraf, avec le documentaire de 1975 “Anthologie des scènes interdites” mais aussi avec “Anatomie d’un meurtre” (lorsqu’une femme jalouse de l’épouse de son frère hésite entre la tuer ou se taper le jardinier) ou “Pat una donna particulare”, qui sont un mélange de Goddard et de Gérard Kikoine.

Ewa Stromberg and Soledad Miranda in Vampyros Lesbos

 

Et voilà !! 2011 se termine !! j’ai écrit ce petit texte avec “L’amour n’est rien” de Mylène Farmer dans les oreilles et en me disant que finalement ce qui regroupe tous ces films, depuis le couple de “The end” à ceux de “Vampyros lesbos” ou bien les “boloss” et autres personnages de Benazeraf, c’est le fait de profiter du plaisir, notamment celui qu’apporte l’autre ! après les révoltes politiques de 2011, est-ce que 2012 sera l’année des révoltes pour les libertés sexuelles et le droit aux jouissances multiples, sans le contrôle des bio-pouvoirs puritains

à voir …

Séminaire “Les gender studies au Maghreb”

avril 1, 2011

mardi 10 mai de 17h à 19h, EGE

Genre et pouvoirs publics    

 

Intervenant(s):  Houria Alami M’Chichi, Professeur en science politique; Yasmine Berriane, chercheur associé au CM2S, membre du GREGAM (Groupe de Recherche et d’Etudes sur le Genre au Maroc);  Jean Zaganiaris, enseignant-chercheur CERAM/EGE

 
La troisième séance du séminaire « la place du genre au sein des sociétés maghrébines » portera sur la question des rapports que les genres entretiennent avec les acteurs étatiques. Est-ce qu’il existe une indépendance des associations féminines ou bien celles-ci restent prisonnières des contraintes du champ politique avec lequel elles doivent composer ? Peut-on parler d’une force revendicative autonome des mouvements féminins ou bien faut-il insister sur les alliances qu’il est indispensable de passer avec les pouvoirs étatiques pour mettre en œuvre certaines actions politiques en faveur de l’émancipation féminine ? Pour réfléchir sur ces questions, nous aurons le plaisir d’assister à deux interventions abordant le genre à partir d’investigations empiriques menées sur des terrains concrets. 
 
Interventions:Houria Alami M’Chichi, Professeur en science politique : « Le féminisme d’Etat au Maroc »  
Yasmine Berriane, chercheur associé au CM2S, membre du GREGAM (Groupe de Recherche et d’Etudes sur le Genre au Maroc) : « Entre discours et application : la féminisation des associations locales, un processus ambivalent »Modérateur :Jean Zaganiaris, enseignant-chercheur CERAM/EGE

 

ANNONCE: Séminaire Genre, société et sexualité au Maroc

 

Mardi 05 avril de 17H00 à 18H30, EGE (Avenue Mohamed Ben Abdellah Regragui, Madinat Al Irfane, Rabat).

Deuxième séance du cycle de séminaires consacrés à la place du genre au sein des sociétés maghrébines. L’objectif de cette deuxième séance intitulée « Genre, société et sexualité au Maroc » sera de penser jusqu’à quel point les comportements sexuels ou bien les attitudes face à la sexualité, qu’ils relèvent de l’intime ou bien de la prévention, sont déterminés par le genre ? Cette question sera abordée à travers une approche sociologique, s’intéressant au domaine de l’éducation sexuelle, et une approche philosophique, centrée sur les enjeux politiques de la littérature marocaine.
Intervenants:

Abdessamad DIALMY, Sociologue, Professeur d’Université, Rabat : « Genre et éducation sexuelle au Maroc »


Jean ZAGANIARIS, Enseignant chercheur au CERAM (Centre de Recherche sur l’Afrique et la Méditerranée) : « Penser le genre au Maroc à partir de Michel Foucault : les enjeux politiques de la littérature marocaine de langue française »

Si vous voulez participer, inscrivez-vous par retour de courriel à l’adresse ceram@egerabat.com en indiquant votre Prénom/ Nom/ Occupation/ Institution/ Téléphone/ Mail

 

SEMINAIRE EGE Rabat: 1ère séance le 16 mars 2011

La première séance du Cycle de séminaires mensuels portant sur “La place du genre au sein des sociétés maghrébines”organisé par Jean Zaganiaris, Enseignant chercheur au CERAM se tiendra le 16 mars 2011 de 17h à 18h30 (lieu EGE Rabat, Avenue Mohamed Ben Abdellah Regragui, Madinat Al Irfane, Rabat).Cette séance portera sur: La place du genre au sein des espaces publics marocains : enjeux politiques et sociaux

  

Pour ce premier séminaire, l’objectif sera de comprendre la nature des rapports de domination mais aussi des interactions existant entre les genres, en focalisant l’attention sur la société marocaine. Celle-ci a connu une étape marquante de son histoire avec l’entrée en vigueur du Nouveau Code de la famille en 2004. Quel bilan pouvons-nous tirer aujourd’hui de la place du genre au sein des espaces politiques mais aussi sociaux du Maroc ? Peut-on parler encore de « domination masculine » ou de « société patriarcale » ? Peut-on dire que les droits politiques et sociaux en faveur des femmes ont connu un certain progrès ?

Intervenants:

Leila BOUASRIA, sociologue, chercheuse au GREGAM : « Négociation de rôles conjugaux au prisme du salariat féminin: le cas des ouvrières casablancaises ».


Mohamed MOUAQIT, Professeur à l’Université Aïn Chok de Casablanca, “L’idéal égalitaire féminin à l’oeuvre au Maroc: l’exemple de la réforme de la Moudawana”.
L’accès aux séminaires de recherche de l’EGE est de façon générale limité. Si vous voulez participez, inscrivez vous l’adresse ceram@egerabat.com en indiquant votre Prénom/ Nom/ Occupation/ Institution/ Téléphone/ Mail

Manifestations du 20 mars à Rabat

mars 26, 2011

 

Les événements qui se produisent en ce moment au Maroc nous amènent tout d’abord à être vigilants à l’égard des tentations du savoir immédiat et de la connaissance spontanée du réel. Les conditions sociales qui ont rendu possibles ces manifestations n’ont pas encore fait l’objet d’investigations empiriques sérieuses. Derrière les apparentes ruptures dites « révolutionnaires », il y a des continuités implicites et imperceptibles qu’il s’agit de mettre en évidence. Le mouvement du 20 février n’aurait jamais été possible sans d’autres actions plus ou moins indépendantes de lui. Sans être forcément lié à ces événements, il n’aurait peut-être pas existé sans l’Boulevard, qui donna l’occasion à une certaine jeunesse marocaine de s’impliquer politiquement au sein de l’espace public en mobilisant la forme artistique, ou bien sans les initiatives du mouvement MALI, emblématique d’une jeunesse minoritaire mais effective, bravant publiquement certaines formes de contraintes sociales. Il n’aurait pas non plus connu la même effervescence sans l’appui de traditions militantes bien ancrées historiquement dans le paysage politique marocain, du type de celle que procure l’AMDH qui partage nombre de slogans et de revendications évoqués par le mouvement du 20 février. A cela, il faut ajouter la nature extrêmement hétérogène des groupes sociaux qui ont été présents les 20 février, 13 mars (où l’on a vu à Casablanca des violences inacceptables) et 20 mars. Dimanche dernier, cette diversité réunie en un même lieu comprenait  des groupes d’adolescents avec à leur tête de nombreuses jeunes filles aux chants révolutionnaires, des femmes en niqab fermant la marche, avec des photos de leur mari emprisonné, des associations amazigh avec des pancartes réclamant que le Tamazigh soit la « langue nationale officielle », des militants d’une « révolution avec le roi », des partisans de l’extrême gauche ou bien les gens sans étiquette assoiffés de slogans libérateurs et de justice sociale. Les mouvements sociaux – que l’on associe à tort à ces images caricaturales de la « foule homogène » prônée par Gustave Le Bon –  sont le regroupement d’une multiplicité de personnes ou de militants aux revendications extrêmement hétérogènes, y compris au sein d’un même mouvement politique. D’ailleurs, il serait naïf de croire que tous les manifestants aux revendications diverses soient là uniquement par conviction ! Etre présent au sein d’une manifestation peut être également affaire d’intérêt, de stratégie individuelle. Cela vaut pour les jeunes et les moins jeunes. Dire que la manifestation du 20 mars est une « manif de jeunes » est un non sens. J’adore la chanson des Beruriers noirs « Coup d’Etat de la jeunesse » mais ce n’est pas cela que nous avons sous les yeux. A notre avis, ces manifestations reflètent plutôt les fondations fragiles d’une future société civile marocaine qui a voulu poser certains jalons. Bien souvent, la présence des militants est liée à des logiques de sociabilité et s’inscrit dans une disposition politique incorporée tout au long de la trajectoire biographique des acteurs. D’ailleurs, il est à noter l’absence de certaines minorités importantes du Maroc dans ces manifestations, tels que les mouvements de gays et lesbiens type l’association Kif Kif ou bien les communautés de subsahariens. De plus, il faut voir le nombre de gens  qui vous diront qu’ils se fichent de ce type d’événement. Quelqu’un nous a dit le lendemain de ces événements « Concrètement,  cette manif du 20 mars, ça ne va rien  changer à ma vie ! J’aurai le même salaire bas, j’aurai les mêmes tracas et je vais vivre encore les mêmes injustices ». On peut avoir des prédispositions pour aller dans ce type de manifestations mais il faut aussi écouter tous les discours et ne pas se dire qu’il suffit de communiquer pour obtenir l’adhésion, voire l’attention de tout le monde. Autant nous suivons de tout  cœur ces messages de liberté et d’émancipation que nous avons lus sur les réseaux sociaux, autant nous avons du mal à croire que ce sont eux seuls qui sont responsables de ces manifestations. Sans les réseaux de sociabilités bien réels et les logiques militantes hétérogènes, ces manifestations n’existeraient pas ! Nos précautions sociologiques signifieraient qu’il n’y aurait finalement rien d’extraordinaire dans ce mouvement ? Non au contraire ! Il s’agirait même peut-être de ce type de « miracle social » dont parle Pierre Bourdieu ! Tout d’abord en raison des slogans que nous avons vus au sein du cortège ! Cela fait sept ans que nous sommes au Maroc et c’est la première fois que nous voyons à Rabat une foule d’environ dix mille personnes marcher sur l’avenue Mohamed V avec des affiches du type «PAM dégage », « Article 19 dégage », « Fassi game over » ou « Stop Mawazine, people are poor ». En 2003, lors de notre première visite au Maroc, nous avions vu des diplômés chômeurs fuir devant le parlement les coups de matraque des forces auxiliaires ou bien des gens faisant un sit in devant la gare, avec pour certains la photos du roi dans les mains, et se faire violemment tabasser. Le 20 mars 2011, nous avons vu une foule devant les grilles du Parlement chanter à tue tête en réclamant la fin de la politique de répression et de corruption du Makhzen. Nous avons vu des femmes avec des panneaux « Women are coming ».  Nous avons vu des jeunes scander des slogans « Zenkha » (la rue), en demandant au gouvernement et aux nantis de « dégager ». Il y avait ces jeunes avec des t-shirt du Ché et des panneaux exprimant sans nuance « Nous ne céderons pas ! ». Une affiche invitait à la désobéissance civile.  Des pancartes avec des slogans du type « Les Fassi Fihri dégage », « Hima dégage », « Majidi dégage » et faisant référence explicitement à l’ONA, LYDEC, VEOLIA étaient brandis par des gens au sein de la foule. Un type se baladait avec une photo d’Abdelkrim El Khatib, le premier rifain. Des panneaux indiquaient «Les Marocains du monde entier veulent être des acteurs et pas des spectateurs du changement » et même « monarchie parlementaire dégage ». La photo de cette fille présente aux manifs du 20 mars avec un t-shirt indiquant «I don’t need sex ! Governement fucks me every day » est en train de faire le tour des murs de facebook ! Cela, nous ne l’avons jamais vu auparavant ! Cela ne signifie pas que ces personnes n’aiment pas leur pays ou qu’elles soient traîtres à leur nation ! Nous avons vu des gens avec le drapeau marocain, portant sur eux la main rouge sur laquelle nous pouvions lire « Ne vole pas mon pays ». A nos yeux, le moment le plus fort de cette manifestation a été en fin de matinée, lorsque nous marchions vers le Parlement avec cette foule avide de justice et de droit, et que notre regard a croisé celui d’une femme d’une cinquantaine d’années en bord du cortège, tenant par la main une personne handicapée en pyjama qui semblait être sa fille. Je n’oublierai jamais l’expression de cette femme, qui était un mélange de colère que l’on apprend quotidiennement à garder pour soit et d’hésitation à passer à l’action. Elle était là avec sa fille au bord de ce cortège qui semblait être quelque chose de radicalement inédit pour elle et puis, rompant brutalement avec tout ce qui aurait pu la freiner, elle s’est lancée dans la foule, en emmenant sa fille avec elle, et en marchant avec les gens pour exprimer son ras-le-bol.  J’ai vraiment honte d’écrire cela sans trouver les mots justes pour rendre compte de l’intensité de ce moment, qui est pour moi l’essence de ce Mouvement du 20 février. Mais peut-être que le pire aurait été de ne pas voir et de ne pas comprendre cela, avec nos yeux d’intellectuel. Quelles que soient les limites de ce mouvement, constitué de revendications hétérogènes et parfois inconciliables entre elles, ou bien les récupérations qu’il risque de connaître, notamment si le Makhzen cherche à s’appuyer sur le peuple pour écarter les puissants (Machiavel invitait à cette stratégie politique dans Le Prince), il a eu le mérite de vouloir renverser les rapports de domination verticaux entre les gouvernants et les gouvernés, et d’avoir permis aux citoyens de communiquer publiquement leurs critiques et leurs souhaits aux pouvoirs politico-économiques !

Jean Zaganiaris, Politologue.

Le dernier film d’Ovidie et Jack Tyler

décembre 31, 2010

“Histoire de sexe(s)” de Ovidie et Jack Tyler n’est pas un film x. Le titre joue l’ambiguïté et les sexe(s) dont il est question dans le fim sont avant tout des “genres” (au sens où l’entendent les tenants des gender studies), c’est-à-dire les hommes et les femmes. Le film raconte l’histoire de gens qui appartiennent à des sexes différents et qui parlent différement de sexe. Les femmes avec les femmes et les hommes avec les hommes. Les hommes avec les femmes et les femmes avec les hommes. Rappelant un peu le ton qui était dans “Les concubines” (ces réunions où les gens parlent et où l’action est dans ce qui est dit), le film raconte les expériences relatées par deux groupes d’amis dans deux soirées différentes. Le premier groupe est constitué par des femmes  : parmi elles, Nomi ( la maturité – un peu à l’image de Faye Dunaway ou Sharon Stone – lui donne un charme fou) et Lou Charmelle (dont les expressions de visages, surtout lors de la fin du film où elle prend son amoureux dans les bras, ravissent l’écran) incarnent les deux positions stéréotypés de la féminité de plaisir et de devoir. Le second par des hommes : Phil Holiday (le petit copain de la fille de Nomi), Sébastien Bario (marrant, comme d’habitude) etc. Chacun parle de ses expériences. Tout d’abord, dans la soirée des filles, il y a Jennifer (Amélie Jolie) qui raconte une de ces aventures sexuelles de l’instant. Elle vient d’avoir l’occasion de faire l’amour avec un mec et elle ne s’en est pas privée. Face à Lou Charmelle qui lui rétorque que le sexe sans amour est quelque chose de triste, elle s’indigne et dit que le plaisir sexuel et l’amour peuvent être parfois séparés ! En paralèlle, Sebastien Barrio parle d’une fille qu’il vient de sauter juste avant de venir à la soirée avec ses pôtes (la jolie Monica Sweet). Le ton est donné. Ce sont des sexes différents parlant différement de la sexualité mais qui ne sont pas pour autant prisonniers des différents rôles sociaux qu’on veut leur faire jouer. La femme peut avoir des envies similaires à celles des hommes et vouloir des aventures de passages (parfois intenses) autant qu’eux. Les femmes sont des êtres de plaisir (et ayant droit aux plaisirs hétérogènes de la sexualité) autant que les hommes. On n’est pas loin de l’intensité du désir asexué dont parle Gilles Deleuze. Ensuite, les femmes commencent à parler de l’échangisme, que pratique l’une d’elle, en buvant du vin blanc, pendant que les hommes sont en train de parler de leur petite amie en descendant du whisky (Phil Holiday, à l’image d’un Louis de Funès dans La soupe aux choux, dit qu’il n’a peut-être pas le salaire d’un ministre mais qu’à chaque fois qu’il reçoit des amis il a un bon whisky). Les scènes avec lui sont d’ailleurs magnifiques. A Judy Mynx, sa petite amie, qui lui parle d’un article où il est dit qu’un gros nombre d’homme aime la sodomie, il rétorque “Mais ne me parle pas de ce qu’aime la plupart des hommes, parle moi de ce que j’aime moi, de ce qui me fait fantasmer à moi…Peut-être que la sodomie, moi, ça ne me branche pas du tout et que je préfère autre chose”. On est carrément dans les thèses de Bourdieu autour de la déconstruction des sondages (voir le texte “L’opinion publique n’existe pas”). Il n’y a en effet rien de plus inadéquat qu’un pourcentage pour parler de l’hérérogénéité des fantasmes et des plaisirs sexuels des gens. Car, comme le montre le film, il n’y a de sexualité que singulières, plurielles, multiples. Ce sont les situations et les corps qui construisent nos comportements sexuels qui peuvent être similaires à ces songes brulants d’un Verlaine : “Ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre”.  Même les personnes qui constituent les genres masculins et féminins sont tous très différents les uns des autres dans l’hétérogénéité des expériences qui sont les leurs, que cela soit avec la même personnes ou des gens différents. Quel que soit les pratiques sexuelles employées, ce qui nous réunit par contre, c’est la recherche du plaisir partagé. Là encore, les paroles de Phil Holiday à sa copine explique bien que les rapports de genre ne peuvent pas fonctionner sans symbiose : “Si tu me suces, c’est pour te faire plaisir aussi, c’est pas que pour me faire plaisir à moi. Parce qu’un mec, il le sent de suite si tu aimes pas ça, si tu le fais à contrecoeur. Un mec n’est pas aussi bête et insensible que les nanas veulent bien le dire. Si tu aimes sucer, tu le feras bien ; si tu n’aimes pas sucer, tu le feras mal et ça sert à rien”. Cela veut dire qu’il y a une immanence du plaisir et que, contraitrement à ces normes sociales et moralistrices qui tendent de réduire la sexualité à des monismes de toutes sortes à dominante machiste, la jouissance ne peut exister qu’au pluriel. Il s’agit de quelque chose qui appartient au genre masculin comme au genre féminin. Les scènes d’éjaculation  féminine sont là pour rappeler que les filles aussi sont des êtres dôtées d’un sexe qui vit, qui jouit, qui a besoin de plaisir et de soulagement autant qu’un homme.  Quand Lou Charmelle raconte à ses amies qu’elle n’arrive pas à avoir d’orgasme avec son mari, elle prend conscience en même temps à travers les paroles de ces dernières que ce n’est peut-être pas de sa faute et que c’est toute une sexualité à deux qu’il s’agit de reconstruire. L’une des scènes finales, où elle regarde quand même avec des yeux plein d’amour le visage de cet homme incapable de la satisfaire sexuellement, est magnifique et en même temps pleine d’espoir. Car la sexualité est aussi un construire ensemble qui va vers un avenir, ou plutôt vers ce que Deleuze appelle un devenir. Chaque nouveau contact, chaque nouvelle expérience, chaque nouvelle discussion sur la question de la sexualité nous modifie de l’intérieur et nous ouvre vers des mondes possibles, des agencements nouveaux. C’est ce que dit Sébastien Barrio dans l’une des scènes clés du film : “Chaque fille, c’est comme une nouvelle galaxie qu’on découvre”. A condition de bien savoir regarder et admirer cette nouvelle vie qui entre en symbiose avec la nôtre.Il est regrettable que des films de ce type ne sortent pas sur grand écran, au même titre que les longs métrage de Lars Von Trier ou de Catherine Breillat, car ils font incontestablement partie du 7ème art.

Bonne année 2011 à tous !!!!!!!!!!!!!   

Le FUS : Une grande équipe marocaine

décembre 4, 2010

Ca y’est !! Je reviens du café !! Le FUS a battu l’équipe tunisienne de Sfax et a gagné la Coupe des Confédérations d’Afrique !! J’ai ressenti une joie footballistique identique à celle de 1993, lorsque l’OM a battu le Milan AC 1 à 0 et a gagné la coupe des clubs champions !! Revenons sur l’événement et le contexte. Après la victoire en coupe du Trône face au MAS (que j’ai pas vu, au passage, pour des raisons de soutenance de Master), le FUS a joué la finale allé de la CAF face à l’équipe tunisienne que nous avions battu deux à un au complexe Moulay Abdellah lors des derniers matchs de poule. Ce jour là, nous étions dans la tribune 13, à côté de Anoual El Aoufir, et il y  avait beaucoup de monde. Un grand tifo du FUS a été ouvert et une ambiance de folie, surtout lors du 2ème but ! Là on se retrouve de nouveau mais après un match dans les jambes (la Coupe du Trône) et avec Youssoufou et Triki absents. Hé bien malgré tout, nous avons réussi à faire 0 à 0. L’équipe de Sfax nous a posé problème car elle a joué dur mais on a gardé le score vierge et on aurait même pu l’emporter si l’on avait ouvert le score en première mi temps. J’ai été content de retrouver les copains de l’association des supporters du FUS et d’amener Thomas avec nous. A la fin du match allé à Rabat, on était même confiant. Il suffit de faire 1 à 1 là bas !! Eh bien on a fait même mieux que ça !!! le FUS ouvre la marque à la 7ème minute par un but de Boukhriss qui reprend de la tête le tir du corner. On est parti pour un match de folie. Les tunisiens poussent pour égaliser. A la 21e minute, un défenseur du FUS manque de tromper son gardien en voulant dégager en corner. De notre côté, on se crée deux occasions franches à la 31 et 37e minutes mais à chaque fois on tire à côté. Et juste avant la mi temps, Sfax égalise sur un tir qu’un défenseur détourne dans les buts de Badaa. Le but à l’exterieur fait que pour l’instant on est encore vainqueur mais on s’attend à une 2ème mi temps difficile. Et d’emblée, ça démarre mal. L’arbitre siffle un pénalty contre nous à la 47e minute. Les tunisiens pensent avoir fait le plus dur en marquant et en menant 2 à 1. En effet, si le score ne bouge pas, nous avons perdu la coupe. Mais c’est sans compter sur le coeur de cette équipe du FUS qui est l’honneur du football marocain !!! Comme je l’ai dit à Amoutta, l’entraineur du FUS qui a eu la gentillesse de m’appeler juste avant la finale allé pour s’assurer que j’avais bien ma place, ce qui m’a toujours plus dans cette équipe, c’est qu’elle joue avec une âme que je n’ai jamais vu nulle part ailleurs. C’est presque du Rocky Balboa (il y a d’ailleurs un joueur du FUS qui s’appelle Rokki)

A ce sujet, je me permets de renvoyer à mon interview dans Au fait sur le FUS d’il y a deux mois, où je parlais de la combativité du FUS et du fait que j’étais sûr qu’ils gagneraient la coupe

  http://www.aufaitmaroc.com/sport/sports-divers/2010/9/20/le-fus-a-un-pied-en-demi-finales (“Après avoir été mené par le club égyptien, le FUS a su bien réagir grâce à El Fatihi et à Youssoufou qui donne le but de la victoire. Cette équipe est constituée de joueurs combatifs, vaillants et volontaires. Lorsque je les vois sur le terrain, je pense à Rocky Balboa qui lutte avec ses moyens et son cœur contre les grands du ring. J’espère qu’ils vont se qualifier et gagner la CAF. En tout cas, moi j’y crois.”Jean Zaganiaris à Au fait, 20 septembre 2009). Bon c’est vraiment histoire de frimer mais j’avais dit le 20 septembre qu’ils allaient gagner !!!

Bref, je reviens au match. On est mené 2 à 1. Je vois les joueurs un peu désamparés qui balancent de grands ballons devant, stoppés très faciliment par la défense tunisienne. Je dis à mon voisin qu’ils vont se reprendre et se mettre à construire à une touche de balle. A côté de ça, le match se durcit. Les joueurs prennent des coups et le FUS récolte des coups franc dans les 35m qui ne donnent rien. Jusqu’à la 75e minute où Zouidi marque suite à un coup de pied arrêté. A 2 à 2, c’est nous qui sommes champion. J’attrappe la manche de mon voisin en lui disant que maintenant il faut les presser haut, ne pas les laisser venir trop près de nos cages, garder le ballon un max et opérer par une deux pour aller devant les buts adverses. On est tous des entraineurs en puissance dans ces moments là, pendant que le serveur rapplique avec les thés à la menthe. Au bout de 10 minutes de folie, au cours desquelles on va d’une cage à l’autre, le même Zouidi part en contre et va inscrire un superbe 3e but à une minute de la fin synonyme de victoire. Les gens dans le café sautent de joie. c’est la fête à l’Agdal. Après avoir vu l’équipe recevoir la coupe, je file acheter Mc Do pour Inès et du chinois pour les autres, et je rentre à la maison !!! quelle soirée et quel match !!!! bravo au FUS !!!!!!!!!!!

Ce matin, Hafid El Jaï nous a appellé pour que nous disions un petit mot à l’antenne de Radio Plus, à l’occasion de cette victoire. Merci pour sa gentille attention et bon succès à ce nouveau confrère. 

Jean Zaganiaris

voilà les buts du match retour

http://www.youtube.com/watch?v=mROOcU6nrxo

et le résumé du match allé

http://www.youtube.com/watch?v=zoyLClg2EwM

COUPE DE LA CONFEDERATION ORANGE : Le FUS Rabat au paradis

Quatre garçons plein d’avenir

octobre 31, 2010

On est samedi soir. 23h40. Je viens de voir l’un des meileurs films de ma vie. Je parle de “Quatre garçons plein d’avenir” de Jean Paul Lilienfield, sorti en 1997. A cette époque, j’étais en maitrise de science po et tout ce qu’il y a dans ce film est du vécu. Les soirées boites avec les pôtes, les nuits blanches avant d’aller en cours (notre ami  Michaël Marchand, doit se souvenir de cette période amiénoise tout comme Nicolas NSB doit avoir en tête les soirées valbonnaises au bord de la piscine, où on faisait des fiestas énormes entre chaque épreuve du bac – ah terrible !!), les préparations d’examens, les beuveries, les plans dragues foireux, les solidarités adolescentes entre copains. La scène avec Marie Odile est sans doute la plus drôle du film ! Je me souviens de l’année de maîtrise où, comme dans le film, on attendait d’être reçu à l’écrit pour aller à l’oral. J’avais eu 8 et 9/20 aux partiels de janvier et je devais me rattraper à ceux de juin. J’avais passé toute l’année à faire la fête dans les boites amiénoises avec les collègues mais j’avais quand même quelques lectures de reserves. Je crois que j’ai eu la moyenne aux deux partiels grâce à Bourdieu. Le sujet de juin avait trait avec la question de la domination et je m’étais amusé à opposer la société telle que la voyait Bourdieu avec celle d’Aristote. La liberté des anciens n’est pas la même que celle des modernes et je crois que ça avait plu au correcteur d’aborder la question de la domination symbolique sous cet angle. Après avoir été reçu à l’écrit, je m’étais retrouvé à passer huit oraux en 3 jours, dont certains dès le lendemain, comme dans le film “Quatre garçons plein d’avenir” et je m’en étais bien sorti. J’avais terminé au bout du compte deuxième de ma promotion avec une mention bien,  alors que j’avais passé une année hyper agitée entre un flirte fort avec une fille qui est aujourd’hui sortie de ma vie et les sorties boites/pub avec les pôtes. A ce sujet, Pierre Bourdieu a tout dit dans son texte “La jeunesse n’est qu’un mot”. Il y a un âge social à côté de l’âge biologique. C’est ce que montre le film de Jean-Paul Lilienfield. Maintenant que je suis prof (j’enseigne depuis douze ans dans le privé), je fais tout pour ne pas oublier cette période de ma vie et quand je vois des films comme ça, ça fait du bien. Je peux comprendre qu’à vingt ans, la vie se résume pas aux études et qu’on aime bien faire la fête. Je pense même que c’est sans doute là l’intérêt de cette période estudiante, où l’on expérimente pas mal de choses et où on se pose pas mal de question sur son avenir et sur l’utilité des études. Après je ne veux pas dire qu’en tant que prof, je peux cautionner dans mes cours n’importe quel glandeur ou n’importe quelle mentalité dilétante, pour ne pas dire perturbatrice. Je suis d’ailleurs frappé de voir que les étudiants du type  “Quatre garçons plein d’avenir” se font de plus en plus en rares. Aujourd’hui, c’est l’individualisme, le chacun pour soit, les relations de travail éphémères et impersonnelles qui priment sur les solidarités authentiques, sur les amitiés durables. C’est cela que j’aime dans ce film. Cette résistance face au désanchantement du monde et ce plaidoyer pour une amitié forte. L’une des plus belles scènes du film est lorsque les copains aident Arnaud à avoir son année. Sans parler de la fin, où la fille tombe amoureuse de lui et l’embrasse dans le crépuscule. Magnifique. Tout simplement magnifique.   

voir la bande annonce :

http://www.dailymotion.com/video/x237ch_bande-annonce-4-garcons-pleins-dave_shortfilms

Mario Vargas Lliosa et Liu Xiaobo prix nobel 2010

octobre 30, 2010

L’annonce du prix nobel de littérature attribué à Mario Vargas Lliosa ainsi que le prix nobel de la paix remis au dissident chinois Liu Xiaobo est un acte salutaire. En effet, l’occtroi de cette récompense à deux figures de la résistance démocratique est une manière heureuse de récompenser tous les combats non violents menés contre l’injustice et l’arbitraire. Le Comité Nobel a d’ailleurs prit le risque de mettre à mal les relations diplomatiques entre la Norvège et la Chine, et est allé jusqu’au bout de ses convictions. Qui sont les deux lauréats ? Maria Vargas Lliosa est un écrivain sud américain, connu pour des romans tels que “La ville et les chiens” (1963) ou “Qui a tué Palomino Moléro ?” (1986) qui dénonce les violences militaires au Pérou. Vargas Lliosa symbolise l’intellectuel de gauche s’érigeant contre la dictature castriste, après avoir participé à la révolution cubaine. Lors de l’obtention de son prix, celui que l’on surnome “le pourfendeur de l’autoritarisme” a déclaré que “la littérature avait cela de salutaire : elle empêche les peuples d’être facilement manipulables par le pouvoir”. Quant à Liu Xiaobo, il est diplômé également de littérature. Il a été condamné l’année dernière à 11 ans de prison pour avoir interpellé publiquement le pouvoir chinois sur le non respect du droit d’expression et sur l’absence d’éléctions libres. Il fait partie de ceux qui ont signé la Charte 08, exigeant de la part du pouvoir plus de garanties démocratiques. Le parti pris de cette figure de l’opposition est de miser sur la pression internationale pour démocratiser la Chine, dont les ambitions économiques risquent de se heurter au non respect des droits de l’Homme au sein du pays.

 

Ces deux nominations sont un signe politique fort adressé aux gouvernements de tous les pays. Nous vivons dans un contexte où un nombre important des décisions et des actes du pouvoir sont à la fois cautionnés par la légalité inhérente à l’Etat de droit et délégitimés par une certaine éthique de conviction qui anime les mouvements associatifs ainsi que des catégories importantes de la société civile. Le Comité Nobel a décidé de récompenser ceux qui avaient décidé de dire non à l’obscurantisme de la raison d’Etat et d’utiliser la force de la parole plutôt que la parole de la force. Est-ce un appel invitant les dirigeants du monde entier à respecter de manière effective les chartes et autres conventions des droits de l’Homme qui ont été signées ? La question est de savoir quels seront les effets des décisions du Comité Nobel. Est-ce que l’occtroi de ces prix symboliquement prestigieux à ces deux figures de la résistance politique va conduire les Etats à renforcer leurs engagements démocratiques ? Est-ce que les autres dissidents politiques qui ont choisi la voix pacifique pour s’insurger contre l’autoritarisme vont avoir une meilleur visibilité médiatique ainsi que des protections renforcées de la part de la Communauté internationale ? N’oublions pas qu’Obama a demandé à la Chine de libérer Liu Xiabo. Est-ce que nous allons assister bientôt à des interrogations collectives au sein de l’espace public mondial sur les nombreux actes arbitraires qui existent, depuis les guerres en extrême orient, l’occupation palestinienne, les expulsions massives d’immigrés ? Ces questions concernent bien évidemment le Maroc, dans un contexte où les avancées démocratiques du pays commencent à se heurter à certaines apories telles que la fragilisation de la presse indépendante ainsi que la remise en cause des libertés individuelles.  Le regrêtté Abdelkébir Khatibi avait écrit que la force d’une démocratie résidait dans la place qu’elle laissait à la critique, à la liberté d’expression, à la tolérance, à la pluralité des modes de vie et de pensée. A méditer plus que jamais pour la construction d’un Maroc démocratique.

Jean Zaganiaris, enseignant, auteur de “Penser l’obscurantisme aujourd’hui”, Editions Afrique Orient, 2009.

Soutien à Khalid Askri

octobre 10, 2010

Sans doute cet article va étonner nos amis et il n’engage que nous. Nous supportons le FUS (Fath Union Sport), l’autre équipe de football de Rabat évoluant en L1. Nous n’avons aucune proximité affective pour l’équipe des FAR. Nous gardons un mauvais souvenir de la finale de la Coupe du trône de l’année dernière, perdue aux penaltys, ainsi que des deux derby où le FUS s’est incliné sous le score de 1 à 0. Toutefois, les mésaventures qui arrivent à Khalid Askri, le gardien des FAR, ont attiré notre attention. Tout le monde a en tête le fameux penalty contre le MAS en coupe du Trône. Après avoir arrêté le tir du joueur de Fès, le gardien se lève et s’en va en regardant le public tandis que le ballon rentre doucement dans les filets. On se croirait à vidéo gag et les images ont fait le tour du monde des passionnés de football. Samedi dernier, lors de la rencontre des FAR contre le KAC, Khalid Askri s’est fait piéger par un attaquant de Kénitra qui lui a subtilisé le ballon et l’a envoyé dans un but vide. La réaction du gardien des FAR ne s’est pas fait attendre. Celui-ci a retiré son maillot et a filé dans les vestiaires, sans être autorisé à sortir par son entraîneur. Malgré le soutien que ses co-équipiers ont voulu lui apporter, Khalid Askri a craqué et a quitté le terrain en courant. Ses gestes étaient explicites. Il a salué le public et a fait signe que c’était fini. Ces images nous ont touché. Nous ne partageons pas du tout les critiques affirmant qu’il n’aurait pas du quitter la pelouse. Le problème n’est pas de savoir ce qu’il aurait dû faire. Si Khalid Askri a quitté ainsi la pelouse, c’est qu’il ne pouvait pas faire autrement. Il y a des moments dans la vie où les gens sont confrontés à des situations qui les dépassent. Le réalisateur japonais Akira Kurosawa a très bien montré cela dans Entre le ciel et l’enfer. Il y a tout un tas de mésaventures qui arrivent aux gens malgré eux et ils ne peuvent que s’effondrer. C’est exactement ce qui arrive à Khalid Askri. Lors de la séance de tir au but contre le MAS, il arrête magistralement la frappe du joueur fassi d’une superbe claquette. Si le ballon n’était pas rentré dans les cages pendant qu’il était en train de partir, il aurait eu une reconnaissance symbolique prodigieuse comme étant celui qui a qualifié les FAR. Tout ceci nous montre que la frontière entre la réussite et l’échec, entre la gloire et la déconvenue, est extrêmement mince. Mais elle est surtout éphémère. On peut vivre des échecs aujourd’hui et remporter des victoires demain. Rien n’est définitif dans la vie. Après être tombé, souhaitons que Khalid Askri se relève. Le football est une véritable école de la vie. A tous les niveaux.

Jean Zaganiaris, enseignant en sciences humaines, supporter du FUS.

publié dans le Au fait du 27 septembre 2010

RAJA-FUS 0-0 : un très bon résultat

septembre 25, 2010

Vendredi soir, on est allé voir le FUS jouer dans le stade du Raja, avec Thomas et Fredo. On a passé une superbe soirée. Nous étions les seuls français dans toute la tribune d’honneur et je suis sûr que j’étais le seul supporter du FUS dans cet endroit là. Les autres supporters fussistes étaient derrière les buts, du côté widadi, avec Nizar Benslimane et ses drapeaux en tête. Une petite vingtaine. En face, il y a avait les milliers de supporters rajaouis, qui formait un virage impressionnant. L’entame du match a été à l’avantage des joueurs du Raja, qui se sont crée une occasion superbe dès les premières minutes de jeu. Un défenseur du FUS a su stopper le tir sur la ligne de but. Le Raja a dominé la première demi-heure mais le FUS était bien regroupé en défense. J’ai été impressionné de la vivacité de l’attaque rajaouie, avec un milieu de terrain jouant à une touche de balle et distribuant les ballons aux attaquants. Toutefois, j’ai été aussi impressionné du manque de tir cadré du Raja, particulièrement inefficace devant les cages. Tant mieux pour nous. Thomas m’a chambré en me mettant au défi de crier « Vive le Fus » et en m’encourageant à applaudir comme lui le Raja (équipe qui m’est d’ailleurs sympathique). « J’espère que personne dans la tribune ne va reconnaître ta voix de Luxe radio, où tu as annoncé que le FUS allait gagner 4 à 0 contre le Raja ». C’est clair que j’ai fait attention mais en même temps dur de contrôler les émotions. Les gens devant nous, avec les drapeaux du raja, n’arrêtaient pas de se retourner chaque fois que je prononçais le nom des joueurs du FUS. La deuxième mi-temps a été beaucoup plus à notre avantage. Le FUS marque un but qui est refusé pour une charge sur un défenseur rajaoui. Les attaquants rbatis ont opéré par contres et ne se sont pas laissés impressionner par le Raja menaçant offensivement. Les attaquants casablancais ont eu une belle occasion sur coup franc repoussé par le goal. Mais le FUS aurait pu marquer aussi, que ce soit sur le superbe coup franc de Benchriffa ou sur le tir de Triky à la 84e qui passe de peu à côté. Quoi qu’il en soit, nous avons vu un très bon match au stade Mohamed V et nous ramenons un point précieux. Bravo au FUS. Je suis sorti très heureux du stade !!!

JZ

 

LE FUS SUR TOUS LES FRONTS

septembre 14, 2010

Les mois d’août et de septembre ont été chargés pour le FUS qui s’en est très bien tiré sur tous les tableaux, y compris à la CAF malgré la défaite contre l’équipe tunisienne. En effet, les Fussistes, avec deux victoires, dont celle d’hier soir face au club égyptien de Haras par un but de Rokki à la 57e minute de la tête, le FUS est premier de son groupe et aura un sacrée match en Egypte la semaine prochaine. On souhaite bonne chance aux poulains d’Amoutta

voilà quelques textes écrits lors de cette rentrée

Un mois d’août de haut niveau pour le FUS !!!

FUS de Rabat – Supersport United 1-0 : une qualification historique en phase de poules

Après avoir été battu en Afrique du Sud sur le score de 2 buts à 1, le FUS devait réagir sur ses terres s’il voulait se qualifier pour la phase des poules de la Coupe des Confédérations. C’est chose faîte par cette victoire de 1 but à 0. Le FUS a dominé toute la première mi-temps. Après une occasion de l’équipe sud africaine stoppée brillamment par le gardien rbati, les supporters du FUS ont assisté pendant 45minutes à une domination combative de leur équipe. Malheureusement les joueurs sont retournés aux vestiaires sur un score vierge, synonyme d’élimination. « Et pourtant on est bien assis sur nos sièges porte bonheur de la tribune 2 » me dit mon ami Driss. Un étudiant de l’EGE (Ecole de Gouvernance de Rabat) me rétorque avec assurance que le FUS va gagner deux ou trois zéros. Et à la 70e minute, c’est la délivrance !!! Le renard des surfaces Jamal Triki a trouvé le chemin des filets en partant à la limite du hors jeu sur une passe lumineuse de Rokki et trompe le gardien du Supersport United. Nizar Benslimane, le supporter Ultra du FUS exulte de joie devant ses drapeaux, tandis que dans les tribunes du Complexe Moulay Abdallah, c’est la folie !!! Tout le monde chante, danse, applaudit !!! Cette victoire est historique car depuis la prouesse des FAR en 2005, aucune équipe marocaine n’avait plus accédé à une phase de poule en coupe d’Afrique. . . Bravo aux joueurs du FUS, au coach Amoutta et à tout le staff !!!

Jean Zaganiaris

FUS de Rabat – Zanaco 1-0 : Une victoire dès le départ

Le FUS a bien entamé les matchs de poule de la Coupe des Confédérations par cette belle victoire combinant l’art et la manière. Merci au passage à Ilyas et à Kacem de m’avoir permis d’assister à cette rencontre dans la tribune officielle du complexe Moulay Abdellah !!! Les joueurs du FUS ont entamé le match comme à leur habitude, avec combativité, courage et générosité. Le FUS est sans doute l’équipe l’une des équipes les plus valeureuses de notre championnat. Rokki et Youssoufou, épaulés par l’excellent travail de la recrue venue de l’IZK Hicham Fatihi, ont campé dans la surface de réparation de cette tenace équipe zambienne. L’occasion la plus franche en première mi-temps a été celle de Rokki qui vient buter sur le gardien suite à une passe intelligente de Daniel Moncharé. A la mi-temps, le score restait vierge mais le public formidable qui soutient le FUS fidèlement depuis de nombreuses années a continué à encourager l’équipe et à croire en sa victoire. Quand Benchrifa marqué sur coup franc le seul but du match à la 57e minute, c’est des milliers de personnes qui ont hurlé leur joie en se prenant dans les bras. Les gradins du complexe Moulay Abdallah ont vibré ce soir. Samir, le meneur des supporters de la tribune 2, est à peine visible dans cette marée humaine qui acclame ses joueurs. Cela fait terriblement plaisir de voir que le FUS a reconquit son public et qu’au même titre que Manchester ou l’Olympique de Marseille, il a un 12ème homme derrière lui !!!

Jean Zaganiaris

FUS-OCK 2-1 : Le championnat 2010-2011 commence bien

La première journée de la Botolo a opposé le FUS à l’OCK, dont on connaît les qualités de jeux. Après avoir remporté une victoire sur les joueurs de Khouribga l’année dernière sur le score de 1 à 0, le FUS a également gagné le match cette saison par 2 buts à 1. C’est Issoufou qui ouvre le score à la 15e minute par un superbe but de la tête qui ne laisse aucune chance au gardien. Les joueurs rbatis ont gardé leur jeu offensif et conquérant. Cela a été payant car sur un coup franc, c’est un joueur de l’OCK qui marque contre son camp et permet au FUS de mener 2 buts à zéro. Lors de la deuxième mi-temps, les joueurs de Khouribga vont montrer un autre visage et siéger devant les buts du FUS, qui opère en contre. A la 75e minute, une tête puissante de Ouissam El Baraka trompe le portier rabti et permet à l’OCK de réduire le score. Désormais, il ne faut pas être cardiaque au Complexe Moulay Abdallah pour suivre le dernier quart d’heure !!! Issoufou se crée une balle de 3 buts à 1 mais il est stoppé par la défense de l’OCK. Cinq minutes plus tard, c’est à l’attaque de Khouribga d’être à deux doigts d’égaliser et c’est un défenseur rbati qui sauve sur sa ligne. Tout le monde a été soulagé au coup de sifflet final !!! Le public a applaudi ses valeureux joueurs.

Chahab Al Hoceïma-FUS : une avalanche de buts

Le FUS a fait une remarquable prestation face au promu Al Hoceïma, qui n’a pas non plus démérité. C’est Mohamed Ben Chrifa qui ouvre le score à la 3e minute sur un coup de pied arrêté de Jamal Tricki. La tête du capitaine rbati a finit avec puissance dans les filets. L’équipe de Al Hoceïma est revenu au score. A 15 minutes de la fin, Tricki a redonné de nouveau l’avantage au FUS mais les locaux ont encore égalisé par Talhaoui trois minutes plus tard. Les deux équipes se sont quittés sur ce score de parité et ont offert à leurs publics une belle rencontre

Coupe du Trône : le FUS passe encore un tour !!!

Marx a écrit que l’histoire se répète ; une fois sous une forme comique et une fois sous une forme tragique. Cela n’a pas été le cas cette fois car le FUS a battu à deux reprises la vaillante équipe de l’OCK par ce même score de deux buts à un. Tout commence très bien au complexe Moulay Abdellah. Jamal Tricki ouvre le score pour le FUS par un tir puissant dans la surface de réparation qui ne laisse aucune chance au gardien. Dans la tribune 18, les supporters emenés par Nizar et Saâd exultent !!! Le Fus va dominer toute la première mi temps et au début de la second, c’est Ayoub El Khaliqi qui double la mise sur corner. Les joueurs rbatis vont se heurter aux assauts de l’OCK qui réduit le score en fin de match par Amzil de la tête. Toutefois, le FUS remporte le match et jouera au prochain tour contre le Chabab de Mohammedia, qui a éliminé le Raja aux tirs au but lors du tour précédant.

Jean Zaganiaris


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